Pier 21, la porte d'entrée du Canada - Retour du Monde
Plongée dans l'histoire de l'immigration au Canada, à travers de la visite de l'Ellis Island canadien à Halifax : Pier 21
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Pier 21, la porte d’entrée du Canada

Pier 21, la porte d’entrée du Canada

Suggestion d’accompagnement sonore :

Duke Ellington – Immigration Blues (Vocalion – 1926)
Une ambiance jazzy pour une chanson de circonstance enregistrée un soir de 29 décembre 1926, en plein hiver, parfait pour se plonger dans l’époque et l’ambiance des premières immigrations canadiennes.

C’est la fin du voyage et demain, on rentre. Les fins de voyages se terminent toujours dans des villes grandes ou petites, c’est un retour agressif mais une transition obligatoire avant le retour dans le grand brouhaha parisien. Pour palier à ce coup de blues, on avait besoin de se mettre en retrait, de continuer le voyage et de finir de comprendre. Pier 21, la porte d’entrée du Canada, l’équivalent d’Ellis Island était tout trouvé pour nous aider à tourner la dernière page de ce road trip.

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Cette fois-ci, on était dans un état de dépaysement avancé : 10 jours dans le silence néo-écossais au milieu des forêts denses et de la mer déchaînée, on a eu largement de quoi laisser le temps à nos esprits de divaguer.

Comme on a essayé de le dire dans le carnet de voyage, la Nouvelle-Écosse c’est aussi la région du Canada qui permet de comprendre de quelles nationalités ce pays a été composé au fur et à mesure des années et des siècles. Après avoir croisé des noms à sonorités françaises, écossaises, irlandaises, basques, portugaises ou espagnoles, on avait besoin de comprendre, après s’être posé tant de questions tout au long du voyage.

Alors rien de mieux que de s’engouffrer dans un musée, un mercredi après-midi, sous un ciel un peu menaçant. C’est vers 15h que Pier 21 nous a ouvert ses portes tout comme il le fit pour plus d’un million d’immigrants.

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Dès que l’on prend ses billets, on comprend très vite que Pier 21 ne sera pas un musée comme les autres. « Avez-vous des membres de votre famille qui seraient passés par Pier 21 ? » nous demande l’homme à l’accueil, tout en nous donnant les billets d’entrée. « Si vous le souhaitez, il y a une visite guidée en français qui va débuter ». Le musée n’est pas bondé, alors pourquoi ne pas se laisser guider par une conférencière.

Pier 2, avant d’être Pier 21, a été construit en 1880 pour les premiers immigrants. Il est devenu Pier 21 en 1913, lors du pic d’immigration au Canada. Alors que la Première Guerre Mondiale faisait rage, Pier 21 devint également terminal pour les bateaux de soldats et les bateaux hôpitaux. On pourra d’ailleurs constater des traces de cette fonction militaire avec le panneau recensant tous les noms de soldats passés par ici. Un petit mot glissé par une fille de soldat ne manque pas de nous filer quelques frissons.

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On l’agrandit en ajoutant une gare, juste derrière le terminal, ce qui en fera un centre d’arrivée très bien pensé, entre autres pour les 48 000 épouses de militaires canadiens postés outre-mer et natives de Grande-Bretagne. Cette relation particulière entre les deux pays, renforcera les liens d’amitiés entre les deux pays.

C’est en entrant dans la première salle du musée que nous découvrons cette organisation : une maquette montre chaque salle avec les fonctions propres à ces dernières ainsi que le chemin que devait emprunter les migrants : passage à la visite médicale, douane, achat de billets de train, achat de nourriture,…

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Le groupe de la visite guidée en anglais s’agglutine à l’entrée, notre guide choisit donc de nous en éloigner un peu et de nous raconter une anecdote : Certains arrivants se voyaient offrir dans leur paquet de bienvenue, des boîtes de Corn Flakes. Sauf que voilà, rien à faire mais les européens, néerlandais pour la majorité à cette époque, étaient plus habitués à une autre nourriture au petit-déjeuner. Pour eux le maïs c’était uniquement pour les animaux de la ferme. Kellogg’s a donc été obligé d’éditer une petite notice sur la manière de consommer ce nouvel aliment.

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Pour les Européens, l’arrivée dans ce pays promet donc des changements radicaux d’habitudes de vie, en plus d’avoir souvent tout laissé à la douane, comme la nourriture par exemple. Les Néerlandais, quittant leur pays en crise, ne pouvaient sortir l’argent du pays qu’en quantité très limitée, ils ont emmené leur seule richesse : leurs meubles, restés également aux mains des contrôleurs douaniers. Certains livres considérés comme trop érotiques, trop politiques étaient aussi confisqués, tout comme la nourriture dite exotique (saucissons, jambon,…)

Le voyage depuis l’Europe est aussi largement abordé : Les routes du printemps, de l’hiver et de l’automne ne sont pas les mêmes, et les conditions de voyage non plus : le voyage est toujours long et plus ou moins supportable.

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On passe à l’impressionnante salle où étaient réunis les migrants avant leur passage devant le contrôleur principal. Curieux, on aborde la question raciale mais ce n’est pas un problème pour la guide : en effet, lors des premières vagues d’arrivées, aucune personne de couleur n’entrait sur le territoire, ce qui a bien sûr changé au fur et à mesure des années. Ici on assume donc son passé qu’il fût glorieux ou non, on ne cherche pas à le dissimuler sous un mouchoir en évitant savamment la question.

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On termine la visite de cette première partie du musée avec une courte vidéo composée de témoignages de différentes générations d’immigrés : des juifs de l’est de l’Europe fuyant la guerre à un homme venu d’Iran qui fuit son pays pour y vivre sereinement son homosexualité.

La réflexion du « Pourquoi part on ? » est permanente, mais également le « Pourquoi accueille-t-on ? » est tout aussi importante : encore aujourd’hui le Canada continue d’accueillir, selon les besoins mais seulement un certain nombre de migrants par an, quelles que ce soient leurs origines, leurs religions.

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Avant de sortir, on est forcément attirés par l’énorme vitrine composée de valises des immigrants et il est assez dingue d’imaginer le nombre de kilomètres qu’elles ont pu parcourir, dans des conditions plus ou moins extrêmes. On n’a pas vu les 3 heures et quelques que l’on a passées dans ce musée, tellement l’immersion est quasi totale dans la vie de ces hommes, femmes et enfants, et ce, même sans avoir aucun lien avec ces migrants, ou pas ?

Pier 21 / Quai 21

1055 Marginal Rd, Halifax, NS B3H 4P7, Canada
du Mercredi au Dimanche, 10h – 17h
www.pier21.ca

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