No Grandi Navi - Non aux grands navires à Venise
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No Grandi Navi – La lagune de Venise en sursis

No Grandi Navi – La lagune de Venise en sursis

No Grandi Navi ! Non aux grands navires ! C’était le slogan des drapeaux que nous voyions aux fenêtres des vénitiens, en ce début du mois de juin, pendant ces 3 jours de manifestations en mer et sur terre, contre le passage des grands navires dans la lagune de Venise. C’est aussi le nom de l’association « No Grandi Navi » dirigée par un ancien journaliste retraité, Silvio Testa.

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Essayer de comprendre cette affaire assez brûlante n’est pas chose facile. Il faut prendre en compte plusieurs aspects : l’aspect esthétique, d’abord. Vous l’avez vu sur de nombreuses photos et vidéos, voir passer un énorme bateau de croisière est vraiment impressionnant  et surtout, disons-le franchement, vraiment laid ! Alors qu’on visite une Venise pleine de petites rues, complètement ouverte sur la lagune, qui amène une fraîcheur et une douce brise, on tombe sur un paquebot géant sur le front de mer. Je ne pense pas me tromper si je vous dit qu’il n’a pas sa place ici…

On se fait ensuite vite la réflexion que cela pourrait être dangereux. Une mauvaise manœuvre et on pourrait bien voir un jour un bateau de croisière, comme le Costa Concordia, couché sur le côté devant la place St Marc. Un accident s’est d’ailleurs produit en 2004 : l’ensablement d’un bateau allemand un soir de brume, mais qui nous dit que cela ne sera pas plus grave un jour ? Cet accident prouve donc bien que le risque zéro n’existe pas.

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Et pourtant, un argument semble imparable, encore plus en temps de crise. Encore et toujours, l’argument économique. Car le passage de ces ferrys permet à la municipalité de Venise d’engranger des fonds supplémentaires et conforte les emplois, avec près de 4 000 à 5 000 emplois directs dédiés au marché des croisières dans la Sérénissime. La ville allant même jusqu’à mettre en place des surveillants sur la place Saint Marc, avec des polos arborant le logo de Costa Croisières.

Oui mais…l’argument de la préservation des fonds marins, (et du patrimoine aussi !) me paraît contrecarrer à lui seul, le seul et unique fait de gagner de l’argent. Mécaniquement, le passage des bateaux de croisières accélère l’entrée de l’eau salée dans la lagune, déjà largement invitée depuis l’ouverture du canal de Malamocco, construit en 1960. Pour draguer ce canal, il a ainsi fallu détruire la plupart de la végétation sous-marine.

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L’eau de mer abîme donc les fonds marins et les pilotis, donc les fondations. On a ici un double problème : la destruction, petit à petit, de la flore sous-marine et du patrimoine historique. On a pu observer également l’augmentation de la fréquence des marées exceptionnelles, les fameuses « acqua alta« , qui deviennent également de plus en plus fortes.
Et pourtant, le projet Moïse (ou MOSE), lancé en 2003, vise a ralentir l’entrée de l’eau de mer dans la lagune par la construction de trois barrières mobiles aux niveaux des passes du Lido, du Malamocco et de Chiogga. Ce projet titanesque, extrêmement cher et long (il devrait se terminer normalement en 2014), semble être davantage une « réparation » des erreurs faites par le passé qu’une mesure de prévention. Et on se pose la question : Pourquoi mettre en place des barrières pour casser les marées, et continuer de laisser passer des bateaux, qui par leur taille, vont au final, annuler leur effet ?

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Vous l’aurez compris par le ton de cet article, il est révoltant de voir passer des navires de cette taille au milieu de cette ville qui semble si fragile, avec ses campaniles qui penchent un peu plus chaque jour. N’oublions pas que le changement climatique et la montée des eaux qui en découle aura également une incidence sur l’avenir de la lagune.  On ne peut pour l’instant pas mesurer (aucune étude n’a d’ailleurs été faite) l’impact environnemental et géologique de ce passage des grands navires et de l’acqua alta, toujours plus fréquentes. Une chose est sûre : l’histoire de Venise n’aurait pu se faire autrement que grâce aux bateaux, leur présence étant omniprésente. A eux maintenant de sauvegarder cette histoire en posant de nouvelles limites.


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