Retour du Monde - Laponie - Jour 5 - Finlande
Nous partons aujourd’hui pour Inari, à l’extrême Nord de la Finlande, pour visiter le SIIDA, un musée dédié au peuple same.
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Aujourd’hui une longue journée nous attend, et surtout une longue route. Environ 230 km plus au nord jusqu’à Inari. Nous prenons donc la route sous un magnifique soleil et remontons vers le nord en longeant le lit de la rivière Kitinen. Le soleil, et les forêts de sapins vont nous accompagner tout le long de la route.

Alors que nous remontons la E75, d’un coup je reconnais un endroit qui m’est familier. Cette petite aire de repos qui donne sur le lac Vajukosken Allas, je m’en souviens comme si c’était hier (et pourtant ça remonte !).

 

Quand nous avions fait notre road trip en Scandinavie avec mes parents, nous nous étions arrêtés ici pour y passer la nuit. Nous avions joué aux cartes jusqu’à 3h du matin, surpris par la lumière du soleil de minuit du mois de juillet. A l’époque il n’y avait que la petite bicoque, elle était tenue par une petite mémé qui faisait ses pâtisseries et vous proposait un kahvi sur la terrasse donnant sur la rivière.

 

Maintenant vu la grande maison à côté, je pense qu’il y a dû avoir un changement de propriétaire, mais le coin est toujours aussi reposant. J’en profite pour faire quelques photos pour montrer à mes parents qui me confirmeront que c’était bien ici.

Nous reprenons la route et nous passons devant Tankavaara, un ancien village de chercheurs d’or. Phénomène qui eu son apogée au milieu du 19ème siècle lorsque deux finlandais, Ervast et Lepistö, sont venus tenter leur chance, attirés par les rumeurs.

 

On est alors en 1869. En moins de trois semaines, ils trouveront deux kilos d’or. Les gens s’emballent, et la région est alors envahie de prospecteurs venus à leur tour tenter leur chance. Cette ruée vers l’or ne durera que 3 étés. Pourtant d’autres régions du Nord furent aussi prospectées, mais l’exploitation industrielle fut rapidement stoppée par le froid intense qui sévissait neuf mois de l’année. Faute de rentabilité plusieurs entreprises firent faillite au début du XXème siècle et l’or tomba alors dans l’oubli pour plusieurs décennies.

 

Chaque année est organisé, le 1er week-end d’août, un championnat national d’orpaillage. Hormis ça vous pouvez, en plus de la visite du musée, vous exercer à cette pratique. Sachez qu’en 2004, un couple à trouvé 282g d’or. Au cours du jour (février 2012) et à raison de 42 euros le gramme, cela fait la somme rondelette de 11 844 euros ! Malheureusement nous n’avons pas le temps de tenter notre chance et continuons notre route. Peut être sommes-nous passés à côté de la fortune…

La route E75 nous fait passer par Vuosto, qui est symboliquement considéré comme la porte d’entrée du territoire Sâme. Une arche enjambant la route ainsi qu’une maison rouge recouverte du drapeau sâme marque ce point de passage. Quand je dit que c’est symbolique c’est tout simplement que le territoire sâme s’étendait, à une certaine époque, beaucoup plus au sud, jusqu’à Rovaniemi. Sur cette route en quasi en ligne droite nous voyons traverser un renard. Vêtu de son pelage d’hiver d’un orange presque fluo, il est magnifique. Magnifique et surtout trop rapide pour le prendre en photo.

 

La route nous fait longer le parc national Uhro Kekkonen, du nom d’un ancien président de la république, fou de randonnée. Ce parc est l’un des plus sauvages d’Europe et il abrite tous ce que la Finlande peut compter d’animaux. Elan, renard, glouton, ours, lagopède, hibou, chouette des neiges,… Il est donc très sauvage et soumis à beaucoup de restrictions imposées par le Metsähallitus (l’ONF finlandais) afin de le préserver. Certaines zones, comme la partie adossée à la frontière russe, sont même interdites.

 

Nous roulons depuis longtemps et une petite pause s’impose afin de profiter de cette nature sauvage.

Retour sur la E75, où cette partie de la route est surnommée l’Artic Road. Juste avant d’arriver à Ivalo, la route nous fait passer par une sorte de montagne, où le paysage est époustouflant. Ce doit être en plein vent, car le paysage de toundra est dénué du moindre arbre ou arbuste. Les panneaux et les poteaux au sommet de cette petite montagne sont comme pétrifiés par la glace et le vent. Malheureusement aucun moyen de s’arrêter.

 

Nous passons donc par Ivalo, où nous apercevons une étonnante église luthérienne moderne. Passer Ivalo et la rivière Alajärvi signifie, attaquer la plus belle partie de la route, celle qui nous fait longer le lac Inari (Inarijärvi en finlandais, et Aanaarjävri en sâme).

Le lac Inari, c’est le 3ème plus grand lac de Finlande et le 9ème d’Europe. Il est gelé 6 mois de l’année et si vous le regardez sur une carte, on dirait du gruyère. La présence des nombreux lacs en Finlande s’explique par le fait que les saisons chaudes arrivant, la neige fond, mais la terre n’a pas le temps d’absorber toutes cette masse d’eau. Se créent alors des lacs, de différentes tailles, mais aussi des îles.

 

Le lac Inari compte 3318 îles, et sur l’une d’elle se trouve Ukonsaari, un lieu sacré des sâmes, un ancien sanctuaire où les lapons venaient sacrifier rennes et chiens pour les esprits. Encore aujourd’hui les sâmes font très attention à n’y aller qu’à certaines dates.

 

Pour notre part nous tentons de prendre un chemin qui s’enfonce parmi la forêt qui donne sur une petite crique du lac. Il est passé 12h et pourtant la lumière rasante du soleil, fait penser à un soleil d’été vers 20h, très bas mais très lumineux.

Nous terminons les quelques kilomètres restant jusqu’au SIIDA, le musée du peuple sâme. Le terme de Siida est un peu compliqué à expliquer mais cela désigne une zone sacrée pouvant aller de certaines pierres, mais aussi des pâturages de rennes, ou bien une zone d’élevage, bref le centre névralgique, économique et sacré d’un groupement sâme.

Nous y déjeunons avant de commencer la visite, et prenons un Lounas, une sorte de menu qui comprend un plat chaud, souvent à volonté, et un dessert. C’est presque un rituel, une alternative aux fast-foods, c’est souvent servi dans les cafés, les cafeterias ou les lieux publics. Le restaurant en mezzanine du musée laisse, par les persiennes, passer la lumière du soleil rasant. Et un bon ragoût de renne est fort bienvenu pour nous requinquer avant la visite du musée.

Ce musée est incontournable pour qui veut prendre le temps de s’intéresser au peuple sâmes (que l’on appelait péjorativement Lapons, il n’y a pas si longtemps). En deux salles, sont très bien résumées les bases pour comprendre ces peuples. Leurs traditions, leurs découvertes, leurs cultures, leur façon de vivre, de s’habiller mais surtout les différences entres les ethnies de Norvège, de Finlande ou bien de Russie.

 

Autour de l’îlot central, où est regroupée l’histoire de peuple sâme, vous trouverez des informations sur les saisons, la faune et la flore de la Laponie. C’est là que nous verrons notre premier glouton empaillé. Cet animal, appelé Wolverine en anglais, tout les guides en parlent. Ils ont beau être peu nombreux et ne s’alimenter de musaraignes, ils peuvent toutefois attaquer l’homme, mais cela reste très rare (ils sont un peu plus d’une centaine en Finlande).

Une fois la visite terminée et après avoir fuit une huée de touristes bruyants, dehors vous avez la possibilité de poursuivre la visite sous la forme d’un écomusée. Les maisons, l’hiver, sont fermées. Impossible donc de voir l’intérieur de l’habitat, ni d’en juger l’évolution, mais vous pouvez toujours vous balader entre les maisons traditionnelles (les fameuses kota).

 

Dans ce parc, nous tomberons même sur un Snow Theatre, un théâtre temporaire tout en glace. Les gradins taillés en gros bloc de glace sont recouverts de peaux de rennes, et l’écran est lui aussi un énorme bloc de glace. Impressionnant.

Nous revoilà donc de retour sur la E75 pour faire la route en sens inverse qui forcément, avec la fatigue, nous parait plus longue. Au détour d’un virage on voit une grosse colonne de fumée s’échapper du lac. La différence de température entre l’air et l’eau, et la présence d’une centrale thermique de l’autre côté de la route, explique le phénomène. Néanmoins, nous n’étions plus habitués à voir de l’eau.

La nuit tombe, et un coup d’œil nous permet de distinguer une magnifique et gigantesque lune rousse. Un petit arrêt sur un parking, d’où s’échappe furtivement deux rennes, et j’essaye de prendre en photo cet astre impressionnant.

Nous rentrons un peu fatigués, et préparons un petit diner accompagné, ce soir, d’un verre de Lapin Kulta (L’or de Laponie).

Mais pour ce soir, la soirée ne s’arrête pas là ! Alors que nous sortons fumer une cigarette, nous levons les yeux au ciel et….magie ! Des Aurores Boréales s’offrent à nous. Une Aurores Boréale, peut durer entre 1 et 30 minutes, s’installer et durer ou non. Celles-ci commencent furtivement, deux ou trois sont assez fortes et impressionnantes.

 

Le spectacle nous scotche littéralement sur place. Pas le temps d’aller chercher l’appareil photo, nous voulons en profiter à 100%. Soudain elles se calment un peu, nous retournons prendre l’appareil photo, le trépied, et attendons dans le froid que le phénomène recommence. Malheureusement celles que nous verrons n’auront pas la même force, et nous ne verrons que des traces furtives qui ne semblent pas décider à se lancer dans la danse.

Nous allons nous coucher avec ces belles images dans la tête. Comme un enfant, je suis un peu déçu que le spectacle n’ai pas duré plus longtemps, mais après 4 tentatives de sortie d’environ 30 minutes, nous avons dû nous résigner.

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