Whale & See – Nouvelle-Écosse – Bilan - Retour du Monde - Le blog - Comptes-rendus et anecdotes de voyage autour du monde
Premier bilan et premières impressions de Whale & See, notre roadtrip en Nouvelle-Écosse, ce coin oublié du Canada, à l'histoire riche et aux paysages fabuleux.
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Whale & See – Nouvelle-Écosse – Bilan

Whale & See – Nouvelle-Écosse – Bilan

La Nouvelle-Écosse était un choix, un choix volontaire et assumé. Il ne nous aura pas fallu suivre les photos les plus populaires d’Instagram pour nous décider. On voulait y aller, ou plus égoïstement, je voulais y aller. Il existe un proverbe basque qui dit dans les grandes lignes « Apprends de ce que tu vois » (« Zure Ikusi, Hura Ikasi »). Alors on a avalé plus de 2000 kilomètres sur les routes rafistolées de Nouvelle-Écosse et on a compris.

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On a compris l’histoire de cette épuration ethnique que fut le Grand Dérangement des Acadiens, on a compris l’histoire de ce groupe de français qui ancra ses racines si profondément dans le sol canadien qu’ils souffrirent plus que de raison, pour ne pas abandonner leurs terres, on a surtout appris que cette histoire de nos compatriotes, nous était totalement inconnue à nous français. On a appris que la Nouvelle-Écosse était l’une des quelques rares clés pour bien comprendre, appréhender, embrasser l’histoire du pays tout entier. On a compris que cette province était un énorme bordel culturel et ethnique mais qu’aucune des anciennes racines n’étaient oubliées pour autant. En Nouvelle-Écosse on croise des communautés dont les noms sont encore doublés en gaélique sur les panneaux, on y pratique les square dances gaéliques sans aucune arrière-pensée touristique, on croise des communautés où l’on se sent irlandais avant tout, on croise des communautés où les noms respirent le portugais (Portuguese Cove), le français (La Rivière, Marie Joseph,…), l’espagnol (Spanish Ship Bay), l’écossais (Inverness, Loch Lomond,…) ou encore le basque (Arichat, Aspy,…).

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On le savait avant de partir que ce serait plus un voyage de vibes, d’ambiances, d’atmosphères un peu étranges flottant dans l’air, un voyage pour comprendre plus que pour épater les copains sur les réseaux sociaux. J’ai fait le test en reprenant le boulot « Ah tu as été au Canada, c’est cool ! Dans quel coin ? », « La Nouvelle-Écosse » « Mais c’est où ça ? ». J’ai eu le droit au même effet sur 9 personnes sur 10. Autant le dire, La Nouvelle-Écosse ne rameute pas les foules, c’est bien dommage pour eux et c’est tant mieux pour nous. Pourtant bouder cette province du Canada, c’est manquer un paquet de trucs. Je l’ai dit avant de partir, je ne voyage pas pour simplement voir ou dire que j’y ai été. Je voyage pour comprendre.

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En automne, la Nouvelle-Écosse est totalement désertée, et pourtant tous les locaux nous ont tous assuré que c’est la meilleure période pour voir et donc comprendre ces petits bouts de presqu’îles que sont l’Acadie et Cape Breton. On a bravé, froid, pluie, vent, tempêtes infernales, rafales à 90km/h, on s’est fait secouer comme des pruniers, mais on a aussi vu des couchers de soleil comme jamais, on a parlé à des gens étonnés de voir des français ici, on a multiplié les rencontres furtives parfois étonnantes, déconcertantes et instructives, on est passés dans des villages quasiment abandonnés où les maisons vides et les carcasses de rafiots délaissés dans les ports sont légion et reflètent le coup dur qu’on subit les Néo-Écossais quand la pêche est devenue une affaire de chiffres, de quotas et de cases à remplir.

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Dissocier la Nouvelle-Écosse de la mer c’est ne rien comprendre à cette province. C’est cette mer avec un grand M qui bâtit les bases du Canada, c’est elle qui a nourrit les enfants d’ici et d’ailleurs, des Mi’kmaq aux basques en passant par les normands, les espagnols et les irlandais. C’est elle encore qui continue de donner le peu qui lui reste dans ses entrailles pour continuer de faire vivre ses gamins d’ailleurs qui sont désormais les siens.

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Au niveau paysages, encore une fois, la Nouvelle-Écosse reflète bien le melting-pot qui la compose. On a eu la chance en arrivant de trouver encore les belles couleurs de l’automne, celles que l’on attendait de voir, on s’est rappelé l’Écosse évidemment, que ce soit dans les terres, près du Lake O’Law par exemple ou dans le cœur du Parc National des Hautes-Terres-de-Cape-Breton, on s’est rappelé les paysages de taïga scandinave ou finlandaise avec ses carcasses d’arbres dégueulantes de lichen au milieu d’un paysage plat, sec et dur, on s’est rappelé l’Irlande et l’Islande. Cette même Islande où l’on se disait « Je suis sûr que ça ressemble à ça le Canada ». On avait vu juste.

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On ne va pas vous dévoiler le carnet, mais pour faire un peu teasing, on pourrait vous raconter qu’on s’est retrouvés enfermés dans un Parc National, qu’on a dégusté nos cafés sous la voie lactée en entendant hurler les coyotes, qu’on a croisé des orignaux, qu’on s’est perdus pendant plus de 2h sur une route qui s’est transformée en piste, puis en chemin forestier, et qu’on a bien cru qu’on s’en sortirait jamais, sauvés in extremis par un chasseur passant par là avec Madame et leur petits chiens. Ah putain Framboise, ton nom nous faisait de l’œil sur la carte mais tu nous auras laissé un drôle de souvenir.

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On a pris goût à dormir dans un van qui, au-delà de paraitre impressionnant, nous a quand même fait mener la vie à la roots, sans eau, sans toilettes, sans possibilité de vider dans l’évier. On a fait du backpacking avec un toit au-dessus de la tête et sur 4 roues. Drôle d’expérience qui nous aura permis toutefois de vivre notre voyage sans se prendre la tête, de prendre des réflexes et des habitudes locales, comme s’enchainer 2 litres de café filtre par jour pour à peine 2$, le tout accompagné de Twinkies© ou des meilleurs cookies fait maison que je n’avais jamais mangé de ma vie, achetés par hasard dans la communauté de L’Ardoise.

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De se réveiller au milieu de nulle part dans l’humidité de la fraicheur matinale, les vitres obstruées par la buée, cette même buée qu’on recrachait par paquets entiers, encore plus que la bouilloire elle-même qui sifflotait tous les matins sur le gaz. Petite mélodie dont on prit vite l’habitude tant elle était annonciatrice de chaleur réconfortante d’un (mauvais) café instantané ou d’un thé bien infusé.

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Pour ce qui est de la météo, on s’est gelé les miches, mais on le savait et à force ça ne nous fait plus vraiment peur, on a aperçu des aurores boréales timides derrière les nuages, on a vu nos premières neiges sans pourtant jamais voir un flocon virevolter, on a eu beau temps. Ou presque.

Un jour de pluie et de vent à ne pas mettre un orignal dehors, un de ces jours-ci est tombé le jour où on avait prévu un paquet de randos dans le Parc National des Highlands. J’ai mangé mon pain noir mais j’ai regretté comme jamais que ça tombe ce jour-là précisément. C’est d’ailleurs la seule chose que je regrette de ce voyage. Mais c’est le jeu.

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Branchés sur les radios communautaires acadiennes, écoutant les enjeux à venir de ce peuple aussi oublié que le sont les premières nations, on a déroulé la bobine des paysages de la Nouvelle-Écosse. Des paysages de badlands à perte de vue, des routes qui serpentent au milieu des forêts de sapins et d’érables, cette montée vertigineuse du côté de Cape Rouge pour finir par ces paysages côtiers, secs, déchirés, parsemés de petites iles inhabitées jetées là, par le plus grand des hasards.

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On a vu les limites du Monde à Meat Cove pendant que mon regard se perdait au loin, m’imaginant déjà atteindre le Labrador, Terre-Neuve ou encore Saint-Pierre-et-Miquelon et les Iles de la Madeleine. J’avais envie de continuer sans jamais m’arrêter, de continuer à voir d’autres paysages, de continuer à m’imaginer ces rencontres entre français et Mi’kmaq, les hivernages et les stations de pêches hauturières temporaires, toutes ces petites bribes d’histoires qui ont toutes fait que la Nouvelle-Écosse est ce qu’elle est.

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J’avais une revanche à prendre sur l’Écosse au niveau des feux de camp, l’honneur est sauf, j’ai pu en faire deux…enfin 1 et demi on va dire. Avoir les fesses au froid pendant que les fringues s’imprègnent de cette odeur de feu de bois et que le devant du pantalon frise les températures de l’enfer, le bruit du bois mouillé qui chante, qui siffle, qui fume, qui s’exprime pendant qu’hypnotisés, on dégustait des Budweiser gentiment offertes par un local, comme ça, gratuitement, juste pour le plaisir de partager.

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On a bien chopé quelques wi-fi par ci, par-là, histoire de quand même poster quelques photos pour rassurer Maman qui se faisait un sang d’encre de voir son gamin traverser l’Atlantique, mais pas beaucoup. Vous pouvez toujours les retrouver en cherchant le hashtag #WhaleAndSee. En attendant je m’en vais me replonger dans la confection du carnet et des quelques articles à venir, et comme d’habitude on vous laisse avec quelques chiffres aussi sérieux que farfelus de ce roadtrip Whale & See en Nouvelle-Écosse.

Whale & See en chiffres c’est :
  • 2 356 kilomètres
  • 4 nuits en camping
  • 8 nuits en sauvage
  • 5 phares
  • 1°c (relevé) au plus froid
  • 14°c (relevé) au plus chaud
  • 2 phoques
  • 3 orignaux
  • 2 ferrys
  • 18 cartes postales
  • 3 paquets de Twinkies dorés
  • 1 paquet de Chips Ahoy
  • 4 journaux locaux (Guysborough Journal, Inverness & Oran, Cape Breton Post, Chronicle Herald)
  • 1 450 photos (avant tri)
  • 1 010 photos (après tri)
  • 7 films 120 Fuji Pro 400H
  • 2 films 120 Kodak Ektar 100
  • 1 film 135 Fuji Superia 200 (déchiré)
  • 1 film 135 Kodak Portra 400

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