Prendre le ferry en Norvège...
Lui, est graphiste et passionné de photo. Elle, est tchatcheuse et un peu paresseuse. Ensemble, ils vous font voyager sans bouger de votre canapé
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Vogue, vogue le ferry en Norvège

Vogue, vogue le ferry en Norvège

Je me souviens de  la première fois où j’ai été en Norvège et qu’on a dû prendre le ferry, le premier truc qui m’a marqué ce sont les machines à sous. Dans chaque ferry, du plus gros au tout petit bac, il y avait toujours une machine à sous avec quelqu’un accroché dessus comme si sa vie en dépendait. En Norvège, les traversées vont de quelques minutes à plusieurs heures, il faut donc trouver le moyen de s’occuper. Les norvégiens utilisent le ferry comme on utiliserait le bus, le taxi ou le métro, bref c’est un moyen de transport comme un autre. Mais en hiver, c’est une autre paire de manche.

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Au commencement il y a l’attente. Non, en fait au commencement il y a l’arrivée au bout de la nuit et d’une longue route seulement éclairée par la lune, puis un parking, vide. Ensuite il y a le vent, les rafales qui font que les vagues du fjord viennent se briser sur les berges créant d’épais nuages de condensation qui traversent le parking à toute vitesse, rajoutant ainsi un coté fantomatique à l’ambiance générale.

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Alors même si l’on a beau avoir imprimé les horaires des ferrys, on a de l’avance et pas loin d’une heure à tuer. On prend son mal en patience, on sort, on va faire un tour près de la seule « habitation » (entre beaucoup de guillemets), pour se rendre compte qu’il ne s’agit que des toilettes, qui même durant l’hiver sont fermés. On se dit que le backpacker l’hiver n’a même pas de quoi s’abriter ou se réfugier et qu’il doit se sentir bien seul à attendre devant l’embarquement. Pas même un petit kiosk où l’on pourrait se réchauffer avec une saucisse, ni un petit supermarché Rema 1000. Bref rien. Rien que nous, la voiture et l’éclairage jaunâtre des lampadaires qui tanguent face aux assauts du vent.

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On profite de l’air frais, très frais même, puisque dehors le mercure taquine les –12°c sous abri…Autant vous dire qu’on alterne les sorties pour se dégourdir les cannes, et l’attente dans la voiture pour tenter vainement de se réchauffer.

Mais même si vient un temps où l’on commence vraiment à s’emmerder, le côté vide désolé, avec une route qui se termine là, juste au bord de l’eau a un côté mystique, attirant, voir même grisant. L’attente s’étire, on n’ose même pas allumer la radio et tirer sur la batterie, et puis légère conscience écolo oblige on n’a pas envie de faire comme les routiers que l’on croisera plus tard, eux aussi en attente, c’est à dire laisser le moteur tourner pendant des heures et des heures. Simplement parce que ça pollue, mais aussi il faut bien le dire parce que vu le prix de l’essence dans la région ce serait jeter de l’argent par les fenêtres.

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Et soudain, une voiture arrive, puis une autre, et c’est au tour d’un camion. Alléluia, victoire, nous ne sommes plus seuls. Nous voilà une petite dizaine, les locaux semblent arriver au dernier moment, connaissant la régularité des ferrys norvégiens. Et puis au loin, on semble apercevoir une lueur un peu diffuse qui émerge de la purée de pois. Oui, c’est bien lui, le ferry de 19h10. La gueule ouverte, il s’approche de l’embarcadère, un peu trop vite, rebondit sur les pneus et petit à petit baisse le pont qui sert de nacelle d’embarquement. Et là tout s’enchaine dans ce lieu désolé où on était arrivés, il y grouille maintenant une très grande activité. Non je déconne, 3 voitures descendent, 5 en montent, rien de plus.

Prendre le ferry en Norvège, c’est un peu comme si nous, on prenait le RER ou le TER pour rentrer chez soi après le boulot. C’est primordial et indispensable pour l’économie et la vie locale. Un peu comme l’Hurtigruten qui depuis 120 ans et avant que ça ne devienne un peu plus touristique que vital (même si ça l’est toujours). Ce sont des bateaux taxis, mais surtout ça permet un gain de temps phénoménal pour remplir les supermarchés, et les petites boutiques des villages. Les transporteurs évitent ainsi de contourner tout le littoral en dentelle de la Norvège, de contourner tel fjord pour simplement aller en face. Un fil rouge entre les grandes villes et les zones reculées. Un fil d’Ariane qui maintient la vie économique du pays.

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Aller en Norvège sans prendre de ferry c’est presque impensable. Alors oui on ne va pas vous le cacher, c’est pas donné mais c’est aussi se priver de regarder la gymnastique des doigts des caissiers qui vous rendent la monnaie plus vite que leur ombre. C’est se priver de la sirène qui vous dit quand sortir et entrer dans votre véhicule, des bidons de ketchup et de mayo accrochés au plafond qui se balancent au gré des courants, c’est se priver d’un hot dog dégusté face à la mer, d’approcher les bateaux de pêche en plein boulot suivis par une horde de mouettes. Mais c’est surtout se priver de vivre une situation quotidienne où se croisent touristes (pas beaucoup en hiver, on était les seuls), camionneurs harassés prenant une pause bien méritée, familles allant visiter les grands-parents.

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Et puis soudain on est arrachés de notre rêverie par la trompette, retour dans la voiture, on attend que la gueule du ferry s’ouvre à nouveau de l’autre côté pour régurgiter son flot quotidien de voitures. On reprend la route ne sachant pas trop où l’on va et le road trip continue jusqu’à la prochaine route qui s’arrêtera de nouveau face à la mer pour reprendre à nouveau un ferry.

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On nous demande souvent comment s’organise un voyage pareil, et un jour il faudrait qu’on prenne le temps de faire un article à ce propos. Alors bien sûr vous pouvez toujours passé par des agences de voyages, mais si vous voulez garder une certaine authenticité, et faire confiance à quelqu’un qui lui, saura partager une tasse de café en attendant votre ferry dans le froid, sachez qu’il existe des guides de randonnée en Norvège, même des français qui sauront vous montrer ce que vous devez voir, et vous ferons sortir des sentiers battus. Vous en trouverez une petite liste chez notre ami laponico d’Escales Nordiques

Sur ce on vous laisse, on a terminé notre kanelbullar, la sirène vient de retentir et ils nous reste encore des kilomètres à avaler !

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4 Commentaires
  • laponico
    Posted at 14:15h, 23 avril Répondre

    Ah souvenirs souvenirs…vous avez eu du ciel bleu, je n’avais pas eu cette chance…Merci pour la citation 🙂
    laponico Articles récents..Festival Objectif AventureMy Profile

  • Musa
    Posted at 20:51h, 23 avril Répondre

    J’adorerais aller en Norvège. Et puis, j’aime les transports plus lents, tel que le bateau. Et c’est vrai, sur les photos, dans le silence de la nuit avec ces éclairages jaunâtres, ça donne vraiment un effet mystique et l’attente doit avoir un côté palpitant. En tout cas, j’aime beaucoup tes photos et surtout: tes petits logos, je les trouve géniaux!
    Bon voyage…
    Musa Articles récents..Australie: instantanés (1)My Profile

  • Maïder
    Posted at 17:40h, 24 avril Répondre

    Ahem, la dernière fois que j’ai pris un ferry c’était pour rejoindre Bali, entourée de bus eux-mêmes bondés de touristes. Pas vraiment la même ambiance ! Je trouve ces paysages très beaux mais cette attente, ce froid et tout ce blanc, cela a quelque chose d’un peu oppressant pour moi. En fait, je crois qu’il faudrait surtout que je gère le surplace et que je n’ai pas trop à conduire…je m’endors au volant !
    Au fait, toujours très chouette les illustrations 😉
    Maïder Articles récents..El Chaltén – Randonnée Laguna de los Tres au Fitz RoyMy Profile

    • retourdumonde
      Posted at 20:24h, 25 avril Répondre

      Justement c’est ça qui est marrant dans un ferry, c’est que c’est un microcosme. Dans un espace réduit tu as tout un reflet de la région d’où tu te trouves. Regardes nous dans le Nordland en Norvège la densité de population est pas super élevée, toi à Bali c’est déjà une autre paire de tongs (enfin je suppose hein…).

      Puis bon l’attente c’est juste pour le ferry hein ;), le froid il est gérable (on avait plus chaud le dernier jour en Suède qu’à Paris) et puis le blanc il t’amène quelque chose de tellement ouf, qu’il faut le voir pour le croire. Puis ce serait une bonne transition avec les beaux paysages de Patagonie dont tu ne cesses de nous abreuver !

      Je te conseille de regarder quelques photos des dégâts que peuvent faire un élan ou un renne sur une voiture ça te dissuades de t’endormir et au pire on peu conduire à ta place, tu nous tiendra éveillés en nous racontant des blagues. :p

      Merci pour le petit commentaire sur les illustrations… 😉

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