FinnmarKable – Road Trip dans le Finnmark – Bilan - Retour du Monde
Les premiers mots, et quelques photos au retour de ce road trip de 10 jours dans le Finnmark, l'extrême nord de la Norvège.
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FinnmarKable – Road Trip dans le Finnmark – Bilan

FinnmarKable – Road Trip dans le Finnmark – Bilan

Suggestion d’accompagnement sonore :

Elin & The Woods – First Step In Faith (Oadjebasvuhtii) (Step In Faith Records – 2017)
Cette electro-joik passait en boucle sur les ondes de NRK Sápmi, la voix glissante de la chanteuse de Karasjok, Elin Kåven est hypnotique. Cette chanson est en plus finaliste pour représenter la Norvège à l’Eurovision 2017.

Et voilà, tout a une fin, une dernière page que l’on tourne pour refermer un chapitre, un passage, un ouvrage. FinnmarKable, tes 10 jours passés dans l’extrême nord de la Norvège sont passés d’une manière aussi fugace qu’une aurore boréale peut apparaître et disparaître. Le même nombre de jours que d’habitude, quasiment le même nombre de kilomètres, on n’arrive pas à s’expliquer pourquoi, ni comment ce voyage a autant filé. Et si, c’était simplement parce qu’on en avait apprécié, kiffé ? Comme à chaque retour de voyage, il est temps de se poser, de regarder un peu en arrière et de faire un petit bilan.

Le Nord avec un grand N nous avait clairement manqué, et il n’a pas fallu bien longtemps pour que nous reprenions nos réflexes pourtant délaissés depuis maintenant 3 ans. Du nord de la Norvège, du Finnmark, je n’en gardais que quelques instantanés de gamin lorsque nous l’avions traversé en camping-car, avec mes parents, il y a plus de 15 piges. On ne s’attendait donc à rien, on partait d’une feuille blanche qu’il nous restait à écrire.

A peine arrivés à Alta, c’est une pluie de flocons qui nous aura souhaité la bienvenue, comme si, là-haut ça se chamaillait à coup d’oreillers et de polochons. On a donc filé droit vers le Nord, telle une boussole attirée par le pôle magnétique. J’aurais bien eu quelques frayeurs au début, quelques glissades du véhicule, les pieds qui s’emballent sur une plaque de verglas, un cul écrasé par terre par une chute mais dans l’ensemble, pas d’accident majeur à déplorer.

Le Finnmark c’est tout ou rien. Ici, les paysages changent en un coup de virage. Vous passez des montagnes d’un noir charbon, où le blanc de la neige arrive avec grande peine à se coller à ses parois, dominant un fjord, vous dominant vous. Aussi impressionnantes, effrayantes, que réconfortantes et apaisantes, tant l’impression d’être lové au cœur de la montagne est forte. Et puis d’un coup, vous vous retrouvez soudain au milieu du vidda. Cet immense plateau désertique de la toundra, qui en hiver a des allures de grand rien, vous rabaissant à votre simple échelle d’être humain. Ici, on n’est pas grand chose, une particule au milieu d’un monde aussi beau qu’il peut-être traître et dangereux.

Des plaines de plusieurs centaines de kilomètres, battues par les vents, où les talus, les mille territoires qui y fourmillent ont des allures doucement bombées, façonnés à coup de vents, de neige, de tempêtes capables de déployer une force inouïe. Des routes en ligne droite, où les serpentins de neige vous brouillent la vue au point de vous donner l’impression de voler, de rouler sur un nuage, on en a parcouru un grand nombre.

Comme ces bouts du monde également, ces fins de terre, nous en avons vu plusieurs. Bien sûr le Nordkapp qui mériterait à lui seul un papier, vrai-faux bout du monde, mais aussi des petites communautés paumées et gangrenées de nuages sombres. Moi je les aime ces bouts du monde. Comme le dit si bien Olivier de Kersauson : « J’aime ces fins de terre. Elles remettent les choses en place. Elles indiquent que notre monde est fini et qu’il y en a un autre auquel nous n’avons pas obligatoirement accès. ». Tout est dit.

En plein territoire Sami, nous avons tenté de comprendre, en discutant, en bouquinant, en nous immergeant dans une culture qui, au fur et à mesure des voyages nous semble de plus en plus proche, distincte, palpable, tangible et malheureusement vacillante même si elle tend à reprendre des couleurs.

La météo, elle, ne nous aura pas laissé beaucoup de moments de répit, elle aussi, tout comme les paysages, aura été du tout au rien. Des volutes de neige par foison, de la plus fine au plus gros des flocons qui viennent doucement, tendrement vous chatouiller le visage. Des rafales qui vous charrient la neige, de jour comme de nuit, à ne plus distinguer la route et vous obligeant à prendre votre courage à deux mains et à l’affronter de pleine face.

Mais c’était aussi l‘occasion de trouver les magnifiques lumières de l’hiver, du nord en hiver. Pas uniquement celles des aurores boréales qui nous auront autant gâté que frustré. Maintenant habitués à ce spectacle, disons le tout net, on en a bien plus profité avec les yeux qu’avec l’appareil photo. Laissant bien souvent le boitier se recouvrir de givre, tandis que nous nous couchions sur le capot de la voiture pour profiter du spectacle.

Il y a d’autres lumières en hiver, celles qui nous ont baigné les cieux de mille tons pastels, rosissant comme les joues d’une gamine, les arrêtes de quelques montagnes ou bien parant les ciels de jaunes virant à l’orange, se mélangeant charnellement avec le bleu glacier de la mer. Mention spéciale à notre dernier soir, notre dernier coucher de soleil à Isnestoften d’une beauté douce qui rien d’y repenser me file des frissons de bonheur.

Le thermomètre a fluctué du tout au rien lui aussi, décidément c’est vraiment la constante de ce voyage. Il est même arrivé que dans la même journée, au même endroit, nous subissions une variation de plus de 25 degrés, passant d’un relativement d’un doux -2°c pour qu’à 20h, les nuages disparaissant, le mercure vienne doucement chatouiller les -28°c.

On aurait pas mal d’autres choses à vous dire, on pourrait, là, tout de suite, vous parler de cette Petite Finlande, croisée du côté de Bugøynes, de ce peuple Kvène souvent oublié, de cette traversée en Hurtigruten qui m’aura donné quelques suées dans une mer déchainée, faisant giter un rafiot aussi grand qu’un immeuble, de cette mission saucisse au feu de bois dans une kota finlandaise, d’une histoire de bûche et de championnat du monde de ski, d’alarmes incendie et de tant d’autres choses.

Vous l’aurez peut-être compris ce voyage nous a fait du bien. Il était nécessaire de raviver la flamme de notre amour pour les pays nordiques. On n’aura pas croisé grand monde, ni beaucoup de voyageurs sur la majorité des kilomètres de ce voyage. Passé le Cap Nord, le Finnmark n’est guère touristique et c’est tant mieux pour nous, qui cherchons bien souvent à fuir le monde et la foule.

Par contre, cela aussi un revers de médaille. On avait prévu pas mal de trucs à voir, des musées à droite, à gauche, conseillés par notre ami Léon, ou par les rencontres faites sur place, mais voilà, on aura manqué le coche. Des horaires d’ouvertures parfois incongrus, et surtout le passage dans les villes culturellement importantes un samedi et un dimanche auront eu raison de notre soif d’apprendre. C’est aussi ça le désavantage de ne pas préparer en amont. L’occasion d’y retourner ? Sûrement, à un autre moment, à une autre saison, pour voir d’autres lumières, d’autres paysages, d’autres ambiances.

Mais putain, que ce fût bon de se perdre seuls sur ces routes, de retrouver le bruit assourdissant du silence de la taïga, de se sentir libre d’arpenter des routes que nous n’avions pas prévues, de partir à droite quand tous vont à gauche, de prendre le temps de se réchauffer avec un carré de chocolat, un thé, au milieu d’un pont ou à côté d’une épave de rafiot au milieu d’un fjord qu’on penserait abandonné.

Que ce fût bon de voyager de nouveau, tout simplement.

En attendant le carnet, la vidéo et les premiers articles, vous pouvez toujours aller faire un tour sur Instagram ou Twitter et regarder les photos, les tweets, les discussions et les échanges du hashtag #FinnmarKable. En attendant, on vous promet de ne pas trop vous laisser sur le carreau et d’aller aussi vite que l’on peut sur la confection du carnet de voyage. On vous laisse avec le voyage en cinq sens et les chiffres aussi sérieux que farfelus de ce road trip en Norvège.

Reprenant ce principe et cette formule expérimentée à la fin de LuzitaNorte, notre voyage au Portugal, voici un petit aperçu, un petit résumé de ce voyage qui fait appel aux cinq sens

On écoute quoi ?

On se branche sur NRK Sápmi, pour découvrir la musique de cette langue, de ces langues dont certaines sont à un cheveu de disparaître comme par exemple le Ter Sami. Pour s’immerger dans une culture lorsqu’elle passe en boucle Oadjebasvuhtii ce morceau d’Elin & The Woods (voir début de l’article) qui porte aussi le titre de First Step in Faith et qui, avec ses joik (chant traditionnel same) est en short list pour représenter la Norvège au prochain concours de l’Eurovision (de ce que l’on a compris). Ou alors, on écoute le silence, ce bruit blanc, assourdissant, tant il est puissant pour les citadins que nous sommes.

On lit quoi ?

Promenades en bord de mer et étonnements heureux d’Olivier de Kersauson, pour la beauté de ses mots et son amour démesuré de la Mer, des Océans, important quand on apprend l’histoire du peuple Same qui borde les côtes norvégiennes. Ou à défaut la trilogie d’Olivier Truc pour encore plus s’immerger dans les lieux.

On regarde quoi ?

Les aurores boréales danser dans le ciel quand les nuages sont enfin décidés à vous laisser tranquille ou alors, au petit matin, quand l’aube vient à terminer son réveil et que les fjords se baignent d’une lueur unique.

On sent quoi ?

L’odeur du feu, du bois, du froid, lorsqu’on pénètre à l’intérieur d’une kota et que vous vous préparez à allumer un feu uniquement à l’aide d’écorce de bouleau. Sans aucun doute la plus belle des odeurs.

On goûte quoi ?

Du renne évidemment, ou du King Crab, surtout quand il provient de Bugøynes, ce petit port de pêche aux accents finlandais qui a fait de la pêche de ce monstre des mers – 10 kgs pour les plus gros bestiaux – une spécialité mondialement connue.

FinnmarKable en chiffres c’est :
  • 1 724,3 kilomètres
  • 18 tunnels
  • 6 feux de bois
  • 2 alarmes incendies déclenchées
  • -28°c (relevé) au plus froid
  • 0°c (relevé) au plus chaud (dans le tunnel du Cap Nord)
  • 15 cartes postales
  • 4 wienerbrød
  • 12 bolle (chocolat, daim,…)
  • 460g de chocolat Firkløver
  • 5 h de ferry
  • 5 lagopèdes
  • 23 rennes en liberté (dont un blanc)
  • 2 renards
  • 6 passages de frontières
  • 6 changements d’heure
  • 1 paquet de Kanpikkuleipiä Kaneli Rengas (une tuerie !)
  • 1 film de Agfa APX 400
  • 2 films de Kodak Portra 400
  • 1 films de Kodak Gold 200
  • 1 film de Fuji Provia 100F
  • 4 appareils photos (Nikon D610, Nikon F, Minolta SRT-101, Yashica Mat-124-G)

Nikon D610 | Yashica Mat 124-G – Kodak Portra 400 | Minolta SRT-101 – Fuji Provia 100F

Et voilà, #FinnmarKable c'est terminé. Petit bilan de ce road trip en #Norvège 🇳🇴 Click To Tweet

12 Commentaires
  • Lydia
    Posted at 11:02h, 07 mars Répondre

    les photos sont vraiment magnifiques, c’est une belle découverte, vraiment !!
    Lydia Articles récents..Passez une semaine de rêve au CanadaMy Profile

  • Cindy came-true.blogspot.fr
    Posted at 11:11h, 07 mars Répondre

    Pfiou dur dur la météo… j’avais cette crainte pour l’Islande mais finalement j’avais été chanceuse. Vous avez vécu une bien belle aventure, merci beaucoup de l’avoir partagée sur les réseaux sociaux, vous m’avez franchement régalée!! 😀

    • retourdumonde
      Posted at 20:50h, 07 mars Répondre

      Quand on va dans des endroits pareils, on sait que la météo peut être exécrable, on ne s’attend jamais à un grand beau et au fond, on ne le cherche pas, c’est bien d’avoir un temps mouvant pour avoir des ambiances différentes, des lumières qui changent, des couleurs qui apparaissent etc… Et pour le coup, on a tout eu !
      Merci en tout les cas, content d’avoir (un peu) partagé ça avec toi. 🙂

  • Benjamin
    Posted at 21:42h, 07 mars Répondre

    De superbes photos qui donnent envie de prendre un billet simple 🙂

  • Lunefulle
    Posted at 10:40h, 08 mars Répondre

    Les photos sont splendides. La lumière est dépaysante, et le nord me manque, tellement, tellement quand je vois ça !
    Les aurores boréales font parties de ma bucket list, un jour j’en verrai !

    • retourdumonde
      Posted at 19:03h, 08 mars Répondre

      Merci beaucoup pour ce petit commentaire, le Nord à un pouvoir attractif indéniable. Il est bon de s’y perdre à n’importe quelle saison 😉

  • Magouille
    Posted at 12:59h, 08 mars Répondre

    Ouh la, ça avait l’air intense (et très très chouette) ! Je ne savais même pas qu’il existait des rennes blancs… Hâte de suivre tous les beaux récits que vous allez nous partager 🙂
    Magouille Articles récents..Soulac et la merMy Profile

    • retourdumonde
      Posted at 19:04h, 08 mars Répondre

      Ah oui c’était intense mais trop court, comme souvent. Et oui les rennes blancs existent bel et bien, c’est plus rare 😉

  • Lauriane
    Posted at 00:30h, 17 mars Répondre

    Très impressionnante cette photo d’aurore boréale (désolée moi je n’en ai pas encore vraiment vu ^^). Hâte de voir plus de photos, ça n’augure que du bon !
    Ca fait quelques jours que je me dis que dans mes envies voyage en ce moment, il n’y a pas grand chose d’enneigé, de glacé, de frigorifiant, il va falloir remédier à ça car j’avais tant aimé la Norvège <3 Et vous me donnez également envie.

    • retourdumonde
      Posted at 13:32h, 20 mars Répondre

      Merci Laurianne, oui celle-ci était assez impressionnante, c’était au moment du bouquet finale, avant que d’un coup, tout ne se calme et le ciel redevienne vide d’aurores.
      Content de voir que l’on suscite des envies et des vocations ! 😉

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