LuzitaNorte – Road Trip dans le nord du Portugal – Bilan
Bilan de dix jours dans le Nord du Portugal, entre Porto, en passant par les parcs de Peneda-Geres et Montesinho, pour finir dans la vallée du Douro
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LuzitaNorte – Road Trip dans le nord du Portugal – Bilan

LuzitaNorte – Road Trip dans le nord du Portugal – Bilan

L’avantage quand on ne sait pas à quoi s’attendre, c’est qu’on peut difficilement être déçu. Du Portugal j’en avais que de vagues souvenirs, comme seul un gamin de 5 ans peut en avoir : La chaleur, les petits vieux, les Sugus, les pastèques et une canicule accablante. C’est tout. Pour une fois on pensait fuir la pluie, le froid et l’humidité de nos voyages de Novembre pour chercher un peu de douceur printanière. A croire que les habitudes ont la vie dure, c’est en grande partie sous un ciel gris que nous découvrirons sur 1 510 km, cette partie oubliée du Portugal, qui permet à elle seule la compréhension du pays tout entier.

RdM---Featured_Port_BilanA peine embarqués dans l’avion, à peine arrivés à Porto, je retrouve le portugais cliché de mon enfance. Les tempes grisonnantes et le mètre 60 à peine égalé. Le Portugal me plaît car c’est un des rares pays où, pour une fois, je me sens grand. Néanmoins le plus important de cette panoplie reste la chemise à carreaux, d’une palette de couleurs variées allant du rouge au bleu, rentrée dans le falzar et pour compléter l’ensemble des mains grosses comme des battoirs habitués aux travaux manuels depuis des générations. La terre et son travail coulent dans le sang et forgent les physiques.

RdM_POR_Luzitanorte_bilan_1RdM_POR_Luzitanorte_bilan_2Pourtant les choses avaient plutôt mal commencé, Porto que j’attendais clairement de pied ferme, avait décidé de nous offrir son plus mauvais visage, bondé, pluvieux, venteux presque tempétueux. Un mauvais départ, un mélange de choses qui s’accorderont mal et qui me laissera un léger goût d’amertume au fond du palais, mais on y reviendra plus tard.

Il n’aura donc pas fallu nous pousser beaucoup pour que l’envie de prendre la route vers les montagnes se fasse sentir. Porto nous avait vacciné des villes, on les aura fuies pour la plupart, faisant exception de quelques unes placées au milieu de notre route.

RdM_POR_Luzitanorte_bilan_3RdM_POR_Luzitanorte_bilan_4RdM_POR_Luzitanorte_bilan_5Mais naïvement, je ne pensais pas que le Portugal nous offrirait des paysages comme ceux que nous avons croisés. Tant de montagnes, de routes en lacets, de virages serrés débouchant sur des plateaux granitiques qui plus d’une fois ne manqueront pas de nous rappeler la côte de Peggy’s Cove en Nouvelle-Écosse.

RdM_POR_Luzitanorte_bilan_8RdM_POR_Luzitanorte_bilan_9Parlons impressions maintenant. Difficile de résumer ces régions que sont le Minho et le Tras-o-Montès, véritable grenier du Portugal, ode à la ruralité. Si j’osais le cliché, je dirais simplement qu’ici le temps s’est arrêté il y a plusieurs décennies, voire même pas loin d’un siècle. Comparer la France rurale et le nord du Portugal reviendrait à être anachronique. Oubliés les tracteurs modernes avec GPS, oubliées les machines agricoles sophistiquées, ici tout se pratique à la main. Ces mains qui façonnent la terre, cette terre qui façonne les hommes. Les trais burinés, les peaux noircies par le soleil. Les champs sont partagés, les fours à bois sont communaux tout comme la forge et le cheval.

RdM_POR_Luzitanorte_bilan_6RdM_POR_Luzitanorte_bilan_13Traverser un village en fin de journée, quand les hommes, les femmes et les bêtes rentrent des champs, la faux à la main, la bêche sur une épaule et le parapluie sur l’autre, se retrouver entourés d’ânes, de vaches du Minho aux longues cornes biscornues, prendre son temps de laisser passer le troupeau. Si il fallait résumer la vie dans le nord du Portugal en une seule image, ce serait celle-ci. On croirait ces hommes et ces femmes tout droit sortis d’un tableau de Millet. Ce n’est pas un cliché, ce n’est pas une mode, c’est la réalité. Les gens de la Terre travaillent ici avec le minimum suffisant, pas de superflus inutiles, simplement ce dont ils ont besoin.

Je pourrais continuer longtemps sur ce sujet, mais je ne peux oublier de parler des paysages, de cette épine dorsale de montagnes qui vient mourir au milieu du pays. Les paysages de l’unique parc national de Peneda-Geres ont sans doute été l’une des plus belles surprises. Ces paysages, secs, durs, époustouflants, où les abris de bergers sont percés à même les rochers de granit. Cette beauté qui mélange un peu de la Méditerranée, de l’Écosse, du Pays Basque, des Baronnies et du Canada. Un bordel de références qu’on aurait aimé pouvoir parcourir plus longuement si la pluie nous avait laissé plus de répit.

RdM_POR_Luzitanorte_bilan_7Il a eu la suite, Rio de Onor avec une rencontre formidable qui mériterait un article à lui tout seul, le passage des Terra Fria – Les Terres Froides – au Tras-o-Montès connu pour sa sèche rudesse, le décevant parc de Montesinho, la surprise de la Serra de Alvão et plein d’autres choses encore. Mais ne tuons pas le suspens.

Comme dit en préambule avant de partir, ce voyage était une bulle nécessaire, il n’y aura pas de carnet de voyage, juste quelques instantanés. J’avais besoin de me sortir de cette routine des voyages où je me sentais parfois obligé, le soir, de coucher sur papier la journée.

RdM_POR_Luzitanorte_bilan_10RdM_POR_Luzitanorte_bilan_11Là, là-bas, je ne voulais pas me forcer, pas me faire violence, j’avais envie de reprendre le plaisir de photographier pour moi et non pour illustrer en avance tel ou tel article. J’avais envie de retrouver le bonheur de buller pendant plus d’une heure, à siroter un très bon café portugais – qui n’a pas grand chose à envier aux cafés italiens – un verre de Sumol à la main, sous un soleil traître, sur les hauteurs du magnifique sanctuaire de Nossa Senhora da Graça.

De petites maisons au Casa Rural, en passant par quelques hôtels, il était bon chaque soir de retrouver un coin chaud où se réchauffer, se sécher, reprendre des forces. Ce qui me donnera l’occasion de pouvoir ressortir la rubrique « Toi, toi, mon toit » du placard.
RdM_POR_Luzitanorte_bilan_14RdM_POR_Luzitanorte_bilan_12

J’aurais encore tellement à dire mais pour terminer ce bilan, je confesse être revenu avec une sorte de blues que je n’arrive toujours pas à analyser, peut-être étais-je à mon tour frapper de ce sentiment unique que l’on appelle ici Saudade, cette fameuse nostalgie indescriptible en français. Sorte de désir intense pour quelque chose ou quelqu’un que l’on a aimé et perdu et qui, peut-être un jour, reviendra. La Saudade se vit, et le nord du Portugal y a sans doute laissé un morceau au fond de mon cœur.

Voyager c’est en grande partie faire travailler ses cinq sens, quoi de mieux que d’essayer de résumer un voyage aux-travers ces derniers. Voilà ce que ça pourrait donner :

On écoute quoi ?

Au choix : La dernière journée du championnat de foot portugais sur Antenna 1. Même si on ne comprend rien, les fameux Gooooooooooooooooooooooooal de plus d’une minute, lancés par un présentateur euphorique reste une petite madeleine de Proust. Attendez vous aussi à voir la ferveur dans les rues, du supporter archi-fan au 5 écharpes et 3 t-shirts en passant par le chien portant un maillot de l’équipe victorieuse de Benfica. Ou sinon, plus classique un petit air d’Amália Rodrigues, la Reine du Fado, toujours là pour chagriner les cœurs et bousculer les sentiments.

On lit quoi ?

La tête perdue de Damasceno Monteiro du plus portugais des écrivains italiens, Antonio Tabucchi. Un polar qui glisse tout seul, où un journaliste lisboète s’en va enquêter à Porto, ville qu’il déteste, et en profite pour en apprendre un peu plus sur le Nord du Portugal qui lui était inconnu.

On regarde quoi ?

Le ballet incessant des hirondelles, qui par plusieurs dizaines, des villes aux villages, insensibles aux hommes, exécutent leur ballet dansant en rase-motte au dessus des rues ou des fontaines.

On sent quoi ?

L’eucalyptus. Avec ses feuilles courbées en forme de piment, il embaume l’air de son parfum, surtout lorsqu’on tombe à la période des écobuages.

On goûte quoi ?

Du Porto évidemment, de préférence du fait maison dans un tout petit village du nom de Murça et à table du poulpe près de la mer ou l’excellentissime jambon du Tras-o-Montès, dont la réputation n’est plus à faire, dans les terres. Ou pour les plus curieux, ce sera de la doce de abobora, succulente confiture de potiron à la cannelle.

LuzitaNorte en chiffres c’est :
  • 1 510 kilomètres
  • 3 feux de bois
  • 6°c (relevé) au plus froid
  • 25°c (relevé) au plus chaud
  • 14 cartes postales
  • 1 paquet de Sugus
  • 8 croissants brioche
  • 4 Bolo de Arroz
  • 1 cigogne
  • 1 renard
  • 1 aigle
  • 1 film 135 Fuji Neopan Acros 100
  • 2 films 135 Kodak Ektar 100
  • 2 films 135 Kodak Gold 200
  • 1 film 135 Kodak Color Plus 200
  • 1 film 120 Fuji Pro 160 Nps
  • 4 appareils photos (Nikon D610, Nikon F, Minolta SRT 101 et Yashica Mat 124-G)

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