Retour du Monde - Bardenas Reales, le Far West au Pays Basque
Lui, est graphiste et passionné de photo. Elle, est tchatcheuse et un peu paresseuse. Ensemble, ils vous font voyager sans bouger de votre canapé
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Bardenas Reales, le Far West au Pays Basque

Bardenas Reales, le Far West au Pays Basque

A quelques kilomètres des collines embrumées, il existe au fin fond du Pays Basque, à la frontière de la Navarre et de l’Aragon, un paysage insoupçonnable et surprenant. Un désert sculpté depuis des millénaires par l’eau et le vent, un paradis pour les curieux en mal de paysage, les Bardenas Reales.

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On a alors quitté l’humidité des montagnes du Pays Quint et de la vallée des Aldudes pour s’enfoncer un peu plus dans le cœur du Pays Basque espagnol, poussé par un désir d’en découvrir toujours plus. Après avoir quitté la brume du col d’Urkiaga, on a repris la route N-135, qui descend doucement des montagnes. On est encore en plein milieu de la campagne, à croiser la route de nombreuses rivières et lac, souvent arrêtées par des barrages, comme par exemple au petit village d’Eugi.

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C’est à peu près à ce moment là qu’une question s’est posée à nous. Est ce qu’on passe par Pampelune ou non ? Encore dans notre bulle, on n’est pas super motivé pour aller chercher l’agitation de la ville, qui se remet à peine de la saison des férias. Plus, on regarde la carte, plus on se rend compte que le Parc des Bardenas Reales n’est pas si loin. On en a souvent entendu parler, ces photos m’ont toujours fait rêver, et qui plus est juste avant de partir, un ami nous a évoqué l’idée : « Vous allez vers Pampelune ? J’espère que vous allez pousser jusqu’aux Bardenas ! ».

Bon il est vrai qu’on n’a pas vraiment réfléchi longtemps, on a avalé nos sandwichs et on a repris la route pour avaler les kilomètres. Lorsqu’on est arrivés sur Valtierra et Arguedas on est passés par une route bordée de forêt sans vraiment se douter que juste derrière se cachait des terres arides.

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Bon autant vous le dire, arrivés vers les Bardenas, on s’est un peu paumés, on a atterri dans le village presque désert d’Arguedas. Et là pas de doute, on se croirait perdus au fin fond du Nouveau-Mexique. Un village à flanc de roche, un restaurant à l’architecture d’haciendas mexicaines, un vent à décorner un buffle, du sable qui traverse la route…bref un vrai paysage de western.

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On a tenté de prendre une route, et on est arrivés au pied de l’Ermita de Nuestra  Senora del Yugo, une église posée sur une colline, érigée après qu’un berger ait vu une apparition et qui domine l’immensité des 42 000 hectares des Bardenas. Au loin, les nuages semblaient annoncer la pluie, alors on a repris la route pour arriver à la vraie entrée des Bardenas, Aguilares.

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Avant de rentrer dans le vif du parc, une réponse à la question que vous posez s’impose, les Bardenas Reales, kezaco ? Pour faire simple, c’est un désert américain en plein cœur de l’Europe. Pour être plus technique, c’est un paysage semi-désertique, composée d’argile et de grès qui au fur et à mesure du temps a travaillé. Les paysages font rapidement pensé à Monument Valley (bon quelques kilomètres les séparent, mais les deux ont à peu près la même composition géologique), mais aussi au plaine du Montana, et puis à l’Islande et puis… Bref vous l’aurez compris, les Bardenas Reales, c’est plusieurs paysages réunis dans 42 000 hectares.

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Après un passage au centre d’information, on a donc pris la piste (seulement 4 réservés aux voitures, une dizaine pour les vélos, et une multitude pour les randonneurs) de cailloux, roulé à 30 km/h (vitesse maximale) et on a commencé à prendre nos premières claques visuelles. Les paysages sont grandioses, d’un promontoire on se trouve face à l’immensité des paysages, on se sent petit, ailleurs, sans vraiment trop savoir où.

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On a même du mal à se dire que jusqu’à la moitié du 17ème siècle, la Bardena Blanca (située au nord et composée de paysages secs) était recouverte de végétations. C’est en 1675, qu’un incendie détruisit 3000 pins, et en 1752, 6 000 pins furent coupés, ce qui rendit la Bardena Bianca définitivement blanche.

La route nous fait passer devant une petite montagne entourée de barbelés, d’où surplombe une bâtisse blanche et des antennes en tous genres. Au milieu des Bardenas, se trouve un immense terrain militaire réservé à l’armée espagnole depuis les années 50. Un polygone de tir exactement, régulièrement survolé par les avions de chasse. Bref un furoncle au milieu du parc, qui est sous le coup de diverses protestations.

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La route avance, s’enfonce dans les paysages, nous fait passer devant des montagnes aux reflets ocre et saumon, et on arrive devant la Castildetierra, l’emblème des Bardenas et du logo de cet article. C’est une cheminée de fée. Un nom poétique pour désigner une colonne de roche. A son sommet, une roche plus dure (comme du grès), plus résistante à l’érosion, protège les couches plus friables qui se situent en dessous.

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A son pied, un chemin piéton s’enfonce dans le lit d’une ancienne rivière et serpente vers l’horizon. On y croise une petite bergerie, vide, avec le nom des propriétaires gravés sur le linteau, qui attend la période des transhumances pour pouvoir y voir régner l’agitation. On croise aussi des touristes qui semblent se contrefoutrent des panneaux de danger et des interdictions de s’approcher des ravins, ou d’escalader les cheminées de fée. Un paysage fragile…

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D’autant plus fragile, qu’il faut savoir que le Parc Naturel n’a été crée qu’en 1999 avant ça, il y a eu de grandes perturbations de la faune, un irrespect de la flore, et un grand nombre de couillons venus de toute l’Europe s’amusant à jouer au Paris-Dakar dans les paysages désertiques.

Alors que la route défile, on se plaît à imaginer les nombreuses histoires des Bardenas. Bandits, contrebandiers, grands personnages ayant traversé ou s’étant cachés ici, une reine emprisonnée, une course poursuite entre le bandit Sancho Errota, autoproclamé « Roi des Bardenas » (ou Prince des Bardenas), et le roi d’Espagne Don Juan. Le bandit ne supportant pas de perdre la bataille se suicidera dans les Bardenas, dans son territoire.

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L’histoire, les passages, les cachettes, on les voit, on les imagine plutôt bien en passant par les routes caillouteuses. Cette terre si aride et sèche n’est pourtant pas dénuée de faune. L’hiver on peut y observer des renards et des chats sauvages. Toute l’année on y voit tourner au dessus de la tête des aventureux, des vautours, des aigles royaux. Nous, nous ne verrons que des petits piafs.

On croise encore d’autres bergeries, nous rappellant alors l’utilisation première des Bardenas : elles constituent pour les bergers des vallées, un formidable pâturage d’hiver. Et tous les ans se déroulent La Sanmiguelada, le troisième week-end de septembre. Rituel immuable, datant du Moyen-Age, où les brebis des Pyrénées arrivent jusqu’au Bardenas après plusieurs jours de transhumance.

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Chaque trou, vallée, montagne, donne envie de s’aventurer et de découvrir un peu plus ce parc magnifique classé depuis 2000 à l’UNESCO comme « Réserve de biosphère ». Ce ‘’label’’ oblige les pays à réserver une partie du parc au seul développement des espèces, sans aucune présence de l’homme, afin que les animaux puissent se reproduire tranquillement.

On s’est alors écartés de la boucle, on a pris un autre chemin réservé aux voitures qui montent tout au nord du parc, les bras fatigués de rouler sur les cailloux, de la poussière plein la bouche, mais des paysages plein les yeux.

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Au loin, tel un phare, on a vu la statue d’un berger de plusieurs mètres de haut, nous signalant que la route des Bardenas Reales prenait fin ici, ou débutait pour les autres.
Les Bardenas c’est sûr, on y reviendra, histoire de goûter à un coucher ou à un lever de soleil sur ces paysages époustouflants, mais aussi pour y découvrir le sud, la Bardena Negra plus verte et avec plus de végétations. Bref on ne saurait que vous conseiller d’aller voir cet endroit unique en Europe, désormais bien entretenu, et bien préservé. Dans les Bardenas, pour s’immerger dans les paysages tous les moyens sont possible : à pied, à cheval, en vélo ou en voiture.

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En guise de bonus, et histoire de vous imprégner au mieux de ces paysages, on vous laisse avec une petite vidéo, notre première, tournée uniquement avec une Go Pro, sur une musique du bluesmen T-Bone Walker. Parce que oui, qu’on vous le confesse, lorsqu’on a traversé les Bardenas, on écoutait du blues, les fenêtres ouvertes, les paysages défilant, et putain ce que c’était bon…

I’ve been travellin’ Baby, don’t know where I’ll stay…

Bardenas Reales, un désert au Pays Basque from retourdumonde on Vimeo.

22 Commentaires
  • LadyMilonguera
    Posted at 10:26h, 03 septembre Répondre

    Ce far west espagnol est une totale découverte pour moi c’est vrai que ça rappelle énormément le Mexique, et ce que j’ai pu découvrir des deserts US… Tes photos sont magnifiques?
    LadyMilonguera Articles récents..De Miami à Key West, conduire sur un petit bout de paradisMy Profile

  • Isa
    Posted at 13:02h, 03 septembre Répondre

    J’ai été dans les Bardenas il y a 10 ans de cela, j’avais beaucoup aimé ces grands espaces … un peu moins les rando à vtt dont j’étais ressortie lessivée …
    Isa Articles récents..Fin du voyage : MamallapuramMy Profile

    • retourdumonde
      Posted at 21:01h, 04 septembre Répondre

      Je pense qu’en effet vu à quoi ressemble les chemins (voiture ET vtt), je pense qu’il y a moyen d’être bien claqué à la fin, surtout qu’il sont relativement long ! Le plus long du nord au sud fait quand même 60km… En 10 les choses on dû pas mal changer !

  • Maïder
    Posted at 00:04h, 04 septembre Répondre

    Hey je reprends du service les copains ! C’est top de découvrir vos articles après m’avoir conté de vive voix votre « TxikiEuskalTrip » 😉
    Bon il faudrait que je planche sur un petit road trip dans le coin histoire de profiter des belles journées de septembre… A voir !
    ps : la Castildetierra fait penser à un Sunday caramel (pas que je vois des références culinaires partout, mais presque!)
    Maïder Articles récents..Golden Zürich en photosMy Profile

    • retourdumonde
      Posted at 21:04h, 04 septembre Répondre

      Hey hey ! Rhalala te voir parler d’y retourner, me donne envie de refaire une petite session au Bardenas, je reste over bloqué sur le fait de faire une petite session à coucher et lever de soleil, pas de pollution lumineuse, un ciel étoilé de dingue, ça doit être une sacré claque pour les mirettes !
      PS : bien vu pour le sunday caramel, y’a même les éclats de noisettes avec les petits cailloux !

      • Julien PEYRAGA
        Posted at 21:43h, 26 juillet Répondre

        Hello,
        Penses-tu qu’il est possible d’y dormir avec sa tente pour admirer un couché ou levé du soleil ? Merci 🙂

        • retourdumonde
          Posted at 17:17h, 31 juillet Répondre

          Hey, je sais qu’à une époque il était interdit de dormir dans les Bardenas encore plus avec une tente étant donné que l’endroit est protéger. Il faudrait vérifier sur le site des Bardenas ou en contactant le centre d’accueil par téléphone.

  • Romain & Marine
    Posted at 21:05h, 06 septembre Répondre

    Génial de lire votre récit et de découvrir vos photos, on était dans les Bardenas il y a tout juste une semaine, et on a adoré… Très envie d’y voir les lumières du crépuscule également !

    • retourdumonde
      Posted at 14:35h, 07 septembre Répondre

      Merci pour votre feedback (ça me donne l’occaz » de retourner sur votre chouette blog, ça faisait longtemps!). Du coup vous avez bougé à pied, en voiture dans les Bardenas ? J’espère que vous allez faire un petit article dessus.

      • Romain & Marine
        Posted at 10:14h, 09 septembre Répondre

        Hello, en ce moment sur le blog nous relatons notre dernier voyage en train, mais avec un petit décalage (c’était en avril / mai), les Bardenas nous y étions fin Août, motorisés cette fois-ci, avec notre petit van ! On fera peut être un petit article sur ce road trip, mais pas tout de suite 😉

  • Retour du Monde - Canfranc, une gare plus grande que le Titanic
    Posted at 08:42h, 10 septembre Répondre

    […] Bardenas Reales, le Far West au Pays Basque → […]

  • Clarisse
    Posted at 18:34h, 15 décembre Répondre

    Magnifique carnet de route!! J’y étais également en septembre!! belle découverte, grande claque visuelle! Effectivement des photos avec un ciel étoilé seraient top! mais comme il est interdit de camper dans le parc…est ce que l’accès est autorisé?
    En tout cas je découvre avec délice toutes ces belles destinations… très beau blog! qui nous donne envie de nous échapper plus souvent!!

    ps: Ennio Morricone c’est pas mal aussi en fond sonore pour les Bardenas! 🙂
    Clarisse Articles récents..Bardenas RealesMy Profile

    • retourdumonde
      Posted at 21:34h, 15 décembre Répondre

      Merci ! Du coup j’ai été voir tes photos, ça m’a remis des images, des sensations, des odeurs plein la tête.
      Pour ce qui est de l’accès au parc on s’est posé la même question, mais lorsqu’on est ressortis du parc, par la route du Nord, il n’y avait aucune barrière, aucun moyen d’en interdire l’accès. Le camping en est interdit, après je pense qu’à partir du moment où on y pénètre sans rien casser, ni détruire, juste pour une séance photo, ça devrait pouvoir passer (non pas que je l’encourage hein!).

      En effet bien vu pour Morricone, mais on n’avait pas de cd sous le coude à ce moment là.

  • Voyage Way
    Posted at 10:26h, 20 avril Répondre

    Superbes photos.
    J’y serai demain 😉 Je peaufine la préparation de mon trip à Saragosse et aux Bardenas. Hâte d’y être!

  • Nadia
    Posted at 21:20h, 02 mars Répondre

    Très jolies photos! Ça donne envie d’y retourner! Juste un detail: c’est Pampelune et non pas Pamplune!

  • Haro
    Posted at 02:00h, 10 novembre Répondre

    Juste pour information culture générale Tudela n’a jamais fait partie du pays basque

    • retourdumonde
      Posted at 16:44h, 17 novembre Répondre

      Tudela faisant partie de la Navarre, la Navarre faisant historiquement partie du Pays Basque, donc Tudela fait partie du Pays Basque. 🙂

  • Philippe
    Posted at 17:16h, 19 mai Répondre

    Quelle belle découverte! Je suis arrivé sur ce blog par hasard, en essayant d’identifier quelques minéraux et fossiles qui proviennent des Bardenas… et j’ai découvert ces formidables paysages. Pas la peine de chercher les sensations du désert sur d’autres continents. Nous avons ça à nos portes. Superbe compte-rendu. Merci sincèrement.

    • retourdumonde
      Posted at 13:15h, 21 mai Répondre

      Merci Philippe pour ce commentaire, en effet je pense que les Bardenas est un paradis pour les amateurs de minéraux, de fossiles et de pierres.

  • Bernard Guinoiseau
    Posted at 14:24h, 05 septembre Répondre

    Bien mais la faune, les oiseaux où sont ils et quelles espèces peut on voir

    • retourdumonde
      Posted at 12:23h, 30 septembre Répondre

      Bonjour Bernard, il y a à l’entrée du parc un centre d’acceuil qui donne à voir un aperçu de toutes la faune et la flore présentent dans les Bardenas. De mémoire ils remettent aussi un dépliant avec ces mêmes informations.

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