Formid’Alpes – Du Lac du Luitel au Col du Revard – Jour 7 - Retour du Monde
Septième jour de ce road trip Formid'Alpes, nous nous abandonnons dans les massifs des Bauges et de Belledonne pour terminer au sommet du Mont Revard.
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Formid’Alpes – Du Lac du Luitel au Col du Revard – Jour 7

Formid’Alpes – Du Lac du Luitel au Col du Revard – Jour 7

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Formid’Alpes

Road trip automnal entre Chartreuse et Vercors
Jour 7 – 9 Novembre 2018 – 797 km
Jour 7

Jour 7

Du Lac du Luitel au Col du Revard

765 km

Suggestion d’accompagnement sonore :

The Stanley Brothers – Sunny Side Of The Mountain
(King Records – 1959)

Les frères Stanley, fameux duo de bluegrass ici accompagnés par The Clinch Mountains Boys. Style où se mélange les allusions bibliques ou les descriptions de la nature, souvent prétextes à des métaphores de la vie. 

Au fur et à mesure que les jours raccourcissent, que l’hiver, doucement, se rapproche, la température tend à décliner considérablement. Et l’ombre et l’humidité de la forêt d’épicéas nous enveloppera d’une relative fraîcheur aux alentours d’un petit 5°c bien que le soleil soit au rendez-vous.

Bien que ce fût pour moi la meilleure des nuits pour Cécile ce fût tout l’inverse. On engage la rituelle routine, la même rengaine du petit-déjeuner, le tout sous le regard à peine intéressé de bûcherons de l’O.N.F. qui débarquent au pied de la petite cabane du parc située à une cinquantaine de mètres de notre spot.

Pour la seconde fois d’affilée, aujourd’hui est un jour non planifié, on ne sait ni où on va, ni où on dort, ni combien de bornes nous devons avaler. Mais les choses démarrent mal, on a un gros souci, le plus gros qui existe dans ce genre de road trip : la panne de café.

Plus de grains moulus, fini la dose de caféine matinale, terminé le petit coup de fouet nécessaire pour se réveiller en douceur. Pour rattraper notre addiction non dissimulée, nous montons les derniers lacets jusqu’à Chamrousse. La station est vide, les commerces presque tout autant, seuls les charpentiers déterminés à terminer les travaux avant l’arrivée de l’hiver viennent rompre le silence des 1 795 m d’altitude.

Les premières neiges sont annoncées pour le 20 ou le 26 novembre selon les dires du tenancier de rade qui viendra nous sauver de notre manque de caféine, sans manquer de nous arnaquer légèrement sur le rendu de la monnaie.

Nous profitons de l’étape pour un arrêt dit…technique. Comme il est étrange de traverser des rues où flottent des lignes de rampes de télésièges stoppés au-dessus de la route et bousculés par les assauts d’un petit vent automnal.

La redescente se fait par une route sans âme que pourtant nos amis de chez Michelin ne manquent de pas de doubler d’un vert attrayant. Nous passons Revel, Laval et encore bien d’autres villages dont nous aurons aussi vite fait d’en oublier les noms. Les villages deviennent plus agricoles, tantôt disséminés au milieu de la forêt ou des montagnes. La route s’étire dans une longueur interminable qui a très vite fait de lasser.

Se dessinent au loin les premières lignes des crêtes du massif de Belledone. On décide de s’octroyer un petit break, pause clope (mais toujours sans café) et nous voilà sur un chemin forestier long de 4 km dans le simple but d’aller voir ce qu’il s’y trouve au bout.

Depuis quelques villages déjà, nous croisons le long de la route et des chemins forestiers des figures trollesques, peintes et sculptées dans des troncs « champignonés ». Aussi étrange que déroutant. Nous voilà donc au bout de ses 4 bornes, au Pré Marcel, départ de multiples randonnées. Hormis des chemins boueux et des tirs de fusils de chasse qui s’enchainent à un rythme soutenu, rien à signaler.

On plie les gaules rapidement pour continuer d’avancer, on a repéré sur la carte les Gorges et la Cascade du Bout du Monde, censée se trouver à Allevard. Ceci restera le plus grand mystère de ce voyage, mais impossible de la trouver. Nous abandonnons donc notre quête de Bout du Monde alors que la fin commence déjà à nous tirailler la bedaine.

Commence alors la seconde quête la plus importante de la journée avec celle du spot du soir, celle du déjeuner avec vue. Et grand gagnant du jour, sera donc le Grand Collet et ses 1640 m ! Nous nous posons sur l’immmmmense parking de la station du Petit Collet. Nous sommes plus que seuls avec comble du luxe, il faut le dire et nous ne nous en cachons pas, des toilettes, ouvertes, propres et chauffées !

Super Collet
(1 640 m)

Après avoir cassé la graine, on s’enquille une petite grimpouille digestive le long des pistes et jusqu’au chalet que l’on aperçoit d’en bas. Encore une fois, l’atmosphère y est digne d’un village en plein milieu du far west américain qui aurait été délaissé suite à une charge de nos amis à plume. Les télésièges gigotent dans un cliquetis de métal. Vide. Abandonnés ou presque.

Bien que depuis quelques kilomètres déjà nous ne distinguons plus beaucoup de sommets, voilà qu’une fois cette petite colline gravie, nous ne prenons une bien jolie claque en pleine poire. On se croirait sur une affiche publicitaire pour Evian. Les sommets de Belledone s’offrent face à nous, seulement habillés d’un léger voile blanc. Le soleil est radieux, le ciel d’un bleu pâli par les quelques rares nuages. La vue y est sublime, l’instantané magique.

De l’autre côté, la vue s’échappe jusqu’à Grenoble que l’on distingue à peine sous une couche laiteuse de nuages dont on ne préfère pas en connaitre la composition. Quelques montagnes s’amusent à jouer avec la lumière du soleil et qui de temps en temps transperce les nuages de quelques raies mystiques. La vue à 280° est magnifique, idyllique surtout dans ce réconfortant silence. A cet instant, nous possédons la station, le lieu et ses montagnes. Nous remplissons nos poumons à fond ainsi que nos yeux de belles images.

Sur le retour, nous ferons un petit arrêt à La Rochette, histoire de prendre un énième petit noir afin de garder les yeux bien ouverts, de cette fatigue qui, après 7 jours de route, commence gentiment à bien s’immiscer au plus profond de nos corps.

A vrai dire, la suite de cette journée est assez étrange. Une fois passée la frontière avec la Savoie, nous alternons entre vallée plate et champêtre, et villages savoyards aux maisons de bois sombre. Un univers pleinement agricole et radicalement rural.

Après pas mal de kilomètres avec cette typologie, malheureusement nous rejoignons les grands axes, dont une interminable ligne droite qui nous fait, ô joie, longer la magnifique zone industrielle coincée entre la banlieue de Chambéry et celle de la (pas si) lointaine Grenoble.

Le seul attrait de cette route est d’apercevoir le cul des Bauges et la sublime Dent d’Arclusaz qui, de sa forme de vague et ses 2 040 m, se fait pudiquement dorer le sommet. Aucun parking sur la route pour en apprécier la vue depuis et le premier parking se trouve être au beau milieu d’un champ, bien trop loin du paysage le plus impressionnant.

Dent d’Arclusaz
(2 040 m)

Nous ravalons notre rancœur, continuons d’enchainer les villages ruraux des Bauges sous une lumière radieuse et puis d’un coup d’un seul, au détour d’un virage nous tombons dans le piège, le danger, le traquenard : La coopérative laitière de Lescheraines. A l’intérieur une queue dingue de locaux que Cécile aperçoit du coin de l’œil. Oui, elle possède un radar spécial pour tout ce qui touche au fromage. Résultat, je fais un demi-tour au frein-à-main et nous nous jetons dans la gueule du loup.

A l’intérieur, ça cancane, ça balance les derniers potins, ça parle du petit dernier (« ah mais celui-là, c’est un vrai savoyard, à 4 ans déjà il voulait manger la Tome des Bauges qui sentait le plus fort ! » ), ça fait sa liste de courses. Nous sommes les seuls touristes.

On repart avec sous le bras trois Tome des Bauges (entières, de plus d’1kg chacune), du Margeriaz, un bleu local dont j’ai oublié le nom aussi vite que j’ai dévoré le morceau et quelques autres trucs bien gras, bien locaux et surtout bien bons. Alors si comme nous vous êtes fan, sachez que vous pouvez être livré à domicile : https://www.fromageriedelescheraines.fr/49-livraison-a-domicile (non, on ne fait pas d’affiliation).

Dehors, lorsque nous repartons, le ciel se couche avec quelques tons de rose, sensation assez étrange puisque selon la météo que nous attrapons à la radio, toute la moitié sud de la France semble être plongée sous l’eau alors que de notre côté on se demande plutôt si nous n’allons pas enlever une couche tellement la température est douce.

Initialement nous avions repéré un petit spot tranquillou sur Park4Night, nous bouffons donc les kilomètres de ce qui restera comme notre étape la plus longue (235 kilomètres). Nous passons par le Col de la Cluz qui donne une belle vision lointaine de Grenoble à Aix-les-Bains en passant par l’immense lac du Bourget. La vue est dingue. Nous continuons jusqu’à ce fameux spot qui s’avère, pour mes critères, diablement décevant.

Une vue bien moins impressionnante que quelques kilomètres plus hauts, des pavillons à une centaine de mètres. Je suis colère, je gueule, je râle, un peu dégouté de me retrouver en pleine civilisation pour notre dernier bivouac de ce voyage.

Du coup, nous reprenons la route, faisons machine arrière et revenons sur nos pas, après tout, bien que la fatigue me fait perdre mes moyens, nous ne sommes plus à quelques kilomètres près. En haut, là-haut, j’avais cru apercevoir quelques spots, sauf que wallou, nada, queud’. Nous poussons jusqu’au Revard pour terminer au pied de ce qui semble être – de nuit – l’ancien train à crémaillère qui descend sur Aix.

Alors certes nous sommes sur un parking, en cul-de-sac, sous les lampadaires mais, car il y a toujours un mais, les étoiles sont de sortie et la vue depuis le promontoire est juste à couper le souffle.

Reste à savoir si nous ne serons pas dérangés durant cette dernière nuit et si les étoiles vont rester de sortie.

Et en effet, elles resteront bien dehors, tout feux allumés, tout au long de la soirée bien que parfois émaillées par quelques nuages rabat-joie. Nous profitons de cette nuit sans lune et malgré l’éclairage pour apprécier le ciel étoilé. De Cassiopée à Orion, de la voie lactée à l’étoile polaire, toutes sont là.

On virevolte à droite, à gauche et jusqu’à la terrasse panoramique du restaurant qui permet alors d’embrasser une vision nocturne et dégagée jusqu’à Lyon.

Nous passons plus d’une heure à faire quelques photos. Il est assez tôt, aux alentours de 21h et nous sommes vendredi soir, près d’une grande ville. Nous en profitons également pour découvrir la webcam a 360° du Mont Revard. Ceux qui nous suivent depuis longtemps savent à quel point nous essayons toujours de trouver une webcam sur notre passage, histoire de faire coucou à nos parents.

Cette capture à donc été prise à 20h04 précisément, probablement au moment où nous étions en train de faire la popotte sous la lumière du réverbère.

Mont Revard
(1 537 m)

Il y aura bien quelques jeunes un peu bruyants, venus enquiller des canettes mais juste ce qu’il faut pas pour ne pas compromettre notre sommeil dans les bras de Morphée dans lequel nous sombrons.

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