L'argentique ne fait pas le bonheur, mais il y contribue - Retour du Monde
Petite revue de notre collection d'appareils photos argentiques, plus quelques conseils et retours d’expériences, des pellicules aux labos de développement.
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L’argentique ne fait pas le bonheur, mais il y contribue

L’argentique ne fait pas le bonheur, mais il y contribue

Tout est parti d’une discussion, et d’un vieux projet d’article. Après quelques échanges sur une discussion dont je peine à me souvenir le sujet, Il m’a été expressément demandé par deux photographes extrêmement talentueuses, que sont Audrey Meffray et Virginie, de vous parler de ma collection d’appareils photos argentiques. Comme le dit le célèbre proverbe : « L’argentique ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. » – vous avez échappé aussi à « L’amour peut beaucoup, l’argentique peut tout. » – voici donc en quelques lignes, et en quelques photos la petite famille qui trône sur l’étagère de notre chez nous parisien, présenté par ordre d’acquisition.

Rolleiflex SL 35

  • Marque : Rolleiflex
  • Modèle : SL 35
  • Pays : Allemagne
  • Année : Inconnue mais entre 1972 et 1976
  • Type : Reflex
  • Format : 24×36
  • Pellicule : 35mm
  • Optique : Rollei-HFT 50mm Planar f/1.8
  • Surnom : Le capricieux

L’histoire commence un jour de…je ne sais plus, mais disons d’automne, alors que je venais de découvrir l’existence de la photographe Vivian Maier, je me mets à naviguer sur eBay, les yeux dans le vide, le cœur en train de rêver à l’acquisition d’un Rolleiflex 2.8, ce mythique appareil 6×6. De page en page, les prix deviennent intouchables pour une modeste bourse comme la mienne. Et au milieu de cet océan d’objets cultes, ne voilà t-il pas que je tombe sur un boitier affiché à une vingtaine d’euros.

Bon c’est un réflex, pas du tout un 6×6, mais moi qui voulais me remettre un pied dans l’argentique et qui aime les modèles un peu hors du commun, oubliés ou rares, je me dis « Et pourquoi pas ? ». Je me met à retourner internet, les forums, Flickr, je vais jusqu’en page 4 de Google, c’est dire si je mène une investigation à faire pâlir Sherlock Holmes. Hormis une longue et redondante guéguerre entre puristes – Rolleiflex a fabriqué ses SL35 en Allemagne de l’Ouest jusqu’à en 1972, puis a délocalisé son usine et ses ingénieurs à Singapour. Du coup, certains disent que les boitiers allemands sont meilleurs, d’autres que ça ne change rien, et ça s’étripe comme ça pendant des pages et des pages -, je me décide à sauter dans le grand bain.

Moi l’indécis, je n’ai pas le temps de réfléchir, l’enchère se termine dans quelques heures. Le boitier est nu, sans objectif, du coup je repars mener une seconde enquête, de laquelle je reviens plutôt satisfait. Je ferme les yeux, appuie sur le bouton Enchérir et la chance fait le reste.

Je reçois mon boitier en bon état mais toujours nu. Je pars donc à la quête du St. Graal, et tombe d’accord sur le 50mm de Rollei qui équipait alors le boitier à sa sortie et dont la réputation ne semble plus à faire. Après avoir été pris de haut, pour rester exagérément poli, par les revendeurs du Boulevard Beaumarchais – LA rue de la photo à Paris – je finis par trouver la perle rare sur la toile mondiale de l’internet. Sauf que voilà, après un petit dépoussiérage et une remise à niveau chez mon photographe favori (voir en fin d’article), il s’avère que j’ai du mal à faire la mise au point. Toutes les hypothèses sont émises, l’objectif, le prisme, le miroir, le stigmomètre (le verre de visée),… Mais rien n’y fait.

Après une première pellicule ratée, car mal armée dans l’appareil, et une énorme déception, cela ne m’empêchera pas de le ressortir durant l’hiver 2014/2015, de faire ma première pellicule complète, une Rollei Retro 400s – décidément, encore du Rollei ! -, qui aura beaucoup de ratés de mise au point, mais qui restera marquante pour moi puisque arrivant à un moment où Paris a laissé couler ses premières larmes depuis bien longtemps. Depuis, Le capricieux, a fait quelques nouvelles sorties, en noir et blanc et en couleur pour des résultats parfois très bons mais souvent très, très moyens. Depuis, il prend du bon temps sur l’étagère dans l’attente d’une nouvelle tentative de domptage.

Yashica Mat-124 G

  • Marque : Yashica
  • Modèle : Mat-124 G
  • Pays : Japon
  • Année : 1975
  • Type : TLR (Twin Lenses Reflex)
  • Format : 6×6
  • Pellicule : 120 ou 220
  • Optique : Yashikor 80mm f/3.5
  • Surnom : Yash’

L’un de mes plus anciens souvenirs de photographie argentique, c’est quand je regardais par dessus l’épaule de mon père, pour regarder dans le viseur du Yashica. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi tout semblait inversé. Un mystère pour un gamin comme moi. Quand j’ai recommencé à photographier à l’argentique, je voyais le Yashica prendre la poussière sur une étagère dans le salon de mes parents.

Sans trop de difficulté, j’ai convaincu mon père de lui emprunter pour une durée indéterminée. Bon, ce qu’il ne sait pas – encore – c’est que je risque bien de le garder à vie.

Mon père a acheté ce 6×6 au photographe en bas de chez mes parents – encore lui – il y a plusieurs dizaines d’années. Lui-même avait racheté un lot à un groupe de presse régionale qui en équipait alors ses journalistes de terrain. Ce Yashica a donc vu du terrain et n’est pas de première jeunesse. Grâce à des fondus sur internet, et un savant calcul mathématique, je peux savoir grâce au numéro de série que Yash’ ne fait pas ses 42 ans et des poussières.

Le 6×6, c’est un autre monde, une autre manière de photographier, plus posée, déjà il faut apprivoiser la visée inversée, ce n’est pas non plus toujours simple d’ajuster un horizon bien droit, mais quel plaisir à l’arrivée de découvrir les infinis détails, la profondeur qui se dégage de ses négatifs. Mes premiers rouleaux ont été shootés durant notre road-trip en Ecosse, j’avais d’ailleurs fait un papier dessus. Il a son petit caractère avec son déclencheur capricieux, mais une fois domptée, la bête s’utilise avec un plaisir non dissimulé.

La cellule est précise, la visée aussi – bien qu’un changement du verre de visée un peu fatigué ne serait pas un luxe – bref c’est un bonheur. On pourrait juste lui reprocher une sensibilité qui ne dépasse pas les 400 asa, et une surabondance de plastique, mais bon, il fait très bien le travail et c’est un bon joujou pour qui veut démarrer ce format.

Yashica Minister-D

  • Marque : Yashica
  • Modèle : Minister-D
  • Pays : Japon
  • Année : 196x
  • Type : Rangefinder (Télémétrique)
  • Format : 24×36
  • Pellicule : 35mm
  • Optique : Yashinon 45mm f/2.8
  • Surnom : Baby Yash’

Forcément après le reflex et le 6×6, il ne me manquait qu’un type de boîtier : le télémétrique. Pour la faire courte et la faire simple, c’est le fonctionnement des Leica. La visée est différente, pas en direct, et pour faire le point, on doit faire superposer un patch – souvent de couleur jaune ou bleu – et faire en sorte que les formes coïncident. Bon j’explique ça super mal mais c’est mieux détaillé dans cet article.

Je suis donc parti en quête d’un télémétrique, j’avais en visée les très bon Minolta Hi-Matic 7, ou le très connu Canonet QL-17 GIII de Canon mais qui devient intouchable à un prix décent. Et puis le hasard d’une navigation ebayienne m’a amené sur ce petit Yashica, qui a très bonne presse. Bon état, clean, sans pétouilles, je n’ai eu qu’à changer les mousses d’étanchéité lumineuse et en plus on m’a nettoyé le patch.

Le télémétrique, c’est le bonheur pour la street-photography, car comme ce genre de boitier est dépourvu de miroir, le déclenchement est souple et d’une discrétion rare. Comme beaucoup de télémétriques de ce genre, l’objectif n’est pas interchangeable, et se trouve être « couplé ». C’est à dire que vous ne réglez pas indépendamment l’ouverture et la vitesse.

Pour avoir le bon couple, il faut appuyer sur un petit bouton à l’arrière de l’appareil, regarder le chiffre que donne l’aiguille sur le capot, et reporter la valeur en tournant l’objectif. Ces couples vont de 2 (Pose Bulb à f/2.8) à 17 (1/500 à f/16), c’est vraiment un pli à prendre, sachant qu’en plus, il n’y a pas de rappel dans le viseur.

Ah oui, on a vite fait de faire des boulettes aussi, puisque vous pouvez très bien faire votre mise au point et vos réglages, déclencher et vous rendre compte après que vous avez laissé le bouchon sur l’objectif. Comme l’objectif n’est pas en lien avec le viseur, l’accident peut très vite arriver. Petit caprice de ce Minister-D, Ne surtout pas tenter de faire une 37e photo sur une pellicule de 36, sous peine de voir le levier d’armement se bloquer pour ne plus revenir. Ça m’est arrivé deux ou trois fois. J’ai été bon pour planquer l’appareil dans un placard de vêtements, caché sous des piles de pulls, ouvrir le boîtier, dégager la pellicule pour pouvoir la rembobiner. Autant vous le dire, c’est un peu chiant quand ça arrive.

Nikon F Photomic FTn

  • Marque : Nikon (Nippon Nokagu)
  • Modèle : F avec cellule Photomic FTn
  • Pays : Japon
  • Année : Entre décembre 1965 et mars 1966
  • Type : Reflex
  • Format : 24×36
  • Pellicule : 35mm
  • Optique : Nikkor-H Auto 50mm f/2
  • Surnom : Fernand

Aaaaaaaaah mon Fernand, une grande histoire. Autant vous l’avouer de suite, j’aime les histoires, j’aime les vieux trucs, j’aime les objets marquants, sans doute la réminiscence des cours d’histoire de l’art et du design. Bref, après avoir mis le doigt dans l’engrenage de la photographie argentique, petit à petit, dans ma tête s’est créée ce qu’on appelle en collection, une wanted list. Une liste des objets, des pièces que l’on désire et que l’on recherche le plus. Le Nikon F était on top.

Le Nikon F, c’est un boitier mythique, un boîtier de légende. Utilisé par la Nasa lors des missions Apollo (il existe des versions Apollo, intouchables en terme de prix), boîtier de prédilection de LA grande époque du photojournalisme, notamment au Vietnam, le Nikon F reste le boîtier produit le plus longtemps. Un monstre d’efficacité, de génie, de technologie, une bête qui fait son poids mais quelle bête ! Très prisée des stars, de Muhammad Ali à Sean Connery, ce boîtier est une légende.

Par chance, je l’ai trouvé à un prix très correct sur leboncoin. Une version ancienne puisque ayant été produit entre fin 65 et début 66, portant encore l’ancien logo de Nikon (là, c’est le graphiste qui parle). N’étant pas un pro de la photo, il me fallait obligatoirement une cellule, et celui ci était monté avec la version FTn, la plus efficace. Autant dire que j’étais comme un môme.

Robuste, lourd, magnifiquement dessiné, je n’échangerais Fernand pour rien au monde. La cellule ne m’a jamais fait défaut, le déclenchement est certes un peu brutal, mais quel plaisir.

Première sortie dans Paris, pour un rouleau de noir & blanc en street-photography, j’ai été bluffé par le piqué des optiques Nikkor dont la réputation n’est plus à faire. Point important, contrairement à Canon et à d’autres marques, la monture n’a jamais changé depuis 1959. Il est donc tout à fait possible de monter des optiques modernes dessus ou inversement.

Minolta SRT-101

  • Marque : Minolta
  • Modèle : SRT-101
  • Pays : Japon
  • Année : Probablement 1972 (1970-1973)
  • Type : Reflex
  • Format : 24×36
  • Pellicule : 35mm
  • Optique : Minolta MC W.ROKKOR-SI 28mm f/2.5
  • Surnom : L’importé

Après plusieurs déconvenues avec des petits compacts numériques, Cécile a décidé de récupérer le Minolta qui était jusqu’alors propriété de son père. Ce dernier l’avait acheté lors d’un voyage au Japon en 1972, on peut donc penser qu’il date de cette année-là.

Le SRT-101 est un boitier mythique, classique, souvent utilisé par les débutants mais pas que puisque des grands noms comme Annie Leibovitz, Lucien Clergue ou William Eugene Smith en feront leur boîtier de prédilection.

Je ne l’ai piqué qu’une seule fois à Cécile pour faire un rouleau de Kodak Portra 160 et je dois dire que l’utilisation est très, très agréable. La visée est claire, le rappel des vitesses dans le viseur est un plus et les objectifs Rokkor de Minolta ont une excellente réputation qui est méritée.

Cécile trouvait le format du 50mm de base trop limité, je me suis donc mis en quête de lui trouver un 28mm que j’ai fini par lui dénicher. Seul petit souci, le 28mm, en tout les cas cette version, alourdit beaucoup le boîtier et possède une particularité pour le moins originale. En effet son coating, c’est à dire son traitement anti-reflet, est fait à base de…Thorium, un élément radioactif. Bon la dose de radioactivité est mineure et inoffensive pour la santé, mais il donne un voile légèrement jaune qui modifie le rendu des couleurs. Je sais qu’il est possible d’enlever ce voile, en exposant de manière répétée l’objectif au soleil, les UV dégradant la couche de thorium.

Mais vu que c’est son boitier, je lui laisse la parole :

Soyons clairs : si je me suis mise à l’argentique, c’est uniquement pour copier William. Soyons honnêtes : c’est à moitié vrai. Pendant toute mon enfance, adolescence, pendant les colos, les vacances en famille, j’ai toujours demandé à mes parents des jetables. Et puis, j’avais eu en cadeau d’anniversaire un petit Canon, que je baladais partout. Et puis sont venues les soirées, où j’abusais du flash, mais je ne reviendrai pas sur cette hérésie et les yeux rouges. Ensuite, forcément, le numérique est arrivé, le petit appareil est resté relégué dans mon tiroir, jusqu’à aujourd’hui, où je suis incapable de le jeter.

Quand William s’est mis à l’argentique, j’avais le souvenir que mon père en avait un, qu’il était relié à une histoire, à un voyage. J’ai tout voulu ressortir : l’appareil, l’histoire du voyage, les photos. C’est donc comme ça que « l’importé » est revenu dans ma vie, après avoir photographié des voyages, et nos enfances, à moi et mon frère. Du coup, je m’amuse, je shoote des pellicules assez classiques, des fois des 200 asa shootées à 400, ou l’inverse. Depuis que William m’a offert le 28mm, j’en suis tombée amoureuse, j’adore sa teinte jaune qui adoucit les couleurs ou donne des fois des trucs très bizarres. Pour le moment, je ne cherche pas d’autre boîtier, celui-là est trop précieux, trop chargé d’histoire trop personnelle, pour que je le laisse sur l’étagère.

Canon 7

  • Marque : Canon
  • Modèle : 7
  • Pays : Japon
  • Année : Inconnue (entre 1961 et 1965)
  • Type : Rangefinder (Télémétrique)
  • Format : 24×36
  • Pellicule : 35mm
  • Optique : Voigtländer Color-Skopar 35mm MC f/2.5
  • Surnom : 007

Celui-ci est resté longtemps griffonné sur ma wanted list. Pendant longtemps je me suis renseigné sur son compte, j’ai appris à connaitre chacune de ses qualités et chacun de ses défauts, avant même de l’avoir entre mes mains. J’ai passé du temps à décortiquer chacune des annonces postées sur le web jusqu’à finalement en trouver un dans une condition décente et acceptable pour un joujou de plus de 50 ans.

Le gros défaut du Canon 7 c’est son rideau. Un rideau en titane et non en tissu qui a l’immense défaut d’être d’une fragilité légendaire, le moindre coup d’ongle fait une marque, le moindre choc le déchire. Et là, c’est la tuile, le drame, la cata, car c’est tout simplement impossible à réparer. Même un McGyver de la photographie n’y arriverait pas. Par contre son atout principal c’est sa monture. Une monture LTM pour Leica Thread Mount, la crème de la crème, acceptant n’importe lequel des cailloux préalablement conçus pour être montés sur des boitiers Leica.

Si les optiques de base sortis à l’époque par Canon ont une réputation qui n’est plus à faire (du 50 mm f/1.4 surnommé le Japanese Summilux en référence à l’optique légendaire de Leica au 50 mm à l’ouverture éléphantesque de f/0.95, graal parmi les graals, aussi mythique que son poids est faramineux), le champ des possibles d’une monture pareille devient alors plus qu’élargi.

Malheureusement qui dit Leica, sous-entend que vous risquez de vous fâcher avec votre banquier adoré. Fort heureusement pour qui sait faire preuve de patience il existe de très bons optiques à des prix assez doux. J’aurais donc mis presque un an avant de pouvoir trouver ma pantoufle de vair. A moi le psychopathe du vintage, j’avais du mal à assumer de monter une optique moderne sur un boitier ancien, et puis comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis (ne trouvant surtout pas de quoi me contenter en 35mm à des prix corrects…), j’ai revu sérieusement mon jugement jusqu’à tomber sur cette magnifique optique allemande qu’est le Voigtländer Color-Skopar 35mm MC f/2.5. Un bijou argenté, d’une précision et d’un confort d’utilisation comparable aux sièges de cuir et d’alcantara d’une bonne vieille Mercedes.

Les deux montés ensemble et la photographie devient un plaisir qui ne se comprend qu’une fois qu’on le prend en mains. Léger (dans la mesure du raisonnable pour du – presque – tout métal, facile, agréable, silencieux, doux. Seul point faible ? Exactement le même que pour le Yashica Minister-D cité plus haut, la lecture des valeurs de la cellule située sur le dessus du boitier. Mais le design des télémétriques de Canon, que ce soit le P, le V, le 7sz, en font un objet rare et agréable qui fera baver vos amis détenteurs d’un bon vieux Leica M2.

Voici donc en quelques mots, car je pourrais en parler pendant des heures, la petite collection qui traîne à la maison. Fort heureusement, l’amour de la photo et des images ne les laisse pas longtemps sur l’étagère puisque chaque boîtier a vu du pays. Parfois nous avons 4 boîtiers à nous deux, comme le prouve la photo ci-dessous.

Mais comme je le disais plus haut, malheureusement la collection est une maladie, et la liste des boîtiers présents sur cette fameuse wanted list ne cesse de s’agrandir.

Si je devais encore citer quelques boitiers qui sont dans cette fameuse liste, en vrac je citerais : Leica CL (petit télémétrique crée en partenariat avec Minolta), un Pentax 6×7, un Mamiya 645 1000s, un Minolta Autocord, un Leica M5 (le mouton noir de la famille),…

On m’a aussi demandé de parler des pellicules, je n’aurais pas la prétention de faire un article aussi complet que La Fille Renne, surtout qu’il m’en reste plein à tester, mais je peux donner quelques exemples de mes rouleaux favoris.

Les pellicules

Il n’est pas toujours facile d’avoir une idée de l’aspect final d’une pellicule. Gardez bien en tête que vous pourrez faire trois fois la même pellicule et la donner à trois labos de développement différents, ou la faire développer vous-même, vous aurez à chaque fois des résultats différents.

Mais ce que je conseille pour se faire un aperçu rapide, c’est de faire un saut sur Flickr et de taper dans la barre de recherche le nom d’une pellicule – par exemple Fuji Pro 400h – de filtrer par groupe et commencer à fouiller les résultats de gens ayant photographié avec cette dernière.

Noir & Blanc

  • Rollei Retro 400s (35mm / 120)
  • Kodak Tri-X (35mm)
  • Fuji Neopan Acros 100 (35mm)
  • Kodak T-Max 400 (120)

Couleur

  • Kodak Ektar 100 (35mm /120)
  • Fuji Pro 400H (120)
  • Kodak Color Plus 200 (35mm)
  • Kodak Gold 200 (35mm)
  • Kodak Portra 160 & 400 (35mm / 120)

Les labos

Je n’ai pas la prétention d’avoir testé tous les labos de Paris, mais je suis un éternel insatisfait, on ne se refait pas. Du coup les mentions ci-dessous ne sont basées que sur mon humble avis et mon expérience personnelle, je suis sur que chacun y trouvera son bonheur.

Négatif+

Négatif+ est une institution reconnue depuis des années, mais victime de son succès, les aficionados ont eu tendance à délaisser ce labo. Le personnel y est cyclothymique, il n’est pas rare d’y faire la queue – notamment en période de retour de vacances – et j’ai eu quelques surprises avec des contrastes diablement différents d’une photo à l’autre, néanmoins il reste l’un des labos les moins chers avec un rapport qualité-prix indéniable.

100, 106, 108 rue Lafayette – Paris 10e

Site internet | Facebook

Nation Photo

Je ne peux pas le nier, cela reste ma pire expérience de labo de développement. J’ai déposé plusieurs pellicules, de formats, de types différents. J’ai reçu des scans et des négatifs sales, poussiéreux, tachés, rayés et mal développés. J’ai eu beau y retourner et tenté d’avoir une explication, mais pour eux, tout était de ma faute, bien que bizarrement, ça ne me soit jamais arrivé de nouveau. Le seul avantage ? Il possède un bon stock de pellicules à des prix intéressants.

39, rue des Lombards – Paris 1er

Site internet | Facebook

Processus

Dans mon interminable quête d’un bon labo photo, en traînant sur des forums, j’ai vu le nom de Processus apparaître et revenir de temps à autre. J’ai donc décidé d’y déposer quelques rouleaux. Ce qu’il faut savoir c’est qu’il s’agit d’un labo qui travaille beaucoup pour la publicité – entres autres -, le travail est donc de qualité mais relativement coûteux. A privilégier donc, pour des tirages d’expositions et des photos d’art.

163, rue de la Roquette – Paris 11e

Site internet | Facebook

PCP

C’est actuellement le labo que j’utilise, bon il a le net avantage de se trouver pas très loin de chez moi et en plus d’être sur le trajet du boulot (Coucou, c’est moi le premier client qui patiente devant la porte à l’ouverture !). En plus de ça, le rapport qualité-prix est là, je n’ai jamais eu de soucis, les patrons sont sympas et conciliants. A noter que les patrons possèdent la galerie située juste en face et qui s’appelle le 247.

256, rue Marcadet – Paris 18e

Site internet | Facebook

Réparations

J’en parlais en début d’article, j’ai la chance d’avoir grandi juste au-dessus d’un magasin de photo et forcément, comme il était tout proche c’est là que se rendait mon père quand il avait à réparer ou chouchouter ses boîtiers. Du coup, quand j’ai moi aussi remis le pied dedans, c’est tout naturellement chez eux que j’ai été.

Formosaflash – Formosa, pour les intimes – est une vieille institution tenue par des passionnés, ce sont presque des antiquaires, des artisans, des horlogers. Vous pouvez traîner sur les sites et les forums d’argentique comme 35mm compact par exemple et vous vous rendrez vite compte que tous sont unanimes. Si vous avez besoin de donner une seconde jeunesse à votre boîtier ou de simplement changer les joints d’étanchéité de lumière, c’est une adresse à noter. Par contre, passez votre chemin pour les pellicules, les prix sont bien au-dessus de la moyenne.

Formosaflash
65, rue de la Grange aux Belles – Paris 10e
Site internet

Le stockage

Parlons un peu stockage, car une fois que vous aurez déroulé un paquet de pellicule, les négatifs eux s’amoncèleront. Au début, vous trouverez une solution de secours, vous les rangerez dans une boîte à chaussure, puis la boite à chaussure deviendra trop petite et vous serez en recherche d’une solution alternative.

Sachez tout d’abord, même si ça parait être une évidence, qu’il faut impérativement stocker et protéger vos négatifs de la lumière et de la chaleur. Le mieux, ce sont les classeurs.

Il en existe plein, peu ont de différence, la marque la plus connue reste les Panodia Classeur XF. Après l’achat du classeur vient le choix des feuillets. Il en existe de matières différentes, plastiques, papier cristal et j’en passe. Ne vous posez pas trop la question, oubliez le plastique, car avec le temps il devient collant et a vite fait d’adhérer à vos négatifs et de les déchirer.

Le papier cristal reste la meilleure des solutions et sans doute ce qui vieillit le mieux. Vendus par paquet de 25 (ou plus), il en existe pour les pellicules au format 35mm et 120.

Généralement, votre labo vous découpera vos négatifs toutes les 5 ou 6 photos, ce qui correspond à la largeur d’un feuillet.

Personnellement je les prends aussi chez Panodia et les références sont les suivantes : Panodia feuillets Cristal perforés XTAL 120 et Panodia feuillets Cristal perforés XTAL 135.

Ah oui et point non négligeable surtout au vu du prix – environ 5€ – achetez-vous une paire de gants blanc en coton pour manipuler vos négatifs. Ça évitera à ces derniers de se retrouver avec tout un échantillon d’empreintes digitales.

Conclusion

Bien sûr, au fur et à mesure que la collection évoluera, je pense que cet article sera complété, remanié, ajusté, mais comme vous pouvez le voir, cette discipline me passionne, me transporte et a totalement changé ma manière d’appréhender, voir même d’apprécier la photographie. J’ai appris à regarder la lumière différemment, à la regarder avant même de regarder ce que je vais placer dans mon cadre. J’ai appris aussi à me surpasser, à briser les barrières de la timidité, d’oser en street-photography. J’ai aussi appris à demander avant de faire une photo pour ne pas gêner le sujet, bref j’ai beaucoup appris.

Je pourrais bien sûr vous parler, de l’indescriptible et insoutenable attente de voir le résultat une fois les pellicules terminées, rangées, étiquetées, mais ça je l’ai déjà évoqué dans les articles de ce blog ayant attrait à cette discipline.

N’hésitez pas à partager vos envies, vos coups de cœur, vos questions, vos boîtiers.


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