Kiirunavaara, passé et futur de la ville de Kiruna en Suède
Lui, est graphiste et passionné de photo. Elle, est tchatcheuse et un peu paresseuse. Ensemble, ils vous font voyager sans bouger de votre canapé
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Kiirunavaara, passé et futur de la ville de Kiruna

Kiirunavaara, passé et futur de la ville de Kiruna

Lorsque l’on arrive à Kiruna, en ce jour de février, dès notre sortie de l’aéroport, nous ne pouvons qu’être surpris et impressionnés par cette montagne, la Kiirunavaara, éclairant les nuages bas d’une lumière diffuse et dorée et qui émet un ronronnement permanent. Lorsque nous passerons à côté, la faille qui la coupeen deux depuis plus de 100 ans nous surprendra encore plus.

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Voir Kiruna sans réfléchir ni réagir de l’omniprésence de cette mine est inconcevable. Pour nous Français, un peu écolos dans l’âme- oui seulement dans l’âme -, on ne peut que s’insurger de la place importante que prend cette mine par rapport à la ville et à ses habitants, à premier abord.

Mais avant de critiquer, un peu d’histoire : La ville de Kiruna dépend historiquement de la mine de fer et n’existerait pas sans. Au 17e siècle, un comptable et un cartographe (et également quelques Sames) avaient découvert que le sol était riche en minerai de fer. L’exploitation a donc débuté, seulement l’été,  avec des chariots tirés par des rennes.

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Entre le 17e et le 20e siècles, la mine se développe, grâce en partie au passage du train qui transporte le minerai de fer jusqu’à Narvik d’un côté et Luleå de l’autre. Il a été décidé d’établir la ville de Kiruna sur une colline, proche de la mine, afin qu’elle bénéficie d’un climat plus doux.  LKAB, société d’exploitation publique de la mine, financera l’hôpital, la caserne de pompiers, le système d’eaux usées, les routes, et offrira l’église et le presbytère en 1912. Durant les premières décennies d’existence de la ville, il n’existera que le chemin de fer ou la rivière Törne pour aller dans les villages proches et ainsi sortir de la ville.  Au 19e siècle, le tourisme était déjà présent, développé par l’expansion du chemin de fer. Les routes, elles, ne seront construites que plus tard.

La mécanisation de l’exploitation se développe et La production ne cesse d’augmenter jusqu’en 1973, année pendant laquelle 24 millions de tonnes seront extraites. Pourtant, en 1977, la société LKAB va subir des pertes pour la première fois depuis des décennies. La population de Kiruna diminue. Pour rire (jaune) un peu, l’agence pour l’emploi a été appelée Resebyrån (qui veut dire littéralement agence de voyages), on poussait alors les demandeurs d’emploi à…déménager, suite aux fermetures de 3 mines sur 4 : Svappavaara (fermeture qui ne semble plus être d’actualité), Tuolluvaara et Luossavaara (D’ailleurs LKAB signifie Luossavaara Kiirunavaara Aktiebolag). Aujourd’hui, la mine emploie 2 100 habitants de Kiruna. Depuis, la population a continué de diminuer, jusqu’à se stabiliser : l’économie s’est diversifiée, en partie grâce au tourisme.

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La mine creuse maintenant le sol à environ 950m et prévoit de continuer à creuser, en diagonale sous la ville, à une profondeur de 1365m. En 2003 on commence à observer des déplacements et affaissements de terrain. Depuis 2007 et ce jusqu’en 2030, la ville va donc devoir être déplacée de 4 km, la gare, bâtiment le plus lourd, sera le premier à être déplacé. Sans oublier tout le réseau électrique et de circulation de l’eau. A la place de la mairie, au plus près de la mine, LKAB souhaite installer un parc appelé ‘’Gruvstadsparken – le parc de la ville minière : une transition douce’’ comme le nomme une plaquette officielle de LKAB.

A première vue, la ville de Kiruna n’intéresse pas le touriste de base, la ville, et surtout l’aéroport, sont devenus le point de départ pour l’est de la Suède : Abisko et toutes les randonnées partant du Kebnekaise, l’Ice Hotel à Jukkasjärvi, toutes les excursions en motoneige, chien de traîneaux…Du coup, la ville en elle-même, qui  est au final relativement jeune – elle n’a ‘’que’’ 100 ans – est délaissée par les touristes pour notre plus grand bonheur.

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Pour être vraiment honnête avec vous, je suis arrivée à Kiruna avec des a priori concernant la mine, en me disant que LKAB allait déplacer la ville, jusqu’à épuisement des sols, que la pollution est omniprésente ou que la mine manipulait la ville… Après avoir visité la mairie, où sont exposés des projets d’architectes pour la future ville, puis l’office du tourisme, où LKAB a fait installer une maquette expliquant le futur déplacement de la ville. J’ai donc été obligée, en partie, de revoir mon jugement. La mine a permis la construction de la ville, cela ne justifie pas tout, mais la mine continue de travailler avec et pour la ville, de s’impliquer, elle communique beaucoup, à coups de concours de sculptures sur neige, de maquettes et plaquettes informatives. La mine parle avec les habitants et les médias, elle explique ses objectifs, et questionne sur la ville. Elle laisse à la mairie le soin de choisir le bureau d’architectes, afin qu’ils expriment leur vision du Kiruna de demain. Nous apprendrons à notre retour que c’est le cabinet White Arkitekten AB qui a su convaincre avec son projet.

Au-delà de ces opérations de communication, La mine prévoit de racheter les logements qui devront être déplacés à 125 % de leur valeur et aidera les locataires. Mais bien sûr, tout n’est pas rose, et ça ne fait pas l’affaire de tous les habitants, certains trouvant que la somme est insuffisante pour racheter une maison. Bref les habitants ont besoin de la mine mais celle-ci ne semble pas toujours bien leur rendre.

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Je reste aussi dubitative sur autre un point : la visite de la mine, qui dure certes 3h et qui coûte tout de même dans les 35 € par personne. Nous avons hésité avec la visite de l’hôtel de glace : 40 € pour voir une chambre. Nous voilà bien face à des prix scandinaves !

Vous avez maintenant l’embarras du choix, nous, on a préféré se balader dans une ville qui d’ici 50 ans, n’auras plus vraiment la même géographie, ni les mêmes paysages.

LKAB et Kiirunavaara en chiffres c’est :

–        La mine la plus grande du monde

–        Elle sort chaque jour assez de minerai de fer pour construire 5 Tour Eiffel

–        68 wagons par train

–        100 tonnes par wagon

–        6800 tonnes par convoi

–        15 convois par jour soit l’équivalent de plus d’un poids lourd par minute 24h/24h

–        l’équivalent de plus de 300 camions pour 1 seul train

–        90% de la production de minerai de fer de l’Union Européenne.

–        Le minerai de fer le plus pur au monde

7 Commentaires
  • Laponico
    Posted at 14:38h, 12 mars Répondre

    Très intéressant. Effectivement, on ne voit qu’elle quand on arrive. J’avais trouvé la ville très glauque, triste, mis à part quelques bâtiments (l’église, superbe); mais bon, le fait de déplacer une ville est super intelligent je trouve, ça montre, de mon point de vue, le côté réfléchi, et l’anticipation, qui est le propre des pays scandinaves.

    • retourdumonde
      Posted at 14:59h, 12 mars Répondre

      L’idée en effet part d’un bon sentiment, après lorsque l’on voit les prévisions de creusement, on est en droit de se demander si 4km de déplacement c’est assez suffisant, et si ce n’est pas toute la ville qu’il faudrait déplacer. Mais c’est vrai que cette ville est un peu triste, mais elle dégage une atmosphère assez particulière avec cette mine omniprésente.

  • Vagabondanse
    Posted at 23:04h, 12 mars Répondre

    En arrivant par hasard sur votre joli site et en tombant nez à nez avec ce titre et ce nom « Kiruna », je ne pouvais décemment pas, ne pas cliquer ! Pourquoi donc ? Parce que je suis justement en train de préparer un road trip en Suède pour juin prochain et que Kiruna est en point de mire dans ma remontée du pays du sud au nord 🙂
    Merci donc pour ces infos précieuses et cette première approche fort intéressante. N’empêche, ce n’est quand même vraiment pas donnée le prix de la mine ! Les prix scandinaves, comme tu le dis…ca me rappelle la Norvège, tiens !
    En tout cas, même si d’ici juin le paysage aura un tout autre aspect, ces photographies me donnent bien envie et quand bien même cette ville est délaissé des touristes, je sens personnellement, que je vais m’y plaire à photographier. Ca me rappellera ainsi les petites villes portuaires de l’extrême nord de la Norvège qui sont elles aussi bien souvent délaissé, alors qu’elles sont si jolies a arpenter.

    Merci ! 🙂

    • retourdumonde
      Posted at 11:47h, 14 mars Répondre

      Wow ! Merci beaucoup pour ce commentaire !
      Non c’est vrai que le prix de la mine n’est vraiment pas donnée, surtout qu’il semble que la visite ne vale pas vraiment le coup. Néanmoins, on peut toujours se balader dans la ville ou prendre le bus et allez se promener dans les petits villages alentours. Bon voyage à vous en tout les cas et n’hésitez pas à nous raconter comment cela c’est déroulé. 😉

  • Jean-Sébastien
    Posted at 19:55h, 24 mars Répondre

    On a eu la chance de passer 7 jours en suède mais seulement à Stockholm et je ne peux qu’avouer que je suis tomber amoureux de ce pays, de cette culture.
    J’adore les pays nordique et de voir votre voyage me donne envie de faire le même.

    Mais comment s’organise un tel voyage hors des sentiers battus ?

  • Frogita
    Posted at 21:54h, 01 août Répondre

    Présentement a kiruna je cherche quoi faire et bam je tombe sur votre site !
    Comme quoi cercle fermé 🙂

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