Retour du Monde - Satu et sa casserole dans le sauna
Lui, est graphiste et passionné de photo. Elle, est tchatcheuse et un peu paresseuse. Ensemble, ils vous font voyager sans bouger de votre canapé
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Satu et sa casserole dans le sauna…

Satu et sa casserole dans le sauna…

12h un tweet apparaît, court, simple, avec un lien ou une photo de recette. En fait c’est comme ça qu’on a découvert Satu. Ses tweets postés aux heures fatidiques du goûter, du déjeuner, ou du fika (la pause-goûter dans les pays nordiques) ont petit à petit commencé à attiser notre curiosité. Finlande + cuisine, pour nous le combo parfait. Alors à force d’avoir l’estomac qui gargouille, et la bave aux coins des lèvres au bureau, on s’est dit qu’il fallait élucider toute cette histoire et découvrir qui se cachait derrière ces recettes et photos. On n’a pas eu besoin de tirer au sort, Cécile s’est tout de suite dévouée pour une rencontre finno-française à l’Institut Suédois (forcément l’Instituutti fermait trop tôt ce jour là). Aiguisez vos papilles, sortez une serviette pour les miettes, rencontre avec Satu et sa casserole dans le sauna

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Satu on ne se connaît que sur Twitter, c’est beau de dire des choses comme ça de nos jours, on est friends, on se follow, on est connectés. Mais au final qui tu es ?

Et oui je ne fais pas que des gâteaux et du tricot !
Bon je suis Satu, c’est mon vrai nom, j’ai 27 ans, j’ai fait du finnois à l’INALCO, de l’anthropologie et en ce moment je travaille dans une bibliothèque, je suis chargée des collections finno-ougriennes, je vis en région parisienne. Mon père est finlandais, d’où mon prénom « Satu » qui est le « Marion » finlandais, vieux prénom qui veut dire « conte de fées« , peut être que ça a influencé des choses…

D’où vient ton père en Finlande ?

D’un bourg qui s’appelle Kottka, vers la Russie, à 140 km d’Helsinki.

Dans ton parcours de vie, tu as donc choisi de t’imprégner complètement de la nationalité de ton père, pourquoi ce choix ?

Parce qu’on y est allés tous les étés depuis que je suis bébé, et puis forcément quand on s’appelle Satu, on te demande « c’est pas français, mais ça vient d’où ? ». Tout le temps, il faut présenter la Finlande, et depuis que je suis toute petite. Et on a toujours vécu dans une ambiance finnoise, les mugs, le mode de vie, et c’est tellement particulier que ça a pris le pas sur le reste parce que ma mère est à moitié espagnole, donc j’aurais pu partir sur ce côté là aussi. Mais bon quand on découvre la Finlande, on tombe complètement amoureux et j’imagine ma mère, dans les années 80, la Finlande c’était loin…ils ont vécu un an en Suède, mais c’était la grande découverte.. J’ai appris le finnois ensuite, car je le baragouinais, mes grands parents ne parlant ni français ni anglais, au fur et à mesure j’ai dû l’apprendre parce que ça donnait des phrases incompréhensibles du type « moi vouloir pain chaise » donc à un moment il a  fallu s’y mettre. Et même en anthropologie et qu’il a fallu choisir un domaine de recherche, et bien c’était évident : les Sames, la Laponie.

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Et concernant tes études, l’anthropologie, comment tu en es venue à faire ce type d’études ?

Je voulais être anthropologue. Quand j’étais plus petite je voulais être égyptologue. En fait c’était surtout « Qu’est ce que je pourrais faire pour aller loin et souvent ? » Egyptologue c’est bien. Et puis, j’ai vu un documentaire sur une anthropologue chez les Indiens des plaines, et je me suis dit que c’était ça que je voulais faire. Je me suis inscrite tout de suite après le bac en anthropologie et après on se rend compte que ça n’existe pas comme métier. En fait en France, il n’y a pas de budget et pas de débouchés…Du coup, j’ai fait du finnois, en attendant… Tout en essayant de faire un master d’anthropologie, mais il n’y a avait tellement plus de crédits qu’ils ont fermé la section d’anthropologie. Et donc maintenant je travaille à la BULAC, qui est la bibliothèque de l’INALCO, où il y a une licence de finnois et du coup la boucle est un peu bouclée…

Donc tu parles couramment finnois maintenant ?

Oui, après 3 ans de licence. Car étant donné que j’ai appris avec ma grand-mère, de la campagne, quand j’allais à Helsinki, j’avais du mal à comprendre les gens et à être comprise ! Les accents et les patois sont assez présents en finnois. Quelqu’un de Helsinki ne va pas du tout comprendre quelqu’un de Oulu ou de ma région, c’est bizarre. Tu parles finnois, c’est évident, mais tu parles mi-patois, mi-finnois international.

Tu passais tous tes étés en Finlande, mais ça t’a donné peut être envie de voir autre chose, en Finlande ?

Étonnamment, non. J’ai connu très tard Helsinki par exemple, le côté design, la Finlande design. Pour moi la Finlande, c’était l’été, le sauna, les lacs, le jour qui n’en finit pas, vraiment cette ambiance estivale, la campagne. Et quand j’ai découvert que Marimekko c’était vraiment important,  j’ai été étonnée parce que Marimekko ce sont les t-shirts que ma grand mère m’envoie à Noël ! Et c’est pareil pour les couverts Iitalla, pour moi c’était normal et j’ai été étonnée de découvrir que ça intéressait, ailleurs ! La Finlande, c’est tellement exotique déjà quand on vit en France. Comme j’ai un côté espagnol, j’allais très souvent en Espagne aussi. J’avais les 2 extrêmes l’été : L’Espagne où il faisait chaud et on allait après en Finlande où il faisait moins chaud. Il n’y avait pas beaucoup de monde sur la « plage ». J’ai toujours été entre les deux. Le touristique, c’était dans le Sud, et le Nord, c’était la solitude, nous, le lac, les forêts, les chalets. Bouger, voir d’autres trucs, oui, mais c’est tellement plus facile d’aller chez les grands parents ou chez la famille..J’ai l’impression de ne rien connaître à la Finlande alors que j’y vais depuis 25 ans. Si je dois aller en Laponie, je ne vais pas le faire en un week-end, et puis il faut de l’organisation…

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Et le blog, il existe depuis combien de temps ?

Ca va faire 2/3 ans. Je l’ai ouvert au début pour ne pas me trimballer mes cahiers de recettes quand je suis partie un an en Estonie pour travailler en tant qu’assistante de français. J’allais du coup très souvent chez mes grands-parents, j’avais juste à traverser la Baltique et ça ne coûte rien. Entre chez mes grands parents et les retours en France, c’était impossible, d’où l’ouverture du blog qui est du coup mon cahier de recettes virtuel ! Et puis après on se prend au jeu, ça m’a servi de support de travail avec mes élèves, qui ont bien aimé ! C’était aussi pour faire découvrir la cuisine finlandaise.

Ta grand mère a donc été une grande source d’inspiration culinaire pour toi.

On cuisinait ensemble. Par exemple les roulés à la cannelle, les korvapuusti, on en faisait tout le temps. Je me revois encore perchée sur un tabouret de la cuisine. Elle cuisine énormément. Mais bon, le fait de cuisiner tout le temps, c’est finlandais, il n’y a pas comme en France la tradition de la boulangerie, à la campagne, si tu veux du pain il faut le faire. Ils ont la tradition du café avec le pulla. Si tu es invité chez quelqu’un pour le café, ils auront forcément fait un gâteau. J’ai toujours vu ma grand mère cuisiner et moi je me suis mise après à cuisiner très finlandais parce qu’en France on ne peut pas « manger finlandais« . Si tu veux des korvapuusti ou des karjalanpiirakka, il faut les faire. Les premières n’étaient pas fantastiques, pas de levure, c’était une vraie catastrophe et puis au fur et à mesure je me suis améliorée.

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Est ce que tu as des retours de lecteurs sur le blog ?

Un petit peu et souvent ce sont des gens qui connaissent la Finlande et qui sont contents de retrouver des recettes ou des ambiances. Je m’en suis rendue compte surtout lorsqu’on a fait Restaurant Day avec ma sœur en novembre et il y a des gens qu’on ne connaissait pas et qui sont venus jusqu’à Alfortville, là où on avait fait notre restaurant éphémère. On s’était dit qu’il y aurait 2 voisins et 3 copains qui passeraient. Des gens sont venus et nous ont dit « J’ai vu que votre thème c’était la Finlande, il y a 3 ans je suis allé à Helsinki, je voulais venir juste pour ça ! » C’est là où on s’est dit qu’il y avait quelque chose… Les retours que j’ai ce sera plutôt dans ce sens-là. Je fais beaucoup de brioches sur le blog, parce que ça ne m’intéresse pas de mettre une recette de tartine. Du coup, ce sont ces choses là que je mets en avant. Les souvenirs de voyage, c’est ça qui ressort des témoignages des gens.

Et pourquoi pas de recettes salées ?

Déjà, je suis végétarienne. Donc tout ce qui est viande, je ne cuisine pas, sauf pour mon père ! Ou alors ce sont des recettes qui demandent plus de temps, les kalakukko, qui sont des espèces de pain montés, fourrés, avec plein de choses à l’intérieur. Il y a les saumons, bien sûr, comme le gravlax. Il y a aussi beaucoup de viandes et poissons qu’on ne trouve que là-bas, je pourrais adapter, mais pour l’instant non, mais ça viendra peut-être… Ma mère a un magasin de produits biologiques donc souvent je cuisine ce qu’il faut cuisiner par rapport au magasin. Par exemple, en décembre, on avait 20 cubes de levure fraîche à utiliser, la production intensive de brioches vient de là.  Les mois où, tout d’un coup, les gens décident qu’ils ne veulent plus de poireaux, il y aura beaucoup de recettes de poireaux qui vont arriver. C’est aussi bête que ça ! Je ne choisis pas forcément ce que je dois cuisiner. Et puis j’ai vraiment une passion pour les pâtes qui montent, j’adore ça.

Restaurant Day, expliques-nous ce que c’est.

Ca fait un moment que je voulais le faire. Cet été, j’étais à Helsinki le jour de Restaurant Day et je me suis dit « C’est pas possible, je ne peux pas ne pas le faire ! » C’était incroyable. A la base, c’est vraiment un carnaval culinaire. Sur l’esplanade centrale, tu as 300 stands alignés et collés les uns aux autres avec des gens qui font la cuisine. Ca va de 2 petites filles qui vendent leur dizaine de cupcakes au couple vegan qui fait un tofu et à côté tu as des Erasmus qui font un espèce de repas international fusion brésilienne chinoise… On s’est dit qu’on allait le faire, depuis le temps que ça existe là bas, 4/5 ans maintenant. On va arrêter de se plaindre en disant qu’il ne se passe jamais rien et faire nous-mêmes parce que c’est comme ça que ça se passe. Du coup, on a transformé notre garage en café éphémère en hommage aux Moomin. Avec ma sœur, on s’y est mises, on a bien bossé : des gâteaux, des tartes. On a espéré qu’il n’y ait pas trop de restes et on a été super surprises parce que des gens sont venus, tout est parti et ils ont trouvé ça bon ! Donc c’était gagné. Les gens nous disaient que c’était super, on a même eu des Finlandais qui sont venus retrouver un petit bout de Finlande. Le prochain c’est le 16 février, cette fois-ci on va partir sur du salé justement, on va faire une soupe au saumon, des boulettes de viande. L’esprit cette fois-ci, on voulait faire un peu un type de repas de cantine scolaire. Comme ça reste un garage et qu’il va faire froid, ça va sûrement se transformer en igloo notre histoire, on n’est pas encore au point…  De toute façon, ce n’est pas perdu, il y a l’immeuble, je pourrais toujours revenir sur Paris avec des tupperwares, je sais où les livrer !

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Pour ce type d’événement, tu utilises ton blog ?

En fait, le Restaurant Day, ils ont un site qui regroupe tous les restaurants éphémères ouverts et puis moi souvent je crée un événement Facebook, je me sers beaucoup du magasin de ma mère pour relayer et du coup le magasin aussi profite de tous mes restes parce que il y a des matins où j’arrive avec des brioches, du thé et on les distribue. Donc c’est le bouche à oreille qui marche bien. La dernière fois, on était une toute petite vingtaine sur toute la France donc c’est assez facile de relayer l’info. Février pour l’instant on est les seules inscrites…Je pense que ça se réveiller et on espère parce qu’il faut que ça prenne ! C’est vraiment super comme événement.

En France, le concept de restaurant est très institutionnalisé…

Et j’aime bien le côté militant que cela a en Finlande, je ne sais pas si ça va prendre en France. Avec notre culture de la table, de la nourriture, ça aurait dû exploser. Les gens sont peut être un peu , peut être pas timides mais en tout cas n’osent pas se lancer. Je trouve ça génial cette idée de vraiment partager, et de se réapproprier l’espace urbain aussi. De s’installer et de partager un repas. Tu n’as besoin que cela soit de la « bistro-gastronomie », de la « cuisine moléculaire », tu n’as pas besoin d’un concept. Si tu décides que tu fais une quiche et que tu vas partager cette quiche dans ton salon avec six personnes qui s’inscrivent, et bien tu peux le faire. Il n’y a pas besoin que cela soit des choses très compliquées, l’idée c’est de réapprendre à partager les choses. Un peu dans le même esprit que les disco-soupes, où on utilise les rebuts des marchés, on les cuisine ensemble et on partage la soupe après, c’est un peu dans ce même esprit. J’ai peur qu’en France, le message qui passe soit plus « restaurant » que « convivial » mais il n’y a pas eu encore assez d’éditions. C’est pour ça aussi qu’on tient à y participer pour montrer que c’est facile, il n’y a pas besoin de savoir cuisiner. Ca reste convivial.

Au-delà du blog et Restaurant Day, est ce que tu souhaites en faire un métier ?

Si, quand j’étais petite, je jouais déjà au restaurant…On avait fait des menus, notre café et ça trotte dans la tête depuis des années, mixer un café avec de la nourriture. Mais ce n’est pas facile en France et en ce moment en plus. Et puis ma mère a un petit commerce et je sais ce que c’est. Ca veut dire que pendant 5/10 ans, tu es menottée à ça, tu ne pars pas en vacances, tu n’as pas de vie sociale. Financièrement, il faut pouvoir s’installer. Il y a beaucoup de choses très sympas qui ouvrent et qui ferment très très vite sur Paris. Paris c’est très cher, la banlieue c’est trop loin, c’est très compliqué. Ca trotte et ça trottera quelques années, mais un jour ça se fera. Où ? On verra, mais oui ce serait chouette !

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On voit apparaître de plus en plus de food trucks, ça pourrait être un bon entre deux ?

J’ai pas le permis ! Un vélifood peut être ? C’est pareil, pas pour l’instant. Le fait d’avoir passé un an en Estonie ça m’a montré que je ne voulais pas être coincée à un lieu en particulier. Ca viendra, c’est une idée qui trotte et qui a besoin de mûrir. On a trop d’idées, c’est très compliqué, une fois on se dit « Plus une ambiance café-salon » ou alors plus bistrot, et après c’est « un magasin de laine mais avec un espace café »  et on finit avec « une tente qui irait d’endroit en endroit » donc ça a besoin un peu de cadre et de maturation cette histoire ! On trouvera la bonne idée au bon moment.

Tu es assez présente sur Twitter, et sur Facebook ?

J’ai juste ma page personnelle sur Facebook, je n’ai pas de groupe. J’aime bien la réactivité de Twitter par rapport à Facebook. Sur Facebook, tu lis ta timeline et c’est bon, tu as fini pour la journée. Alors que sur Twitter tu passes, tu trouves un truc, qui t’amènes à un autre truc, un truc qui passe, tu n’en a jamais entendu parler, ça met en lien des gens, des choses, auxquelles tu n’aurais pas du tout penser et oui, c’est vraiment la réactivité, c’est plus direct et plus vivant que les autres réseaux sociaux ou même que le blog qui est finalement assez statique. Une fois que tu as mis un post, même si tu as des réactions ou des échanges, finalement, une fois que c’est fait, c’est fait. Alors que Twitter permet des échanges un peu plus suivis.

Quel est l’avenir de ton blog ?

Continuer avec les recettes et peut être des choses un peu plus poussées sur la culture alimentaire nordique ou les alternatives nordiques, comme Restaurant Day ou la culture du café. L’été dernier, j’avais décidé de faire le tour des torréfacteurs de Finlande…ce serait des photos que j’ai prises.. Lorsque je poste quelque chose sur le blog, je met la recette, 3 photos que je ne retravaille pas et hop c’est posté, et il ne faut pas que ça me prenne plus de temps que ça. J’aimerais bien faire en tout cas des choses un peu plus poussées et suivies. Quelque chose sur l’histoire de la cuisine en Finlande, des choses qui ne sont pas traitées du tout, et nulle part ! C’est une manière aussi de continuer mes recherches, et de manière plus légère. Pourquoi pas reprendre des études pour un master en culture de l’alimentation ? C’est agréable d’avoir les deux : des articles un peu plus légers et des articles de fond, avec plus de contenu que « Mettre 3 œufs ». C’est comme les posts à propos de la cannelle et du scandale qui a éclaté autour en début d’année. Pour les rédiger, j’ai passé des heures sur le site de l’Union Européenne, et je me suis aussi beaucoup amusée !

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Quelle est la différence entre la cuisine finlandaise et les autres cuisines nordiques ?

C’est un peu la même quand même : la cannelle, le gâteau avec le café, mais la différence c’est peut-être le pain. Il me semble que ce n’est pas tout à fait le même pain. Le pain de seigle, j’ai l’impression qu’ils l’utilisent beaucoup plus en Finlande et que ce sont des cuisines un peu plus campagnardes. Après les bases, poisson, patate, airelles et viande en ragoût, ce sont toutes les mêmes dans le Nord et je pense qu’on peut même aller taper jusqu’en Islande, les îles Féroé, même en Russie. Comme en France, où on a les régions « huile » et les régions « beurre », en Finlande, c’est pareil, et même dans les noms des aliments et des choses, entre l’Est et l’Ouest, c’est pas tout à fait pareil. Aussi entre les régions de lacs, les régions de mer, sinon la base c’est à peu près la même.

Tu me confirmes que c’est une cuisine proche de la nature ?

Ah oui. Simple et en même temps très goûteux. Ils utilisent les épices à peu près partout, de l’aneth absolument partout. Ca vient aussi de la culture finlandaise, ils n’ont pas la culture du restaurant, il y a peu de restaurants en dehors de Helsinki, et souvent ce sont des buffets. Cela va être des choses simples, des pirogues caréliennes, des ragoûts, du poisson, des pommes de terre.. après plein de choses qui peuvent se conserver : les harengs marinés, les poissons fumés, les confitures, c’est simple, mais parce que c’est bon ! Tu n’as pas besoin de rajouter grand chose quand tu as un bon poisson, tu n’as pas besoin de le noyer avec plein de choses…Tu viens de le pêcher, tu le met sur le barbecue et c’est bon !

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Philosophie de voyage ? Plutôt baroudeur, backpacker, roadtripeur, marcheur, explorateur… ?

Je suis plutôt baladeuse, j’aime bien me poser dans des endroits. Souvent je vais prendre des cafés quelque part. J’aime bien vivre la vie des gens où je suis. Par exemple, quand j’étais en Erasmus à Barcelone, on s’est dit « Tiens, on va aller faire la cueillette des olives dans telle région » et on est partis 2 semaines. J’aime bien faire des trucs quelque part. J’aime bien prendre le temps de me faire des habitudes.

Ton premier souvenir de voyage en France ?

Dans ma famille, on a une maison dans les Pyrénées Orientales. Donc quand je vais en France, je vais dans mon « autre maison ». Le premier voyage en France, ça doit être ça, le départ en train autocouchette avec mes grands parents pour aller voir la maison. Ce serait ça, le sud !

A l’étranger ?

A part la Finlande, ce serait l’Estonie qui m’a marqué le plus en premier, on y a été lorsque j’étais toute petite, on y a voyagé en bateau avec mes parents.

Le pays qui t’a le plus marqué et que tu conseillerais ?

L’Estonie. Je pense vraiment que c’est une expérience. Tallinn et Tartu aussi qui est super sympa.

Celui qui t’as le plus déçu ?

Je n’ai jamais été vraiment déçue. Peut être la Hongrie, mais c’est de ma faute, je n’y ai pas passé assez de temps. J’étais déçue mais parce que je n’ai rien vu, j’ai été faire le Sziget Festival à Budapest, donc j’ai passé une après midi à Budapest, donc j’ai été un peu déçue, il faisait chaud et il y avait du monde.

Quelles sont les choses dont tu ne te sépares pas quand tu pars ?

Un carnet et un crayon pour des trucs à noter : des endroits que je veux voir, des bouquins à acheter et mes aiguilles à tricoter, sauf dans l’avion, parce qu’on n’a pas le droit, c’est pas faute d’avoir essayé, mais rien ne marche…

Quelles sont les choses que tu ramènes toujours lorsque tu reviens ?

Du café en grains, un bouquin et de la laine. Je cherche toujours ça à ramener. La laine quand j’en trouve…. Le café c’est nouveau, nouvelle décision depuis peu. Avec la mode du café, c’est plus facile à trouver. Un bouquin de la langue du pays où je suis, même si je ne comprends rien. J’ai ramené un bouquin en hongrois, la couverture me plaît, c’est souvent des bouquins d’occaz, j’aime bien quand ils sont pliés, qu’ils ont vécu, qu’il y a des petits mots écrits…

Le moment où tu t’es dit « Qu’est ce que je fous là » ?

En Suède, en Laponie suédoise. On est partis avec des camarades de classe du finnois, on a fait une expédition anthropo-linguisitique chez les Sames du Sud. Et il y avait des moments un peu difficiles, sous la pluie, dans la boue, on n’arrivait pas à communiquer et personne d’entre nous ne parlait suédois…On parlait tous finnois, et on est partis en Suède.. Sur place, tout le monde nous disait, mais il n’y a pas de Sames à interviewer…je me suis vraiment dit « mais qu’est ce que je fous là », t’as de la boue dans les chaussures.. On avait un budget plus que limité et on a mangé de la pâte de crevettes pendant un mois…c’était le baptême du terrain.

Où peut-on te suivre ?

Sur mon blog et sur Twitter .

Une dernière chose à ajouter ?

A bientôt  pour Restaurant Day !

 

10 Commentaires
  • Julie - La Boucle Voyageuse
    Posted at 14:23h, 23 janvier Répondre

    Si en voyant le lien twitter je m’attendais à lire une recette finlandaise, je ne suis pas déçue pour autant de connaître Satu avant d’aller fouiner sur son blog. Merci pour ce joli partage!

  • Léon Fuchs
    Posted at 15:43h, 23 janvier Répondre

    Une bien belle interview. J’étais déjà passé sur son blog et j’avais déjà un peu « twitté » avec elle, mais c’est toujours bien d’en savoir plus. Merci à vous.

    Sinon, c’est toujours un plaisir de revoyager à travers les propos de quelqu’un d’autre, d’avoir d’autres expériences.. Ahlala, la Finlande, la Laponie, même l’Estonie, ça me manque.

    En une interview, vous m’avez donné faim et rendu nostalgique, je pense que vous avez fait du bon boulot !

    A bientôt,

    Léon
    http://www.keep-calm-and-have-a-krisprolls.com

  • Tunimaal
    Posted at 18:31h, 23 janvier Répondre

    Tiens je ne connaissais pas Satu et j’avoue qu maintenant elle m’intrigue beaucoup et que j’ai envie d’aller en voir un peu plus sur ses recettes 😀
    Tunimaal Articles récents..Nouvel an à Tokyo et au Japon, tout ce que vous pouvez faire : faire la fête, manger et célébrerMy Profile

  • Laponico
    Posted at 18:50h, 23 janvier Répondre

    Très poétique cette interview ! Ça donne envie de découvrir un peu plus le blog de Satu ! Je vais aller m’y plonger et rêver culinairement ! Envie de partir en Finlande aussi la…

    • retourdumonde
      Posted at 15:23h, 01 février Répondre

      Tu vois Nico que la Finlande te tente finalement ;-). Il y a des bonnes choses à prendre dans chaque pays scandinave !

  • SalutFinlande
    Posted at 00:47h, 24 janvier Répondre

    Article sympa, content d’en savoir un peu plus sur quelqu’un croisé aussi sur Twitter.

    • retourdumonde
      Posted at 15:24h, 01 février Répondre

      C’est exactement la réflexion que je me suis faite après avoir interviewé Satu. Du coup, contente que ça t’ai plu 🙂

  • Lucie
    Posted at 01:12h, 24 janvier Répondre

    Les roulés à la cannelle m’ont carrément fait saliver. Très jolie interview, qui me donne envie de reprendre un billet illico pour la Finlande (et de manger du coup). 😉

    • retourdumonde
      Posted at 15:26h, 01 février Répondre

      Il faut tester la recette de Satu !Bon du coup moi aussi il faut que je le fasse..D’ailleurs bravo pour ton article sur Helsinki!

  • Eugenie
    Posted at 13:20h, 11 février Répondre

    Je n’avais pas parcouru le blog depuis trop longtemps visiblement. Cette interview de Satu est super intéressante ! Il va vraiment falloir que je me lance dans la cuisine nordique !
    Eugenie Articles récents..Le goût du karukanMy Profile

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