Stones & Chardons - jour 5 - L'Écosse en automne
Dernier jour sur Skye, on passe à Kilt Rock, et nous approchons au plus près du Old Man of Storr. On déjeune à Portree, avant la route du Bealach Na Ba.
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Après une nuit sous la tempête, des rafales de vent violentes, mêlées de pluie, c’est sous un lever de soleil magnifique que l’on se lève ce matin.

 

Petit déjeuner, plein d’eau, d’essence et nous voilà partis, laissant derrière nous Uig, son port et sa micro brasserie, Skye Ale, une des seules de l’île et exceptionnellement fermée à la visite aujourd’hui.

Ce matin nous nous enfonçons dans le Quiraing, la route longeant la baie permet d’apercevoir des morceaux de roches sortant de la mer, une infinité d’îles toutes plus tentantes les unes que les autres.

 

Des falaises striées, basaltiques longent la route, nous dominant de leur gigantisme.

La route remonte vers le nord, longeant la côte, toujours sous un soleil radieux qui fait ressortir le vert des paysages. Sur cette petite route comme d’habitude, moutons et vaches se promènent dans une liberté totale, indifférents aux voitures qui passent.

Sur notre droite les roches basaltiques, volcaniques nous surplombent nous amenant jusqu’à Kilt Rock : une falaise abrupte, fruit d’une éruption volcanique et censé faire rappeler les plis et le drapé d’un kilt. Mais ce qui fait le charme de Kilt Rock, c’est la cascade en au premier plan qui vient se jeter dans la mer.

Partant d’un petit loch le long du parking, prenant ensuite le chemin d’une petite rivière, et après une chute de plus de 55 mètres elle vient mourir dans la mer avec une force considérable.

 

A la faveur du soleil, bien décidé à s’installer pour la journée, sa chute dans une mer moutonneuse nous donne le droit de voir un magnifique petit arc-en-ciel.

Le site ne laisse pas la place à la création photographique car il n’y a qu’un seul point de vue. Mais même si c’est vu et revu, c’est quand même très beau.

On arrive sur l’arête du Storr, que l’on a commencé à entrevoir 1 kilomètre avant, sur la route. A contre jour, elle se découpe dans le ciel et c’est très impressionnant. On s’arrête sur le parking, déjà bien rempli, pour entamer la randonnée qui mène au pied du Old Man of Storr, pierre qui se détache de l’arête rocheuse, haute de 49m.

La randonnée a un fort dénivelé. Pendant près de 45 minutes, on escalade des escaliers faits de pierre. La première partie du chemin se fait au milieu des travaux, car il y a eu apparemment des inondations et beaucoup d’arbres ont été abattus. Il y a beaucoup de monde qui monte et qui descend. Nous, on transpire beaucoup, mais coup de chance c’est sous le soleil que se déroule cette randonnée.

On arrive au pied du Old Man. En haut des touristes brésiliens s’amusent à grimper partout se foutant complètement des règles de sécurité, ça gueule, ça chahute dans le plus grand n’importe quoi. D’où l’on est nous apercevons le site qui permet de voir les 4 pierres alignées, le bon spot photo.

 

Le temps clément nous pousse à prendre notre temps, à nous poser pour mieux apprécier le paysage. Un petit thé réconfortant et je m’en vais me promener dans les chemins accidentés. Derrière les rochers se trouvent parfois des petits lochs , à l’eau si pure qu’ils ressemblent à des miroirs.

On amorce la descente et le chemin du retour. La vue est tout autant impressionnante. L’immensité du paysage laisse voir un paysage semblable à celui de la Finlande. Des forêts de pins plantés de long de lacs dont on peine à en apercevoir la fin.

On quitte le site, où on l’on aura tout de même croisé pas mal de nationalités différentes, ainsi que des parents motivés à monter avec leur enfant sur le dos. Cette rando avec un temps pareil était clairement à faire, un peu fatiguant de par son dénivelé elle vaut amplement le détour. Je regrette que le temps nous ait manqué pour aller au bout du chemin sur ce promontoire.

On continue à longer la côte, il est midi passé nous arrivons sur Portree.

 

Il se fait faim. Un petit tour au supermarché pour moi, et je rejoins William sur le port, en contrebas du village. Ce port n’est pas grand, niché au fond d’une crique, mais les quelques maisons qui le longent sont toutes d’une couleur différente. En m’attendant, William repère un Fish’n’Chips, où ne se rendent que des locaux. Vendu, ce sera le déjeuner et ce midi, c’est haddock.

Ce petit village de carte postale d’à peine 2500 habitants est surtout connu pour ses maisons colorées le long du port. Cela nous rappelle le mignon petit village de Portmagee en Irlande.

Pas de place au soleil pour la dégustation car les maisons qui donnent sur le petit port ont toutes privatisé l’espace entre la maison et la plage.

Alors on se pose sur la voie pour descendre les bateaux, à l’ombre mais sous la surveillance des corneilles et d’une mouette.

 

Le fish’n’chips est très bon, sans doute même un des meilleurs jamais mangé, préparé maison et avec une friture au poil. On jette quelques frites aux corneilles qui forcément se chamaillent pour grignoter un morceau.

On reprend la même route qu’à l’aller sous le soleil cette fois, l’occasion de redécouvrir les paysages. Mais cette fois au lieu de prendre le ferry c’est par un double pont que l’on sort de l’île. Pont qui lors de sa construction, donna aux habitants de Skye l’impression de perdre leur identité d’îliens.

Le paysage de l’autre côté, sur la terre ferme a changé, plus boisé, toujours aussi rude entrecoupé de villages carte postale comme Locharron par exemple.

 

On longe une voie de chemin de fer qui nous emmène à la gare de Strathcarron, paumée au milieu de rien. Éloignée du village, ce lieu de transit avec son pont tout droit sorti d’un catalogue Playmobil, a l’avantage de dominé les plaines qui nous entourent.

Les kilomètres défilent jusqu’à l’embranchement de la fameuse Bealach Na Bà. Cette route, ancien passage de troupeau, qui serpente entre des montagnes aux allures islandaises, est magnifique mais dangereuse comme ne le manque pas de le rappeler le panneau à l’entrée, tentant de dissuader les mauvais pilotes et les jeunes conducteurs.

 

J’hésite, est ce que ça va le faire avec le camion ? Mais d’un côté, je m’en voudrais de ne pas le faire et de le regretter par la suite. Alors je me lance, m’arrêtant au bout du premier kilomètre pour profiter de la vue et du soleil qui se couche.

Les paysages sont indescriptibles, encaissés, à fleur de ravin, une route d’à peine la largeur d’un petit camion, c’est à couper le souffle, mais ça requiert une grande attention.

Après quelques frayeurs, des camions croisés, un mec qui s’amuse dans les épingles avec sa toute nouvelle Porsche, on atteint les dernières épingles, surnommées « Devil’s Elbow« , les coudes du Diable.

 

La température a énormément chuté, la vue sur la route est en plein vent, et les flaques dans la lande sont toutes recouvertes d’une couche de glace.

Le jour se couche et nous atteignons le sommet, 626m. Le vent souffle et nous coupe le souffle par la même occasion.

 

De là haut, nous surplombons toutes les îles : Skye, Rum…On hésite presque à rester là-haut pour la nuit, mais avec le vent et le froid ça ne serait pas raisonnable. C’est donc à la lueur d’une pleine lune rousse que l’on attaque la descente de l’autre versant. Beaucoup moins impressionnant, surtout de nuit.

Mais soudain à la lumière des pleins phares, une biche et une autre, et deux en face, je me met à l’arrêt, tourne la tête, et à la lueur d’un soir qui se couche, je vois se dessiner les bois d’un cerf. Le chef de famille est là, veillant sur sa troupe. Impossible, malgré quelques tentatives, de le prendre en photo.

On continue, et sur toute la descente, nous en apercevrons d’autres, formes presque indistinctes dans la nuit mais reconnaissables à qui sait les voir.

 

La route se termine à Applecross dont nous longeons la côte dans l’espoir de trouver un coin pour dormir.

Cécile aperçoit un parking sur notre gauche quand je distingue ce qui se trouve sur le parking : un cerf, attentif dans la nuit, il nous montre la voie. Ou plutôt je me plais à le croire.

Alors on pose notre maison sur ce parking du cerf pour la nuit. Ce soir, il ne pleut pas, ce fût un jour sans pluie, mais la lune est dans l’eau, les nuages sont tombés et le vent souffle. Le compteur affiche 770 km.

4 Commentaires
  • Liilice
    Posted at 18:07h, 06 janvier Répondre

    Vos photos me donnent terriblement envie de partir en Écosse. Encore plus qu’avant ! J’adore vos carnets, et j’étais jusque là une lectrice silencieuse, mais je dois vous le dire, c’est une véritable évasion que vous nous offrez, merci ! ♡
    (hâte de voir la vidéo !)

  • retourdumonde
    Posted at 18:03h, 12 janvier Répondre

    Merci beaucoup pour ton message ! Ça fait toujours plaisir à litre et ça ne peut que nous motiver à continuer 😉
    Pour la vidéo, après quelques soucis elle est enfin en ligne, bon visionnage.

  • Anne-Laure M.
    Posted at 17:55h, 04 novembre Répondre

    Wahou! Je lis avec attention votre séjour en Ecosse et je me régale avec vos sublimes clichés! Je pars explorer le pays dans 2 jours. J’ai tellement hâte quand je vois ces paysages indicibles! Merci 🙂

    • retourdumonde
      Posted at 20:02h, 07 novembre Répondre

      Merci beaucoup Anne-Laure !
      J’espère que tu apprécieras l’Écosse autant que nous et n’hésite pas à nous faire un petit mail pour nous dire comment ça c’est passé. 😉

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