Whale & See - Jour 9 - Nouvelle-Écosse - Retour du Monde - Le blog - Comptes-rendus et anecdotes de voyage autour du monde
En pleine région acadienne, on sort de l’île de Cape Breton pour découvrir l’Isle Madame et ses noms à sonorité française : Arichat, Petit-de-Grat ou Cap Auguet.
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Bien éreintés par la journée éprouvante de la veille, nous avons écrasé comme des bébés. Sur Fourchu le jour se lève, sans aucune indication de présence humaine dans le village. L’occasion de découvrir sous la lumière du jour où est ce que nous nous trouvons. Face à nous s’ouvre une immense baie marécageuse, au loin, le phare.

Le soleil tente bien une percée ou deux à travers les nuages par le biais de saillies et de longues raies plongeant sur la mer.

Nous reprenons la route, de nouveau l’occasion de croiser des décorations d’Halloween toutes plus farfelues les unes des autres. Un squelette en cage accroché à un arbre, des mannequins réalistes côtoyant des sorcières qui le sont tout autant.

 

Nous continuons, reprenons la même route – la vraie, avec de l’asphalte – que celle avalée hier soir dans la nuit d’encre, passons Framboise, Lower Saint Esprit, l’Archevêque, tout ces villages aux noms français, soit par leur histoire acadienne, soit française.

A L’Ardoise nous faisons un petit break café, au pied d’une pyramide de nasses à homard décorées pour Halloween.

Nous bifurquons plein sud direction Point Michaud, une route en cul-de-sac qui mène à une plage faisant partir d’un Provincial Park. Nous mangeons un vent qui n’a absolument rien à voir avec les jours précédents bien qu’encore annoncé à plus de 70 km/h.

 

Nos pas nous mènent sur la plage, déambulons sur le sable blanc, admirons les nuages qui se forment au-dessus de la mer, remontons la grève pour tomber dans le jardin d’une très belle maison inoccupée. Dans le jardin, une coque de noix est posée est au pied du potager, dans les arbres un panneau indique la longitude et latitude du lieu, et des bouées, des planches de body board et tout un amoncellement de choses récupérées virevoltent au vent.

Nous montons sur la pointe de Point Michaud et passons plusieurs minutes à admirer les vagues se briser sur les rochers et surtout, essayant de faire la bonne photo au moment où ces dernières viennent éclater en mille petites gouttelettes. Ca nous occupe un temps, faut dire qu’on a bien aimé Point Michaud, car comme j’aime à le répéter : Point Michaud, c’est beau !

Après Point Michaud, la route principale reprend le pas sur les axes secondaires, et nous emmène tout droit en direction de Saint Peters et son fameux canal.

 

Même si la ville semble être touristique, Saint Peters reste néanmoins un lieu historique et stratégique pour diverses raisons. La principale, c’est que ici, se trouve l’unique canal de Cape Breton qui permet de faire la jointure entre l’immense Lac du Bras d’Or et l’Océan Atlantique. Point stratégique s’il en est pour les Mi’kmak qui s’en servaient comme d’un carrefour économique et sociologique. C’était l’endroit à la mode, l’endroit où se retrouver pour commercer.

Et puis arriva un français, Nicolas Denys, un marchand français de Tours qui est venu ici dans le but de reconstruire un très ancien fort portugais et s’y installa. Il fit d’abord du commerce de fourrure avec les Mi’kmak et compris très vite que l’endroit était stratégique, servant de base arrière à Louisbourg. Il décida d’y faire construire le fort de Saint-Pierre qui devient plus tard le Fort Toulouse.

Quelques panneaux explicatifs sont disposés le long du chemin de halage, et nous racontent l’histoire de ce fameux canal. Encore une fois j’essaye de m’imaginer quelle aurait pu être l’ambiance de l’époque où diverses langues pouvaient s’entendre dans les rues du fort.

Nous profitons d’être dans une grande ville, pour refaire un léger ravitaillement ainsi qu’un peu d’essence, gardant toujours cette vieille habitude du demi plein, histoire d’être tranquilles. L’occasion de voir qu’ici, Halloween n’est pas qu’une simple date sur le calendrier, toutes les caissières du supermarché, quelque soit leur âge, sont maquillées en sorcières, en diablotin, j’en passe et des plus terrifiants.

 

Nous décidons de nous offrir un repas chaud, notre troisième midi à manger autre part que dans le van. Nous repassons le Canal de St. Peters et nous nous posons chez Jigg’s. Vu la saison, ce n’est que du « à emporter », nous commandons deux lobsters rolls à une superbe sorcière verte qui nous raconte, qu’un gamin venu avec sa mère, un habitué, a eu peur de son déguisement et a demandé à sa mère « Pourquoi ce n’est pas la même dame que d’habitude ?! » Nous en rigolons et dans un anglais qui vrille un peu je lui demande de la prendre en photo avec mon 6×6.

 

Je suis en début de rouleau, je n’ai qu’une crainte, c’est que la photo ait mal été prise. Surtout que nous avons pris soin de lui demander son mail pour pouvoir lui envoyer la photo, une fois les films développés en rentrant.

 

Notre repas chaud avalé nous reprenons la route direction Louisdale et Lennox Passage.

La pompiste de Louisdale s’étonne de voir des français s’aventurer ici, en cette saison et pour cette raison ne nous fait pas payer le café. Sympa !

 

Nous embrayons sur l’Isle Madame que je tenais absolument à voir. Cette petite enclave acadienne, possède beaucoup de noms français, et un village dont le nom, Arichat, est dérivé du basque. Nous nous perdons sur l’île au niveau de D’Escousse et Rocky Bay, une petite communauté descendant à quasi 100% d’immigrés irlandais venus pêcher la morue et le maquereau en même temps que les basques et les français. Ils en sont fiers puisque tout, du terrain de baseball, aux devantures des maisons, tout arbore soit le trèfle soit le drapeau irlandais.

 

Après quelques virages, routes en cul-de-sac nous déambulons dans les rues de Petit-de-Grat, une communauté qui nous semblait petite sur la carte mais qui est très étalée sur la pointe de l’Isle Madame. Nous voyons les voitures qui déposent les enfants devant les maisons en vue d’aller réclamer des bonbons pour l’Halloween. Nous croisons un bébé déguisé en Tortue Ninja, deux ados en chat, un Spiderman et quelques autres monstres du même acabit.

Petit-de-Grat a des allures groenlandaises, une communauté éclatée, faite de maisons en bois rouge, jaune, bleu, les pieds dans l’eau, nous rappelle un peu les photos du photographe français Sébastien Tixier qui fit une série sur le Groenland.

 

Nous profitons de la vue, du soleil, des nuages qui ont presque totalement disparu. Nous manquons deux endroits à voir et où l’on peut se promener pour tomber à Boudreauville, un quartier de Petit-de-Grat. Au bout se trouve un sentier qui longe le havre de Petit-de-Grat. Un très grand parking donnant sur la Pointe à Barachois, nous tend les bras pour la nuit.

Nous posons le cul du truck en face du coucher de soleil et commençons ce que déjà nous devions faire la veille, à savoir évider nos citrouilles afin d’être prêts pour la soirée d’Halloween.

 

Le seul problème, c’est que garés où nous sommes, nous ne croiserons pas de petits monstres, mais je m’applique à dessiner mes visages sur mes citrouilles, pendant que Cécile les évide. C’est mes premières Jack-O-Lantern et je veux faire ça bien.

Nous prenons donc un doux plaisir à tailler, à dessiner, à évider, à fignoler nos deux citrouilles Jack, la méchante, et Lantern la gentille. Le tout agrémenté de pauses afin de profiter de la beauté du lieu et surtout de son calme vraiment très agréable.

Une fois prêtes, nous les posons sur le capot du 4×4 et admirons notre travail avec une infinie fierté. Telles des sentinelles d’Halloween, elles sont parties pour luire tout au long de la nuit. Ah, on est bien en cette soirée sur l’Isle Madame.

Dehors le soleil s’est couché, le ciel est recouvert d’étoiles, nous apercevons de nouveau la voie lactée à l’œil nu, nos citrouilles brillent et sommes prêts à recevoir des monstres durant la nuit au besoin. Je sens que cette soirée va être belle.

Comme depuis quelques soirs déjà, à peine avons nous le temps de manger que déjà les nuages recouvrent le ciel étoilé. Demain nous quittons Cape Breton non sans un petit pincement au cœur.

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