Snæland - Jour 8 - L'hiver dans le nord de l'Islande
Nous filons toujours sur la route n°1, pressés de retrouver la côte. On fera quelques crochets par des lieux importants dans l’histoire de l’Islande.
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La maison a tremblé et a craqué toute la nuit, on quitte notre hébergement de Bakkaflöt du côté de Varmahlíð sous des nuages épais, le vent est lui aussi toujours présent. La dame à qui on paye nous fait savoir que ça été comme ça dans tout le pays, quelqu’un en serait même tombé dans le lac gelé de Mývatn.

 

Étonnamment on décolle plus tard que d’habitude, bon on ne va pas vous le cacher on avait le wifi, du coup on en a profité pour poster quelques photos, envoyer quelques mails, appeler la famille par Skype et on a retrouvé nos vieilles habitudes.

On prend la route sous le vent toujours présent, direction Glaumbær. Glaumbær ce sont d’anciennes fermes en tourbe datant du XVIIème siècle, composées de plusieurs corps tous reliés entre eux par un couloir central.

Toutes les strates de tourbe et de terre donnent à voir des formes géométriques assez marrantes. Tout est construit dans cette matière à l’exception des façades qui sont elles en bois.

 

Forcément en cette période, le musée est fermé et les fermes ne sont pas visitables mais on jette un rapide un coup d’œil à l’intérieur par la fenêtre pour y voir un intérieur cosy, tout en bois et bas de plafond.

On fait le tour du bâtiment en prenant garde de ne pas glisser sur les plaques de glace le tout sous l’œil avisé d’un chien blanc et roux qui nous sert de guide.

Au pied de cette ferme, deux petites maisons du 19ème donnent sur le fjord avec une vue magnifique. Dans le ciel les nuages épais d’un gris léger sont présents, et on entraperçoit les lueurs d’un soleil timide se refléter sur ces derniers.

Juste à côté se trouve l’église de Glaumbær, si le bâtiment en lui-même n’a rien d’exceptionnel, il est encore une fois fait de tôle. Il est tout de même chargé d’histoire comme nous le rappelle une statue à l’entrée du cimetière.

 

C’est ici qu’est enterré Snorri Þorfinnsson premier européen à être né en Amérique du nord en 1004. Snorri est le fils de Guðríður Þorbjarnardóttir, l’une des plus grandes exploratrices du pays.

 

Elle fut l’une des premières, après les fils d’Erik le Rouge, à atteindre le Vinland, que l’on situe globalement dans l’actuelle Terre-Neuve au Canada. Durant l’un de ses voyages elle donna naissance à Snorri, qui est donc par conséquent le premier européen à être né en Amérique du Nord.

 

Lorsque son fils retourna à Glaumbær, Guðríður se convertit au catholicisme et entreprit un pèlerinage à Rome où elle raconta son périple au pape de l’époque.

Snorri est censé être enterré dans ce cimetière, mais nous ne trouverons jamais sa tombe. A la place nous voyons des tombes relativement anciennes (beaucoup du début du siècle ou des années 50), par contre ce qui nous surprend, c’est que devant chaque tombe se trouve une croix en néon ! Ce qui fait que de chaque stèle part tout un entremêlas de câbles électriques allant jusqu’à un transfo laissé à l’air libre. Etrange.

 

On trouve aussi une magnifique croix en pierre et mosaïque, recouverte d’une mousse orange vif.

A force, on commence à savoir que les églises protestantes dans les pays nordiques, surtout dans les endroits reculés, ne sont que très rarement ouvertes, mais c’est à croire que nous avons de la chance.

Le plafond est d’un magnifique bleu nuit, rappelant le ciel. Elle est petite, simple et charmante. Le bénitier en bois travaillé semble plutôt récent, et sur chaque banc, un livre de psaumes en islandais trône, et attend le fidèle pour le prochain office.

On quitte Glaumbær laissant les chiens qui nous suivent, courir après les voitures et aboyer contre le vent.

Nous reprenons la route pour quelques kilomètres seulement, direction Víðimýrarkirkja. C’est une vieille église en tourbe datant de 1834, bien qu’on ait une trace de présence d’une église sur le même site depuis le 12ème siècle.

 

Il faut passer par deux portails pour pénétrer dans le cimetière. Sous le deuxième portique on peut trouver deux cloches prêtes à sonner.

Il reste que 6 églises en tourbe en Islande, Víðimýri fait partie des trois qui servent encore d’églises paroissiales.

 

Le bâtiment est magnifiquement conservé, et c’est d’ailleurs l’un des premiers à avoir été classé monument historique par le gouvernement.

Malheureusement moins de chance sur ce coup, cette fois ci elle est belle et bien fermée, alors on essaye de voir à l’intérieur et on découvre un intérieur tout en bois, très chaleureux et surtout très structuré. On fait un rapide tour dans le cimetière et nous voilà de nouveau sur la route.

La route numéro 1 s’enchaîne et nous fait franchir les côtés du Hellufell, chaîne de montagnes que nous longeons, sous un vent qui semble revenir. Le ciel d’argent fait contraster les rivières gelées aux tons vert et turquoise.

Nous repassons devant un de nos premiers hébergements où nous avions oublié des fringues à l’aller. On est un peu en retard sur le timing, alors on hésite grandement à aller voir Hvítserkur, grand morceau de roche noire qui renferme la légende d’une histoire de Troll.

 

On ne se souvient plus trop de l’état des routes sur cette péninsule de Vatnsnes, il nous reste en plus pas mal de kilomètres, alors à contre cœur on décide de ne pas y aller.

 

A la place on reprend la route, et on va se perdre sur une route fortement gravillonée pour chercher notre spot du midi. On a retrouvé les paysages de « bad lands », avec ses immenses prairies herbeuses, et ses montagnes dans le fond. Des fermes et des hangars posés sur les collines renforcent ce paysage de carte postale presque nord américaine.

Au bout de cette route 59, Búðardalur. Là non plus on ne saurait pas trop comment vous l’expliquer, mais on a flashé sur ce village. Pourtant il n’a rien d’attrayant, le Lonely Planet se contente juste dire qu’il y a une usine laitière (de la même marque qui fait les fameux yaourts, les Skyr), mais je ne sais pas, il possède le charme désuet et diablement attrayant des petits ports isolés des pays nordiques.

Prospère il fut un temps, maintenant Búðardalur vivote. On sait que le village, qui compte aujourd’hui 248 habitants, était déjà mentionné dans Laxdælasaga l’une des sagas les plus connues.

 

Le nom du village, signifie la vallée des boutiques car il avait alors une bonne réputation de lieu de commerce.

C’est difficile à expliquer comme atmosphère, on pourrait s’imaginer dans un coin isolé de la côte du Canada, ou même au Groenland.

 

L’architecture en bois, ce côté un peu américain dont on a déjà parlé, mais avec cette touche européenne, ces quelques bâtiments administratifs, poste, banque, qui servent de points de repère dans une ville où l’activité est réduite. Je ne saurais trop dire pourquoi ça m’attire, mais ça m’attire.

Alors nous déambulons, je shoote beaucoup, les maisons rongées par le sel et le vent, des paysages presque vides. Un banc face à la mer, un terrain de foot figé par le froid, des mouettes ou des sternes qui se chamaillent, un ouvrier d’une usine de poisson.

Des hangars rouillés, un bateau attendant d’être mis à la mer, une barge rouillée ou s’entreposent des bidons, ou encore un tuyau d’arrosage laissé ouvert et ayant crée une épaisse stalactite, bref tout ça réuni fait que Búðardalur a un truc.

On s’arrache de la ville après avoir fait un plein pour prendre la direction d’Eiríksstaðir. Nichée au fond d’un fjord magnifique au bout d’une route moitié bitume, moitié gravier, on trouve la reconstitution de la maison du fameux Erik le rouge. Sur le parking blindé en été, mais absolument vide l’hiver, nous nous garons.

 

Je sors faire des photos de la reconstitution de la maison de celui qui a été le premier à installer une colonie au Groenland, celui qui donna 4 fils, tous navigateurs et découvreurs.

 

La maison est épaisse, recouverte d’une grosse couche de tourbe et d’herbe et dépourvue de fenêtres, j’en fait rapidement le tour.

Je tombe ensuite nez à nez avec la statue datant de 1930, de Leifur Eriksson, le premier découvreur de l’Amérique du Nord, celui là même qui découvrit Baffin Island, le Labrador ou encore Terre-Neuve et qui poussa même jusqu’à l’actuel Quebec. Il existe d’ailleurs une fête aux Etats-Unis, le « Eriksson Day » qui symbolise la vraie découverte de l’Amérique.

 

Sur les panneaux on retrouve la trace de Guðríður, la mère de Snorri vu à Glaumbær, car elle fut mariée à l’un des fils d’Erkir le Rouge, Thorsteinn. Selon les historiens, lors d’une expédition avec Þorfinnur Karlsefni, entre 1008 et 1013, elle fut la seule à pousser plus loin au sud, allant jusqu’à l’actuelle Long Island, où aujourd’hui s’étend la ville de New York.

 

Les panneaux sont bien faits, très explicatifs, et l’avantage c’est qu’en cette saison c’est gratuit, mais on ne peut par conséquent pas visiter l’intérieur de la maison d’Erik le Rouge.

Dehors pendant que je lis, la neige se met à tomber, Cécile, restée dans la voiture voit le fjord disparaître derrière les nuages chargés de neige. On fait la route en sens inverse, on enchaîne sur une seconde petit route gravillonnée, la 585, direction Svarfholl notre hébergement. Après une petite dizaine de kilomètres nous arrivons.

 

Nous voyons bien les chalets, mais on a beau sonner personne. On se fait aider par téléphone pour récupérer les clés du chalet. Dehors la visibilité est réduite, le vent se lève et nous prenons possession de notre maison.

C’est sans doute l’un des endroits où nous avons dormi le plus reculé. Les maisons avoisinantes, si elles sont habitées sont à 1 ou 2 km. Nous sommes les seuls occupants, au beau milieu d’un fjord avec le paysage et le vent pour seuls compagnons d’infortune.

 

Encore une fois la maison craque et tremble sous les rafales, bien que contrairement à hier, la force du vent semble s’être calmée.

 

On a beau essayer de scruter le ciel derrière les nuages, l’avantage d’être tout seuls c’est que nous avons zéro pollution lumineuse, mais seule une légère lueur verte pointe derrière les nuages.

 

Demain nous continuons notre descente en faisant un crochet par la péninsule de Snæfellsnes.

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