Stones & Chardons - jour 3 - L'Écosse en automne
Le temps est clément pour notre randonnée au Ben Nevis. On s’arrête au fameux Glenfinnan Monument. Mais ne tardons pas, le ferry pour Skye est à 17h30.
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Après nous être endormis sous la pluie, c’est bien sous la pluie que nous nous levons.

 

On avait vu juste : la vue de notre point de chute est assez époustouflante. Une petite île vide au milieu d’un loch, entourée de montagnes, gris ardoise, orange carotte, saupoudrés de touches de vert et de jaune.

Le petit-déjeuner avalé, nous sommes prêts à partir direction Fort Willliam, pour un ravitaillement en essence et en nourriture.

 

Disons le tout net, Fort William manque de charme, ville de passage, porte d’entrée de toutes les randonnées de la région, son artère principale se compose, hormis le traditionnel bookmaker et quelques pubs, de beaucoup de magasins d’outdoor, de trekking, de rando.

 

On rentrera bien dans une église mais alors qu’une paroissienne est en train de se recueillir, j’évite de prendre des photos.

Dommage, composé de pierre et de bois, l’intérieur est chaud, particulier, comme seules les églises anglicanes sont en mesure de faire.

 

On a du temps, mais notre seul impératif de la journée, c’est de choper le ferry pour Skye à Mallaig.

 

Du coup, de Fort William, on prend la petite route qui grimpe au pied de Ben Nevis (la plus haute montagne du Royaume-Uni) qui culmine du haut de ses 1344 m la vallée du Glen Nevis.

L’occasion pour moi de repasser devant le camping dans lequel nous nous étions arrêtés avec mes parents en 1998. La route bosselée est magnifique, tantôt « enfermée » par des arbres aux feuilles jaune paille qui recouvrent le goudron, tantôt « ouverte » au milieu des vaches des Highlands avec leurs longs poils qui paissent aux pieds des montagnes aux sommets enneigés.

 

La route déroule, on la sait en cul de sac, elle devient à voie unique au niveau de Lower Falls.

 

Ici, la montagne se vide de son eau, par tous les bords, les cascades sont multiples que ce soit sur le parcours du cours d’eau Water of Nevis, que le long des montagnes.

Impossible d’être là sans aller au bout. Le chemin nous rappelle la route de Black Water en Irlande. Vide, magnifique, elle donne l’impression de s’offrir qu’à ceux qui savent en voir sa beauté.

 

Par contre, celle-ci est plus dangereuse, voie unique, bas-côté affaissé, pont ridiculement peu large, passant sous des souches d’arbres aux formes presque humaines.

 

C’est beau mais je serre un peu les fesses. Arrivés en haut, au bout, un chemin de randonnée s’enfonce dans la forêt, le long de Water of Nevis.

 

On est bien tentés, malgré le panneau accueillant : « Danger of Death ».

On décide de casser la graine et de se laisser 1 heure pour faire un aller-retour.

 

Le chemin s’enfonce dans la forêt, nous faisant enjamber un nombre incalculable de cascades, parfois un filet d’eau, parfois un débit impressionnant. On ne regrette pas d’avoir investi dans des chaussures de randonnées avant de partir.

 

C’est magnifique. Parfois traverser une cascade relève du parcours du combattant, il faut mettre les deux pieds dans l’eau, ne pas avoir peur de glisser sur les cailloux marbrés comme de vieux troncs d’arbres fossilisés.

La vue est à couper le souffle mais il faut déjà faire demi-tour, laissant la végétation, ce pin parasol aux allures de bonzaï derrière nous.

On rebrousse chemin, laissé les Upper Falls de Water of Nevis derrière nous, faute de temps. Le lieu donne vraiment envie de prendre son temps, de s’y perdre.

 

Le chemin du retour se fait plus rapidement que l’aller. Mine de rien, ce petit bout de chemin, aller et retour, nous a pris une heure.

Cela fait près de 2h qu’il n’a pas plu, et ça continue !

 

Le soleil se lève doucement sur l’A830 qui mène vers la mer. On longe des lochs, en particulier un où se reflète parfaitement la forêt. J’espérais pouvoir le prendre en photo pendant un stop où nous nous sommes arrêtés…à cause des travaux. Sans succès. Entre la portion de route d’hier, où le convoi était ouvert et fermé par une voiture nous faisant emprunter un passage au milieu des champs et des chemins forestiers et aujourd’hui, ces travaux de voirie nous ralentissent beaucoup. Et ce sont loin d’être les derniers.

 

On en avait croisé l’année dernière en Irlande, mais seulement sur les grandes routes. Il faut dire que les rubans de goudron s’abîment ici beaucoup, entre le gros trafic de l’été et les importants d’écoulements d’eau sur les bas-côtés.

Quelques kilomètres plus loin, la silhouette du Glenfinnan Monument se découpe à l’extrémité du Loch Shiel. Mais cet endroit est avant tout un lieu très important pour les Écossais car c’est ici qu’en 1745, le prince Charles Edouard Stuart, plus connu sous le nom de Bonnie Prince Charlie leva son étendard devant 1300 Highlanders prêt à démarrer la rébellion jacobite.

Ce lieu, même s’il a vu de nombreux morts, laisse rêveur. Le coucher de soleil sur le Loch Shiel, en fond, et en premier plan, le monument de pierres sombres, le tableau est calme et parfait. Encore plus parfait lorsqu’on lève la tête et que l’on voit ces nuages, qui semblent s’accrocher désespérément aux montagnes.

 

L’eau est de couleur argent, qui tranche avec le vert foncé des montagnes et les pierres grises.

 

De l’autre côté du loch et de la route, au fin fond de la vallée se détache un viaduc sur lequel court une voie ferrée, rendu célèbre par la saga Harry Potter.

On se tire de notre rêverie. On repart tout en gardant en tête d’attraper le ferry de 16h mais l’on se rend vite compte que ça ne va pas être possible, car des travaux viennent – encore – nous ralentir. On prend donc notre temps, résignés.

 

C’est un mal pour un bien, car ça nous permet de profiter de cette belle fin de journée : la route qui va vers Mallaig est bordée du chemin de fer, de petits ruisseaux à forts débits et de belles couleurs : la paysage en devient « vivant« .

 

Le temps file et la route reprend, large, rapide, on avait presque oublié la simple idée du trafic routier. Sur la gauche, les lochs commencent à embrasser les couleurs du coucher de soleil. Il ne pleut plus.

 

Soudain sur la droite, j’aperçois une église blanche, abandonnée.

Elle me rappelle quelque chose ! Je suis quasiment sûr de m’être arrêté sur le même parking avec mes parents bien des années en arrière, en 1998. Et j’en aurais la confirmation en rentrant, c’est bien Church of Our Lady of Braes. Cette même église ou j’ai mon premier souvenir de photo à l’argentique, avec le boitier de mon père.

 

Je l’immortalise, les murs blancs prenant les couleurs rose, orange, tout comme le font les montagnes derrière elle.

 

Plus loin, là où les lochs laissent place à la mer et où l’horizon s’ouvre : le soleil.

Il fait luire les roches humides des montagnes faisant des reflets extraordinaires dont il est difficile de capter des images.

Plus loin un panneau indique une « alternative costal way », on a encore le temps avant le dernier ferry pour Skye à 17h30, alors on bifurque, ça tombe bien on avait repéré et envisagé ce petit détour.

 

La route s’étire en serpentant le long de la côte découpée. Les couleurs magiques, sublimant le paysage.

En on ne le regrette pas, plein de maisons cosy face à la mer, pas de B’n’Bs comme croisés depuis des kilomètres, juste des petites baraques de particuliers face à la mer, le long d’un golf au Club House désuet.

 

Le soleil se couche sur la baie, sur la plage, un vieil homme fait gambader ses chiens dans l’eau.

Le ciel nous fait tourner la tête, ne sachant plus où regarder. Mais il nous réchauffe aussi, il a beau faire beau, le vent venant de la mer lui ne pardonne pas. On n’aurait pas eu le ferry ce soir là, je pense qu’on aurait cherché à dormir dans ce coin paumé, loin de tout.

De retour sur la route principale et après seulement quelques kilomètres et quelques arrêts pour apercevoir la silhouette de l’île d’Eigg nous voilà sur le port de Mallaig. Je m’en vais faire un tour pendant que Cécile prend les tickets.

Je retrouve les atmosphères de port que j’aime tant : l’attente, le bruit des cordes des drapeaux qui claquent le long des mats de métal, les salles d’attente vides, le Snack Bar fermé à qui l’hiver donne des allures de bicoques abandonnées.

 

A quai, deux bateaux norvégiens, l’un sans doute pour la pêche, le second semble plus être pour des travaux, ou de l’industrie de type gaz ou pétrole.

Pas trop le temps d’attendre, que le ferry décharge déjà autant de voitures que de piétons. C’est à nous, comme on le craignait, l’entrée se fait en marche arrière et je suis le dernier.

 

Pas super serein, je manœuvre, grâce aux instructions d’un matelot à l’accent écossais à couper au couteau.

 

Braquer à gauche, à droite, tout droit et de nouveau à gauche et alors que les 4 ou 5 voitures rentrées avant moi sont bien rangées au fond, on me fait signe de stopper au milieu, le capot quasiment collé au ponton de déchargement.

 

Les matelots ont l’air confiants, mais moi pas vraiment. Je donne l’impression de m’être garé à la va vite !

On grimpe alors dans les quartiers. Je suis rassuré la traditionnelle machine à sous est bien là. C’est vraiment le point de détail qui m’avait marqué sur les ferrys écossais et norvégien.

 

On pousse la porte qui mène au pont, le vent nous aspire à l’extérieur, nous fait rougir les oreilles, et nous oblige à fermer les yeux.

 

A la proue, The Saltire, le drapeaux écossais, se fait méchamment claquer par le vent qui souffle.

Nous ne sommes qu’une petite dizaine à bord. Atmosphère d’attente, de monde en pause, comme en Norvège. A peine le temps d’avaler un café, que la sirène retentit, nous signalant l’arrivée.

 

La traversée n’aura duré qu’à peine 20 minutes.

Nous posons les pieds et les roues sur Skye. Tandis que tout le monde prend la route principale, nous piquons à gauche sur une petite route, bien décidés à trouver un coin pour la nuit.

 

Autant le dire tout de suite, la route est flippante, abrupte, pas large, voie unique, entourée d’arbres. Mais après quelques frayeurs, une « passing place » plus grande que les autres nous tend les bras.

 

On se met le plus droit possible, et le plus éloigné de la route. Sage compromis.

 

Dehors la pluie tombe par intermittence, au loin les lumières de Mallaig nous regardent.

Nous dominons la baie de « Sound of Sleat », nous verrons ce que vaut la vue demain au réveil, quand nous attaquerons notre tour de Skye.

 

Il est 21h14, nous nous apprêtons à aller nous coucher.

1 Commentaires
  • Tao
    Posted at 13:44h, 06 janvier Répondre

    Haha Innis and Gunn 🙂

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