finnmarkable_bannerday_1
Retour du Monde - FinnmarKable - Jour 1 Retour du Monde - FinnmarKable - Jour 2 Retour du Monde - FinnmarKable - Jour 3 Retour du Monde - FinnmarKable - Jour 4 Retour du Monde - FinnmarKable - Jour 5 Retour du Monde - FinnmarKable - Jour 6 Retour du Monde - FinnmarKable - Jour 7 Retour du Monde - FinnmarKable - Jour 8 Retour du Monde - FinnmarKable - Jour 9 Retour du Monde - FinnmarKable - Jour 10 Retour du Monde - FinnmarKable - Video Retour du Monde - FinnmarKable - Epilogue
Podcast de voyage

rdm---finnmarkable_day_1

Il n’y a souvent pas grand-chose à dire qui n’ait pas déjà été dit sur les départs en voyage, les vols sont souvent sans encombre surtout quand ils se déroulent en fin de soirée, après une longue semaine d’insomnies et une journée de boulot.

 

Du coup on passe le trajet, la tête calée sur le hublot au point de vous en imprimer la marque, on se démonte les cervicales et on dort mal. À peine 25 passagers dans une carlingue prévue pour pas loin de 200, on n’était pas dérangés pour se laisser lâchement tomber dans les bras de Morphée. Du Paris-Oslo, je me souviens juste des lointaines lumières du nord Danemark et du vol au-dessus de la Mer du Nord.

 

À Oslo, le froid nous a vivifiés autant qu’il nous a fait plaisir, et comme des zombies en fin de journée on a filé droit vers notre hôtel de la nuit où l’on s’est salement écroulés pour une (très) courte nuit de sommeil.

 

Aux aurores, sur les coups de 5h du matin, la neige était tombée en abondance tout comme le brouillard qui de nouveau nous brouillait la vue et ne laissait rien deviner de notre environnement.

 

La tête dans le gaz, on a avalé un semblant de petit-déjeuner sans prendre le temps de profiter de l’abondance du buffet. Le bus de 6h17 nous a gentiment déposé devant l’aéroport. Ca piquait, ça neigeotait, ça brouillardait. Ce terme n’existe pas mais on devrait l’inventer tant mon fameux ami avait tout donné ce matin-là.

On a finalement décollé tranquillou bilou, pour passer un vol à peu près identique au premier. Du sommeil, beaucoup, un mal aux cervicales, un peu moins. On savait que sur Alta le temps s’était clairement dégradé et c’est une neige abondamment collante et un brouillard qui nous surprit et nous piqua au vif . Tout comme le pilote qui, foirant son approche, remis les gaz au dernier moment pour remonter en cabrant l’appareil dans une manœuvre qui au choix, dessina quelques sourires pour les uns, fit remonter les boyaux pour les autres.

 

Après une belle frayeur, il se réussit au deuxième coup, avec un atterrissage au frein à main et avec quelques sacrés rebonds en supplément. Alta nous a accueilli sous un ciel gris anthracite, teinté de bleu, qui contrastait vivement avec le blanc immaculé de la neige. Sans doute les cieux que je préfère dans ces coins du monde.

 

On a pris possession de notre carrosse – non sans m’être viandé et retrouver le cul par terre dans la glace – j’ai essayé d’apprivoiser la bête qui a bien tenté de se cabrer une ou deux fois sur la route de glace et on a filé droit pour le premier refill et remplissage de bouffe pour les premiers jours.

 

Et puis la route a continué, comme souvent dans les premiers jours, vous êtes là, un peu benêt, la bouche ouverte, les yeux aussi, l’idée de faire des photos, de s’arrêter ne vient qu’en dernier. On a souvent cette envie de profiter dans ces cas-là, on n’ose pas trop, on ne sait pas quoi prendre comme première photo, alors on kiffe, on regarde, on absorbe, on ingurgite et on se trouve un petit coin pour fumer sa première clope, écouter le silence et retrouver les habitudes de voyage.

Cela nous a permis de discuter avec un mec qui attendait qu’on libère la place. Bénévole ou professionnel, on n’a pas su, toujours est-il qu’il était là avec sa chienne, pour l’entraîner à la détection de victimes d’avalanche. On fait de drôle de rencontres parfois en voyage.

 

On a remonté l’E6 vers le Nord, alternant des cuvettes, des montagnes, des petites tempêtes de gros flocons, comme s’ils tombaient au ralenti. Puis souvent comme là-haut, d’un coup, le ciel s’est ouvert en deux, le soleil s’est dégagé, me rappelant le coucher de soleil de Myvatn en Islande.

 

C’est en pleine tronche que l’on s’est pris cette ouverture, comme une bénédiction. On a regardé hébétés, et on s’est soudain rappelé – comme si on l’avait oublié – pourquoi on était là, à se faire rafraîchir les miches. Parce que cette lumière, ce blanc, ils sont uniques et ils méritent d’être vus autant que respectés.

Le temps a tourné, on n’avait pas encore totalement nos repères temporels, et puis nos montres indiquaient des heures différentes, on ne savait plus à qui se fier, alors on a filé, à peine le temps d’une petite pause Fika du côté de Skaidi.

 

Puis soudain c’était Olderfjord et notre premier hébergement, face au Fjord. même le soir, alors qu’on commençait à ne plus distinguer grand-chose, c’était beau.

On a exploré le coin dans un périmètre assez restreint, sans trouver de spot. Ce soir les prévisions aurorales ne sont pas fameuses, mais en même temps elles se contredisent, alors on verra bien ce que le ciel nous réserve pour notre première nuit au-dessus du Cercle Polaire.

 

Comme quoi, si on a bien appris une chose, c’est de ne jamais croire les prévisions. Encore une fois, il aura fallu une clope, pour qu’en regardant dans le ciel on discerne un de ces fameux nuages gris, annonciateur d’une aurore et rapidement visible pour l’œil averti surtout en milieu urbain.

 

Le temps de se décider, on voit que ça commence à s’exciter un peu, le nuage gris commence à prendre du relief, de la couleur, et à partir en traînée vers le fjord. On tente le coup d’aller voir du côté du camping qui est admirablement placé le long de la grève du fjord.

Et puis comme d’habitude, comme un spectacle dont jamais on ne se lasse, ça part, venant mourir derrière un nuage bien accroché sur l’horizon à l’embouchure du fjord. Alors on reste. Au début c’est timide, comme une histoire d’amour, comme un flirt, la dame verte nous charme, quelques pillars viennent se réveiller.

On est rejoints par deux personnes, des habitués, des locaux, on taillera le bout de gras avec le monsieur, parlant matos, traditions et aurores. Alors que nous sommes en train de discuter, la dame s’énerve, se drape, s’enveloppe à tel point qu’à peine 5 secondes de temps de pose sont amplement suffisantes pour capturer son ballet.

De ce spectacle on ne se lasse pas, on s’en repait, on en bouffe chaque miette, on en oublie l’appareil photo et on a des envies de s’allonger dans la neige, juste pour kiffer, juste pour en prendre plein les yeux.

Quand on se décide à plier bagage, la grande fille replie sa robe elle aussi, et s’en va dormir tranquillement. Tout comme nous.

Pas de commentaires

Les commentaires ne sont pas disponibles sur cette page.