Whale & See - Jour 12 - Nouvelle-Écosse - Retour du Monde - Le blog - Comptes-rendus et anecdotes de voyage autour du monde
Pas de visite de Lunenburg mais un retour à Peggy’s Cove, cette fois-ci sous la pluie, avant de passer notre dernière nuit en camping à Glen Margaret.
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Nous sommes ressortis hier soir, tentés une dernière fois de faire des photos d’étoiles, mais le ciel avait vraiment décidé de nous jouer des tours et s’était constellé de nuages. On a pris une photo ou deux pour se rendre compte que derrière les nuages, le ciel semblait teinté de vert.

 

On apprendra plus tard que les aurores boréales avaient poussé jusque là, et pousseront encore ce soir sans qu’on puisse espérer les apercevoir.

 

Mais ça on ne l’appris qu’après.

 

Le dernier jour d’un road trip a toujours une saveur particulière, un peu amère et ça n’a pas manqué.

 

Nous nous levons donc à Taylor’s Head sous un ciel magnifique. La température a légèrement chuté durant la nuit, puisqu’au réveil nous avons autour de 3°c.

 

Nous marchons jusqu’à la plage histoire de prendre l’air, de respirer un peu d’iode. Sur la plage nous essayons tant bien que mal à reconnaître la multitude de traces d’animaux. Ici un lapin, là peut-être une biche, par là-bas un porc-épic (que nous ne verrons jamais vivant, mais toujours au milieu de la chaussée, paix à leurs âmes…).

Nous quittons la pointe de Taylor’s Head afin de reprendre la route. On a décidé hier soir, que si on s’organisait bien, on pouvait pousser jusqu’à Lunenburg, une ville typique à découvrir dans les environs d’Halifax. Pour ce faire, nous continuons la Marine Drive qui nous fait longer toute la côte sud de la Nouvelle-Écosse, nous faisant passer par Tangier et son arche de métal, symbolisant l’arche d’épinettes et de fleurs qui fut mise en place pour l’arrivée du Prince Alfred, second fils de la Reine Victoria en 1861. Hormis ça rien d’autre. Tangier étant un haut lieu du kayaking l’été, hors saison, la vie semble être réduite au ralenti.

Et c’est aux alentours d’Halifax que tout a commencé à partir en sucette. On s’est perdus sur la rocade, on s’est perdus dans les zones commerciales, industrielles, au milieu des raffineries pétrolières. Bref on s’est perdus. On a demandé notre chemin 4 fois, on fait un nombre indécent d’aller et retours, on a perdu 3 heures et ce n’est pas juste une expression, pour ne jamais trouver le bon embranchement pour Lunenburg. On en devenait fous, on s’est énervé, engeulé, paumé, on a cherché, on y a mis toute notre bonne volonté, mais rien n’y a fait.

 

Une bonne partie de la journée était entamée, le temps était maussade, alors par défaut, on a pris la route qui retournait à Peggy’s Cove, la même qu’on avait pris lors de notre premier jour. Une drôle de manière de boucler la boucle. Avec un léger goût amer en guise de supplément.

Peggy’s Cove était dans la purée de pois, la pluie et le ciel gris. Il y avait 4 touristes et nous. Autant dire rien à voir avec notre passage à l’aller. On a mangé face aux rocs de granit lacérés par les anciennes calottes glaciaires et on s’est payé un chocolat chaud à regarder la pluie tomber sur la mignonne Peggy’s Cove. On espérait un peu que ça se lève, qu’on profite d’un dernier petit signe du destin, un dernier kiff, mais rien, le destin nous a tourné le dos.

Alors on a repris notre chemin, la tête ailleurs dans une sorte de mélancolie latente. On s’est arrêté au mémorial du crash du vol Swissair 111, qui serpente au milieu de la zone préservé de Peggy’s Cove. Les couleurs de l’automne avaient définitivement fait place aux couleurs sèches de l’hiver, la radio annonçait les premières neiges dans les hauteurs de Cape Breton. Le temps comme le ton était à la mélancolie et à la tristesse.

On a filé vers le rare et quasiment seul camping encore ouvert de toute la Nouvelle-Écosse, pour ranger, faire les valises dans l’autre sens et trier les souvenirs. Le panneau d’entrée et la réception avaient des allures de motel dans Psychose mais on s’en foutait. Cécile n’a toujours pas vu Psychose. Avec nos 5$ restant en poche on s’est payé des bûches pour faire un grand feu à côté de notre emplacement. Il pleuvait, mais c’était le cadet de nos soucis.

Un grand feu pour vider, nous nettoyer, extérioriser notre peine, nos souvenirs pour évacuer stress, fatigue et tout ce qui alourdit l’esprit du voyageur sur le retour.

Dans le ciel les nuages étaient toujours là, et les prévisions annonçaient de nouveau des aurores. Décidément pas de coup de pouce du destin.

 

Demain direction Halifax, pour remettre les clés de notre maison.

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