Illyria - Road Trip en Albanie - Le retour - Retour du Monde
Retour sur Illyria, un road trip de trois semaines sur les pistes de l'Albanie à bord de notre Defender et aux travers de paysages magnifiques.
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Illyria – Road Trip en Albanie – Le retour

Illyria – Road Trip en Albanie – Le retour

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Illyria

Western Balkans – Road trip en Albanie
Introduction

Introduction

Western Balkans

Suggestion d’accompagnement sonore :

Ennio Morricone E La Sua Orchestra – Per Qualche Dollaro In Più
(RCA Italiana – 1965)

De « Pour une poignée de dollars » à « Mon nom est personne », durant tout le long de ce voyage flotteront dans l’air les mélodies emblématiques d’Ennio Morricone.

Soyons honnêtes, de l’Albanie je ne savais pas grand-chose. Certes, avant de partir, j’étais bien en mesure de citer sa capitale, son drapeau et de pointer le pays sur une carte. Je me souvenais de ce geste polémique des joueurs Shaqiri et Xhaka durant la Coupe du Monde 2018 et puis c’est à peu près tout.

L’Albanie est venue sur la table, un après-midi du mois de juin via un message vocal Whatsapp de nos amis Stéphane et Yulia du projet Kinomad. A peine quelques gribouillis sur un coin de table, aucune ébauche de projet, si ce n’est l’envie d’emmener Lily loin et pour au moins trois semaines. De la Sardaigne à la Transpyrénéenne, tout y est passé. Et puis un message a tout bousculé : « ça vous dirait d’aller en Albanie, des potes en reviennent et ça nous dit bien ».

Euh…ok…euuuuuh…attends….laisse-moi réfléchir. Oh et puis merde, ok, allons-y, let’s go.

Il était temps pour nous de se bousculer, de sortir de notre zone de confort et de partir à la conquête de l’inconnu. Celui qui fait peur mais qui pourtant laisse plus de place aux surprises.

Vous pouvez rapidement faire le test autour de vous, parler de l’Albanie à quelqu’un et une réponse sur deux concernera la Mafia, une image bien souvent véhiculée par le prisme hollywoodien. Eliminons tout de suite cette variable, oui l’Albanie n’est pas exempte d’un système mafieux relativement ancré, oui le pays a grandement changé et pour terminer, vous n’êtes à l’abri nulle part, dans aucun pays, de faire la mauvaise rencontre au mauvais endroit et au mauvais moment.

Larguer les amarres, c’est partir à la dérive. Du pays nous n’avions rien cherché, rien regardé, rien lu. On s’est laissé faire tout simplement. Nous sommes donc partis avec Lily, l’idée était de suivre un road book et de traverser une grande partie du pays par les pistes, les chemins de traverses, les steppes, les sous-bois, les rivières de pierres, bref de fuir les routes – et en particulier cette fameuse Riviera – et s’enfoncer ou peu de gens vont, le tout dans la légalité.

Petit aparté toutefois. Nous pratiquons ce que les américains appellent depuis des décennies l’Overlanding, traduisez le hors-piste, le tout-terrain. Mélangez tout ça et rajoutez la notion de camping saupoudrée de feu de bois, de bivouac et de voie lactée et vous aurez une définition approximative de l’Overlanding.

Western Balkan ou Far-West Balkan, telle était notre private joke tout au long de ce voyage. Car aussi étonnant que ça puisse paraitre, de cette Albanie méconnue nous en avons gardé une impression de conquête de l’ouest, de ruée vers l’or. Ici, les paysages que vous croiserez aurons parfois des allures de canyons américains où les entrées clandestines de mines étayées à la va-vite trouent le paysage comme un bon vieil emmental.

L’on s’attend à voir Jack Beauregard débouler au coin d’une piste et l’on sifflote du Ennio Morricone à plein tube. Les camions défilent chargés ras la gueule de minerai, brinquebalant des ouvriers qui roupillent au sommet du chargement, éreintés par des journées de labeur à ne pas voir la lumière du jour.

L’Albanie c’est un autre temps, une autre ambiance, un savant bordel de paysages aussi bien ordonnés que peut l’être la circulation dans ses grandes agglomérations. Si parfois les paysages ne manquent pas de rappeler le Klondike, le voyageur peut vite se retrouver au beau milieu de la Colombie, du Brésil et de la Mongolie ou du nord du Portugal. Ici n’est rien tangible, les ambiances aussi variées que les rencontres.

Le dénominateur commun de ce voyage, ce sera les gens et cette faculté qu’ils auront tous de débouler au milieu d’une steppe où les herbes blondes dansent avec le vent. On se pense seul mais on ne l’est jamais vraiment. On pourrait vous parler de Dyleiman, d’Albin, de ces musiciens, tous ayant surgit d’un buisson pour partager une tranche de pastèque, un café turc ou juste un moment.

L’Albanie nous a chamboulé, nous a transporté, sans doute car pour la première fois de nos voyages nous en attendions rien, nous avons dérivé dans un pays complexe et riche en tout.

Comment bien vous parler de ces pistes rocailleuses, endurantes que nous avons parcourues nous faisant déboucher sur les berges d’un lac où aucun touriste ne passe. De cette maison au beau milieu des steppes où nous sommes passés trois fois, avouant du bout des lèvres que nous étions bel et bien perdus. De ces nuits de bivouac où la voie lactée s’offre à vous comme le plus beau des spectacles, si proche qu’elle en parait presque palpable.

On pourrait vous parler de cette fois, où au beau milieu des montagnes nous nous fûmes dépannés via un appel WhatsApp par un ami resté en Suisse, de ce petit camion bleu que nous avons tracté sur la piste principale rendant fou de joie ces propriétaires, de cette « petite faveur » qui s’est transformée en opération de sauvetage de plus trois heures, a tenté vainement de sortir un bateau du lac Komani au pied d’un débarcadère où le balai de voitures nocturnes n’avait rien de rassurant.

C’est définitivement le voyage le plus compliqué à résumer tant il fût riche en tout. Du grouillement des métropoles, à la conduite sportive qu’il faut savoir observer avant de s’y engager, de ces multiples cafés dégustés au milieu de petit village, des stations de Lavazh érigeant le « car wash » comme l’activité principale des albanais, de ces pêcheurs de poulpes rencontrés par hasard au détour de la lueur d’une lampe frontale dans ce qui restera pour nous l’un des plus beaux bivouacs de ce voyage mais aussi le dernier.

L’Albanie s’offre à vous si vous savez y mettre tous les préjugés de côté. Mais tout n’y est pas rose pour autant. Oui, les déchets s’accumulent à l’entrée des villages comme au beau milieu des endroits les plus bucoliques, il faut apprendre à prendre sa respiration quand vous croisez ces mêmes tas de déchets brûlants difficilement aux bords des routes.

Oui il y a de la pauvreté, de la rigueur, des difficultés, des meutes de chiens errants. Oui, nous avons parfois vécu des situations tendues, complexes, des rencontres qui aurait pu transformer ce voyage en un mauvais souvenir.

Oui, la riviera albanaise est un imbuvable Disneyland rempli de touristes italiens qui n’a, à nos yeux, que très peu d’intérêt tant les campagnes y sont plus authentiques, mais tout est une affaire de lieu, de moment, de timing, de situation.

Mais qu’il fût riche en leçons ce voyage. De la patience qu’il vous faut avoir quand, par 42°c à l’ombre, vous vous perdez au beau milieu de nulle part, que le GPS ne capte plus rien et que pendant près de 4h vous tournez autour de votre waypoint, l’insolation vous guettant, la chaleur vous vrillant les intestins tout autant que le stress de la situation. De la solidarité quand vous vous plantez sur un caillou, une ornière et que la voiture refuse de se mouvoir, sortant alors, pelles, sangles, haches et que tout le monde met la main à la pâte pour sortir le copain, qui lui vous aidera plus tard. Car oui, dans ce genre de mode de déplacement, la solidarité est plus qu’un atout, c’est un devoir, une nécessité.

Comment expliquer l’émotion mêlée de fatigue que procure une semaine d’autonomie sur les pistes sentant bon le thym sauvage, que votre t-shirt blanc est devenu d’un marron douteux à force d’agglomérer la poussière des pistes et la transpiration des rudes journées sous un cagnard qui ne laisse aucun répit ?

Comment expliquer la beauté lorsque vous bivouaquez face à deux sublimes montagnes jumelles que le soleil vient lécher de ses derniers rayons ? Comment expliquer la tension qui pointe dans un cocktail détonnant de fatigue, de chaleur, de compromis, et que tout explose dans une engueulade aussi vite oubliée que les quelques minutes de pluie que nous croiserons durant trois semaines ?

Dans nos têtes, l’Albanie c’est avant tout une succession de cartes postales, d’instantanés, qui s’accumulent et qu’on laisse en bordel dans une boîte en carton dans notre cerveau.

C’est le balai incessant des hirondelles silencieuses, c’est les gens qui attendent le bus au beau milieu de rien, c’est ce môme de 7 ans qui conduit un bus sur les nationales boueuses, c’est les gens qui traversent l’autoroute comme si c’était normal, les hôtels de 5 étages aux allures de palais gréco-romain laissé là, en plein chantier, c’est le muezzin qui vous accueille quand vous arrivez en ville, c’est un berger qui fait 3 fois l’aller-retour de 4km jusqu’à chez lui pour passer nous voir de temps en temps et nous offrir une bouteille de raki, c’est les eaux turquoises des rivières du Theth, c’est cette séance de cinéma sur grand écran improvisée le long de ces mêmes rivières, c’est les nuits moites sans vent et sans sommeil, c’est ces chevaux blancs surgissant de la brume nocturne dans le Dajti, c’est ce mineur qui nous salue de son bras sans bras, c’est les faucheurs, les camions vétustes, toutes ces routes aux airs de Parmir Highway, c’est les pastèques achetées au bord de la route, c’est ces mômes qui grimperont avec nous les vestiges d’un vieux fort pour partager quelques bonbons et une séance photo mémorable.

C’est ces empreintes de loup dans une boue meuble qui sera l’un des rebondissements de ce voyage, ce sont les bruits chelous attribués à un ours alors que nous contemplions la proche Macédoine, c’est les talkies-walkies qui captaient l’étrange voix des chauffeurs de taxi de Tirana, c’est cet orage magnifique qui arrivera comme une bénédiction transformant le paysage en une folie pour les yeux, ce sont ces musiciens qui débarquerons de nulle part sur un plateau pour nous jouer quelques morceaux et disparaitront aussitôt de peur de se faire engueuler pour leur retard.

L’Albanie c’est tout ça et bien plus encore, c’est tous ces souvenirs qui se bousculent dans la tête au moment d’écrire et c’est encore toutes ces choses que l’on a manquées, pas vues, c’est un pays qui gagne à être connu mais pas forcément de la manière dont il commence à l’être.

Et avoir la chance de parcourir ce pays aux travers des chemins de traverses fût sans doute pour nous la plus belle des expériences.

Un voyage aussi dense, aussi long, aussi magique se raconte, se déguste et c’est pourquoi, nous avons décidé d’en faire un carnet de voyage. Vous le savez, pour les plus fidèles, c’est un exercice dense, long et fastidieux que nous avons tout de même à cœur de faire, ne serait-ce que pour montrer que ce pays à des facettes qu’il est important de montrer.

En attendant, voici un résumé de ce voyage en cinq sens, ainsi que quelques chiffres (pas si) farfelus.

Les 5 sens

On écoute quoi ?

Le muezzin quand vous déboulez à l'heure de la prière au beau milieu d'un village. Mais aussi le sont des cloches des vaches ou des moutons qui parfois, dans les vallées, résonnent comme le bruit d'un t-rex.

On lit quoi ?

Les panneaux routiers que l'on déchiffre petit à petit. Ou mieux encore le formidable ``Forteresse malgré elle`` de Sébastien Colson formidable prologue à la découverte de l'Albanie qu'on ne manquera pas de suivre d'Avril Brisé d'ismaïl Kadaré, pour bien comprendre l'importance du Kanun.

On regarde quoi ?

Les forêts d'arbres secs, comme mort, qui donnent aux paysages une mélancolie et une tristesse sublime. Où, si le soleil ne vous brûle pas les yeux, le balai des hirondelles dans un silence perturbant.

On sent quoi ?

L'odeur du thym sauvage, du laurier qui embaument les pistes d'odeurs au point de vous enivrer et de vous croire transporter dans la garrigue du Sud de la France.

On mange quoi ?

On boit surtout, le raki, que quiconque ne manquera pas de vous offrir. Sinon on se régale de la viande grillée avec un filet de citron, des croissants fourrés industriels (saveur crème brulée ou mille-feuilles) ou de salades grecques.

Illyria en chiffres

6145

kilomètres

2

véhicules dépannées

7

nuits en camping

771

cases de roadbook

218

coups de klaxon

18

croissants fourrées (crème brulée)

25

heures de ferry

20

bunker

4

tortues

3

pays

2

bouteilles de raki offertes

3

plantages

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4 Commentaires
  • Laurent
    Posted at 12:25h, 13 octobre Répondre

    Arf, je ne suis donc pas le seul à avoir été pour ainsi dire fasciné par l’obsession tout albanaise pour les stations de Lavazh 😉
    J’imagine sans peine en effet que l’autonomie que vous procure le 4×4 vous a permis quelques balades bien paumées. Activité rarement déplaisante s’il en est.

    • retourdumonde
      Posted at 15:20h, 13 octobre Répondre

      C’est dingue ce business du Lavazh ! Dans chaque village, le premier truc qui apparait, c’est les numéros de portables en 06, comme en France, avec une flèche indiquant la direction du Lavazh.
      Oui, on a vraiment eu de la chance de s’enfoncer dans le coeur du Pays, au demeurant accessible par les taxis clandestins que nous avons parfois croisés.

  • Elisabeth
    Posted at 19:25h, 14 octobre Répondre

    I am a great fan from the Balkan countries too. Albania is a little miracle to me and my partner, with whom I visited this country twice… And it won’t be the last time, the people and the mountains and valleys have seen us. A great possibility to to know yourself a little bit better. Greetings from the couple you met in Ulmjsh, Kukes

    • retourdumonde
      Posted at 16:17h, 15 octobre Répondre

      You resume well the overlanding that we like, a great possibilité to know ourself a little bit better. Warm greetings to you and Markus Elisabeth!

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